

Trois ans après le lancement de notre pétition et malgré un changement de gouvernance au Brésil, l'horizon ne s'est toujours pas dégagé pour l'Amazonie et ses Gardiens, les peuples indigènes. Quant à l'Europe, elle reste associée à la destruction du plus grand poumon vert de la planète.
En l'état actuel, il semble peu probable que soit atteint l'objectif “zéro déforestation” en 2030, entériné par la communauté internationale et réaffirmé par le Président Luis Inacio Lula da Silva, tout juste élu, dans le cadre de la COP 27 de novembre 2022. Les progrès réalisés depuis sa réélection en matière de déforestation au Brésil ne concernent que l’Amazonie et masquent la dégradation liée aux activités humaines d’autres forêts, comme la Forêt Atlantique et d’autres biomes, comme le Cerrado dont la destruction a atteint un record cette même année. Les ambitions du président brésilien ne pourront être accomplies sans le soutien de la communauté internationale et donc de l'Europe.
Mais le vieux continent tarde à prendre ses responsabilités. L'Europe reste muette alors que les peuples indigènes du Brésil voient leurs droits menacés comme jamais depuis la dictature militaire au Congrès National brésilien par une avalanche de projets de lois visant à industrialiser les territoires qu'ils préservent.
Alors qu'elle a participé au financement d'un programme de coopération internationale (le PPG7) ayant permis de protéger 47 millions d'hectares de forêt tropicale, l'Europe ne fait pas valoir son droit d’inventaire par voie diplomatique quand le Congrès, faisant fi de la Cour Suprême et d’un véto présidentiel, manœuvre pour intégrer à tout prix le concept de Marco Temporal (ou “repère temporel”) dans ces lois anti-indigènes. Cette thèse juridique menace pourtant directement plus de 30 ans d’investissements et de politiques nationales et internationales en faveur de l’Amazonie, des forêts et des peuples indigènes. En affirmant que l’obligation constitutionnelle de démarcation des terres indigènes est limitée à celles occupées de façon traditionnelle à la date du 5 octobre 1988 (date de la promulgation de la Constitution), elle induit en effet la possibilité de livrer bon nombre de terres déjà protégées à l’exploitation industrielle.
Enfin, l'Europe continue à se montrer incohérente. Par exemple, elle a récemment approuvé une loi pionnière contre la déforestation importée mais s’acharne à vouloir ratifier un accord de libre échange avec les pays membres du Mercosur, qui menace sérieusement de l’aggraver. Et ceci, en totale contradiction avec ses engagements en matière de lutte contre la déforestation et les changements climatiques.
Parce que la pression populaire a toujours un effet, parce qu'il ne faut jamais baisser les bras, parce que l'Europe ne peut continuer sa stratégie du double-jeu, nous vous appelons à continuer à diffuser cette pétition.
Merci à vous.