Le Canada doit protéger Farzana Adell, militante afghane pour les droits des femmes


Le Canada doit protéger Farzana Adell, militante afghane pour les droits des femmes
The Issue
Menacée de mort par les talibans, Farzana Adell Ghadiya est une militante afghane très connue qui défend les droits des femmes. Le Canada doit immédiatement lui délivrer un permis de séjour temporaire afin de protéger sa vie. Farzana se cache actuellement dans un pays tiers où son visa expire bientôt et risque d’être renvoyée de force en Afghanistan où elle sera torturée ou tuée. Mme Ghadiya répond à tous les critères d’admissibilité pour entrer au Canada dans le cadre du « Programme humanitaire spécial visant à réinstaller des ressortissants afghans vulnérables qui se trouvent à l’extérieur de l’Afghanistan ».
En tant que leader des droits des femmes, défenseure des droits de la personne et membre d’un groupe religieux et d’une minorité ethnique persécutés (elle est Hazara et musulmane ismaélienne), Farzana est en droit d’entrer au Canada pour échapper à la torture ou à la mort. Gravement diabétique, son acuité visuelle est instable et elle souffre de douleurs à l’estomac et aux reins. Incapable d’avoir accès à des soins de santé, elle souffre également de traumatismes physiques et émotionnels dus aux coups qu’elle a reçus aux mains des talibans.
Une communauté aimante attend Farzana à Ottawa : nourriture et logement gratuits, une communauté de soutien bien connectée comprenant le groupe antiviolence Women Who Choose to Live et le Rural Refugee Rights Network, et amplement de ressources disponibles pour l’aider à s’installer au Canada. Elle est hautement qualifiée, polyglotte et trouverait facilement un emploi lié aux droits des femmes dans la capitale nationale.
Toutefois, faute de recevoir un permis de séjour temporaire à des fins de protection, elle se trouve dans l’incapacité de venir ici.
Le Canada suscite de plus en plus de critiques en raison des obstacles qu’il dresse et qui empêchent des réfugiés comme Farzana de trouver la sécurité. En effet, pour être « admissible », une personne doit être « référée » par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ou le gouvernement du pays tiers. Or, Farzana se cache actuellement dans un pays où le HCR a cessé de recenser les réfugiés il y a près de quatre ans et où le gouvernement du pays d’accueil refuse souvent d’accorder le statut de réfugiés à des Afghans.
Par conséquent, Sean Fraser, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada (IRCC), n’a d’autre choix que d’exercer son pouvoir discrétionnaire afin de délivrer un permis spécial à Farzana, lequel lui permettrait de fuir cette situation d’extrême incertitude et de danger potentiel, et de trouver refuge au Canada.
Non seulement Farzana répond à tous les critères du programme humanitaire spécial canadien, mais elle est aussi admissible en tant que membre de la catégorie des résidents temporaires protégés (CRTP), qui a été créée pour faciliter l’acquisition du statut de résident permanent par les réfugiés en besoin urgent de protection. Par ailleurs, le Canada pourrait accueillir Farzana dans le cadre de son Programme de protection d’urgence (PPU) destiné « aux réfugiés visés par des menaces de renvoi ou d’expulsion ou dont la vie est directement menacée. » En vertu de ce programme, les réfugiés admissibles peuvent comprendre, mais sans s’y limiter, les personnes qui font face à une menace réelle et directe pour leur sécurité physique, ce qui pourrait entraîner leur mort ou les soumettre à un enlèvement, un viol, des abus sexuels, de la violence ou de la torture. Qui plus est, la « décision concernant la réinstallation des réfugiés est prise dans les 24 à 48 heures. IRCC prend les dispositions nécessaires pour que ces personnes partent pour le Canada dans les trois à cinq jours suivants le moment où leur cas a été présenté au bureau des visas, ou dans les plus brefs délais, en cas de problèmes locaux. »
Bref, Ottawa ne peut invoquer aucune barrière ou excuse pour refuser l’entrée à Farzana.
Le ministre Sean Fraser a de nombreux outils à sa disposition ainsi que le large pouvoir discrétionnaire de prendre toute mesure nécessaire pour assurer un passage sûr à Farzana en vertu de l’article 25.1 de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, qui stipule qu’une telle action est justifiée si le ministre « estime que des considérations d’ordre humanitaire relatives à l’étranger le justifient, compte tenu de l’intérêt supérieur de l’enfant directement touché. »
Jusqu’à présent, le Canada n’a pas respecté les promesses qu’il a faites aux milliers de réfugiés afghans toujours coincés à l’étranger et au sein même du pays. Penser que Farzana pourrait devoir survivre jusqu’à deux années supplémentaires (le délai actuel du Canada) dans une telle incertitude et un tel danger est tout simplement inhumain.
Le gouvernement canadien s’enorgueillit de se présenter comme un défenseur des droits des femmes. Une façon de passer de la parole aux actes consisterait à autoriser Farzana à entrer immédiatement au pays.
Membre du Réseau des femmes afghanes dès sa création, Farzana a œuvré pour l’égalité et les droits des femmes pendant la majeure partie de sa vie en plus de travailler au bureau de l’ancien président Ghani en tant que cheffe de cabinet de la Commission de la condition de la femme des Nations unies de 2016 à 2017. Dans le cadre de ses fonctions, elle a participé à des projets en faveur des droits et de l’égalité des femmes, et a fréquemment travaillé en interface avec les ambassades des États-Unis et d’autres pays. Parmi ces projets, citons le soutien au fonds de la communauté internationale pour l’Afghanistan, la coordination des programmes prioritaires nationaux, la mise en œuvre du concept ONE UN et la coordination des débats du palais présidentiel.
Elle a également été gestionnaire de la responsabilité sociale des entreprises pour Afghan Telecom, et chargée de soutenir des projets destinés aux filles et aux femmes. Elle a notamment travaillé à la construction de sept écoles secondaires et primaires pour filles, à l’aménagement de près de vingt terrains de jeux pour enfants, à la création de centres d’apprentissage en ligne pour les filles privées d’école par les talibans, à la construction de puits d’eau dans les communautés où les femmes pouvaient y accéder et apporter de l’eau potable à leur domicile, et au développement de trois maternités. C’est malheureusement en raison de ce travail que les talibans ont commencé à la menacer et à la harceler, et qu’elle a été battue par eux à plusieurs reprises. D’autres menaces proférées à son endroit alors qu’elle travaillait au bureau du président l’ont obligée à quitter le pays pour aller travailler ailleurs pendant deux ans.
En 2019, elle est courageusement rentrée au pays et a cofondé la Gender Equality Rights Organization Afghanistan (GEROA), où elle a aidé à distribuer et à réaliser le sondage en ligne Compte Global sur les femmes en Afghanistan. Elle a également travaillé avec plusieurs organisations mondiales et locales à but non lucratif et de défense des droits de l’homme comme Women’s March Global. GEROA était sur le point de lancer plusieurs programmes dans des universités lorsque la situation a commencé à se dégrader en Afghanistan.
« Je suis Hazara et de religion chiite-ismaélienne », dit-elle. « Mon peuple est persécuté de manière agressive en Afghanistan ; il y a 20 ans, les talibans avaient tué plusieurs de mes proches pour avoir suivi la religion ismaélienne. »
Farzana a également fait l’objet de menaces de mort dans son pays tiers, de la part des mêmes hommes qui ont envahi l’ambassade d’Afghanistan. Elle s’inquiète de se retrouver dans un pays où les Afghans ne sont pas les bienvenus et sont souvent expulsés. « Je vis dans la crainte de voir quelqu’un signaler ma présence ici. » Tous les dossiers de Farzana – y compris son adresse personnelle, ses diplômes scolaires, sa carte d’identité nationale, sa copie de passeport, ses empreintes digitales – se trouvaient au palais présidentiel lorsqu’il a été occupé par les talibans.
« Avant sa chute, mon pays et mon gouvernement constituaient mon soutien, mais je n’ai maintenant plus rien », dit Farzana. « Si quelque chose m’arrivait, je n’aurais nulle part où aller. En outre, je suis l’administratrice de l’une des rares (sinon la seule) pages Facebook utilisées par les femmes activistes (dont beaucoup ont été vues dans les journaux et la presse internationale ces derniers temps) pour communiquer et partager avec le monde entier ce qui se passe. Cette page s’appelle Gender Equality Afghanistan et compte plus de 8 000 membres. Il m’est impossible de la fermer, car tant de femmes en dépendent, toutefois je crains fort que les talibans ne m’y voient aussi. La page n’est pas publique, mais il semble qu’ils soient capables de trouver des gens partout. »
En août dernier, l’appartement de Farzana a été ravagé et les fenêtres détruites. Il n’y a pas d’avenir pour elle dans son ancien pays : « Les talibans savent qui je suis et ils ont maintenant tout mon dossier du palais présidentiel. Je ne quitte plus ma chambre, sauf pour acheter de la nourriture au coin de la rue, car je crains tellement qu’ils me trouvent. J’ai été battue par les talibans avant de fuir mon pays. Ils savent qui je suis et savent que je milite pour les droits des femmes. Je ne suis pas en bonne santé et je crains de ne pas pouvoir prendre soin de moi, ne pouvant quitter ma chambre en toute sécurité. Je ne peux pas reconstruire ma vie ni être en bonne santé dans ces conditions, et je risque la mort si on me trouve. Ils me tueront si j’entre en Afghanistan, quelles que soient les circonstances. »

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The Issue
Menacée de mort par les talibans, Farzana Adell Ghadiya est une militante afghane très connue qui défend les droits des femmes. Le Canada doit immédiatement lui délivrer un permis de séjour temporaire afin de protéger sa vie. Farzana se cache actuellement dans un pays tiers où son visa expire bientôt et risque d’être renvoyée de force en Afghanistan où elle sera torturée ou tuée. Mme Ghadiya répond à tous les critères d’admissibilité pour entrer au Canada dans le cadre du « Programme humanitaire spécial visant à réinstaller des ressortissants afghans vulnérables qui se trouvent à l’extérieur de l’Afghanistan ».
En tant que leader des droits des femmes, défenseure des droits de la personne et membre d’un groupe religieux et d’une minorité ethnique persécutés (elle est Hazara et musulmane ismaélienne), Farzana est en droit d’entrer au Canada pour échapper à la torture ou à la mort. Gravement diabétique, son acuité visuelle est instable et elle souffre de douleurs à l’estomac et aux reins. Incapable d’avoir accès à des soins de santé, elle souffre également de traumatismes physiques et émotionnels dus aux coups qu’elle a reçus aux mains des talibans.
Une communauté aimante attend Farzana à Ottawa : nourriture et logement gratuits, une communauté de soutien bien connectée comprenant le groupe antiviolence Women Who Choose to Live et le Rural Refugee Rights Network, et amplement de ressources disponibles pour l’aider à s’installer au Canada. Elle est hautement qualifiée, polyglotte et trouverait facilement un emploi lié aux droits des femmes dans la capitale nationale.
Toutefois, faute de recevoir un permis de séjour temporaire à des fins de protection, elle se trouve dans l’incapacité de venir ici.
Le Canada suscite de plus en plus de critiques en raison des obstacles qu’il dresse et qui empêchent des réfugiés comme Farzana de trouver la sécurité. En effet, pour être « admissible », une personne doit être « référée » par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ou le gouvernement du pays tiers. Or, Farzana se cache actuellement dans un pays où le HCR a cessé de recenser les réfugiés il y a près de quatre ans et où le gouvernement du pays d’accueil refuse souvent d’accorder le statut de réfugiés à des Afghans.
Par conséquent, Sean Fraser, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada (IRCC), n’a d’autre choix que d’exercer son pouvoir discrétionnaire afin de délivrer un permis spécial à Farzana, lequel lui permettrait de fuir cette situation d’extrême incertitude et de danger potentiel, et de trouver refuge au Canada.
Non seulement Farzana répond à tous les critères du programme humanitaire spécial canadien, mais elle est aussi admissible en tant que membre de la catégorie des résidents temporaires protégés (CRTP), qui a été créée pour faciliter l’acquisition du statut de résident permanent par les réfugiés en besoin urgent de protection. Par ailleurs, le Canada pourrait accueillir Farzana dans le cadre de son Programme de protection d’urgence (PPU) destiné « aux réfugiés visés par des menaces de renvoi ou d’expulsion ou dont la vie est directement menacée. » En vertu de ce programme, les réfugiés admissibles peuvent comprendre, mais sans s’y limiter, les personnes qui font face à une menace réelle et directe pour leur sécurité physique, ce qui pourrait entraîner leur mort ou les soumettre à un enlèvement, un viol, des abus sexuels, de la violence ou de la torture. Qui plus est, la « décision concernant la réinstallation des réfugiés est prise dans les 24 à 48 heures. IRCC prend les dispositions nécessaires pour que ces personnes partent pour le Canada dans les trois à cinq jours suivants le moment où leur cas a été présenté au bureau des visas, ou dans les plus brefs délais, en cas de problèmes locaux. »
Bref, Ottawa ne peut invoquer aucune barrière ou excuse pour refuser l’entrée à Farzana.
Le ministre Sean Fraser a de nombreux outils à sa disposition ainsi que le large pouvoir discrétionnaire de prendre toute mesure nécessaire pour assurer un passage sûr à Farzana en vertu de l’article 25.1 de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, qui stipule qu’une telle action est justifiée si le ministre « estime que des considérations d’ordre humanitaire relatives à l’étranger le justifient, compte tenu de l’intérêt supérieur de l’enfant directement touché. »
Jusqu’à présent, le Canada n’a pas respecté les promesses qu’il a faites aux milliers de réfugiés afghans toujours coincés à l’étranger et au sein même du pays. Penser que Farzana pourrait devoir survivre jusqu’à deux années supplémentaires (le délai actuel du Canada) dans une telle incertitude et un tel danger est tout simplement inhumain.
Le gouvernement canadien s’enorgueillit de se présenter comme un défenseur des droits des femmes. Une façon de passer de la parole aux actes consisterait à autoriser Farzana à entrer immédiatement au pays.
Membre du Réseau des femmes afghanes dès sa création, Farzana a œuvré pour l’égalité et les droits des femmes pendant la majeure partie de sa vie en plus de travailler au bureau de l’ancien président Ghani en tant que cheffe de cabinet de la Commission de la condition de la femme des Nations unies de 2016 à 2017. Dans le cadre de ses fonctions, elle a participé à des projets en faveur des droits et de l’égalité des femmes, et a fréquemment travaillé en interface avec les ambassades des États-Unis et d’autres pays. Parmi ces projets, citons le soutien au fonds de la communauté internationale pour l’Afghanistan, la coordination des programmes prioritaires nationaux, la mise en œuvre du concept ONE UN et la coordination des débats du palais présidentiel.
Elle a également été gestionnaire de la responsabilité sociale des entreprises pour Afghan Telecom, et chargée de soutenir des projets destinés aux filles et aux femmes. Elle a notamment travaillé à la construction de sept écoles secondaires et primaires pour filles, à l’aménagement de près de vingt terrains de jeux pour enfants, à la création de centres d’apprentissage en ligne pour les filles privées d’école par les talibans, à la construction de puits d’eau dans les communautés où les femmes pouvaient y accéder et apporter de l’eau potable à leur domicile, et au développement de trois maternités. C’est malheureusement en raison de ce travail que les talibans ont commencé à la menacer et à la harceler, et qu’elle a été battue par eux à plusieurs reprises. D’autres menaces proférées à son endroit alors qu’elle travaillait au bureau du président l’ont obligée à quitter le pays pour aller travailler ailleurs pendant deux ans.
En 2019, elle est courageusement rentrée au pays et a cofondé la Gender Equality Rights Organization Afghanistan (GEROA), où elle a aidé à distribuer et à réaliser le sondage en ligne Compte Global sur les femmes en Afghanistan. Elle a également travaillé avec plusieurs organisations mondiales et locales à but non lucratif et de défense des droits de l’homme comme Women’s March Global. GEROA était sur le point de lancer plusieurs programmes dans des universités lorsque la situation a commencé à se dégrader en Afghanistan.
« Je suis Hazara et de religion chiite-ismaélienne », dit-elle. « Mon peuple est persécuté de manière agressive en Afghanistan ; il y a 20 ans, les talibans avaient tué plusieurs de mes proches pour avoir suivi la religion ismaélienne. »
Farzana a également fait l’objet de menaces de mort dans son pays tiers, de la part des mêmes hommes qui ont envahi l’ambassade d’Afghanistan. Elle s’inquiète de se retrouver dans un pays où les Afghans ne sont pas les bienvenus et sont souvent expulsés. « Je vis dans la crainte de voir quelqu’un signaler ma présence ici. » Tous les dossiers de Farzana – y compris son adresse personnelle, ses diplômes scolaires, sa carte d’identité nationale, sa copie de passeport, ses empreintes digitales – se trouvaient au palais présidentiel lorsqu’il a été occupé par les talibans.
« Avant sa chute, mon pays et mon gouvernement constituaient mon soutien, mais je n’ai maintenant plus rien », dit Farzana. « Si quelque chose m’arrivait, je n’aurais nulle part où aller. En outre, je suis l’administratrice de l’une des rares (sinon la seule) pages Facebook utilisées par les femmes activistes (dont beaucoup ont été vues dans les journaux et la presse internationale ces derniers temps) pour communiquer et partager avec le monde entier ce qui se passe. Cette page s’appelle Gender Equality Afghanistan et compte plus de 8 000 membres. Il m’est impossible de la fermer, car tant de femmes en dépendent, toutefois je crains fort que les talibans ne m’y voient aussi. La page n’est pas publique, mais il semble qu’ils soient capables de trouver des gens partout. »
En août dernier, l’appartement de Farzana a été ravagé et les fenêtres détruites. Il n’y a pas d’avenir pour elle dans son ancien pays : « Les talibans savent qui je suis et ils ont maintenant tout mon dossier du palais présidentiel. Je ne quitte plus ma chambre, sauf pour acheter de la nourriture au coin de la rue, car je crains tellement qu’ils me trouvent. J’ai été battue par les talibans avant de fuir mon pays. Ils savent qui je suis et savent que je milite pour les droits des femmes. Je ne suis pas en bonne santé et je crains de ne pas pouvoir prendre soin de moi, ne pouvant quitter ma chambre en toute sécurité. Je ne peux pas reconstruire ma vie ni être en bonne santé dans ces conditions, et je risque la mort si on me trouve. Ils me tueront si j’entre en Afghanistan, quelles que soient les circonstances. »

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Petition created on October 26, 2022