⚖️ Pourquoi nous relançons ce combat : l'analyse technique et notre devoir d'alerte


Chères signataires, Chers signataires,
Chers concitoyens,
Si je m'adresse à vous aujourd'hui à travers cette nouvelle pétition, c'est en mon âme et conscience, en tant que citoyenne française, mère de famille et bêta-lectrice aguerrie depuis 4 ans. Après avoir analysé le tome 2 de l'ouvrage Corps à Cœur de manière approfondie afin d'épauler les associations, il est de mon devoir de poser un diagnostic littéraire, technique et éthique sur ce texte.
Ce combat dépasse totalement la liberté d'expression ou les débats autour de la Dark Romance. Il s'agit d'une question de sécurité publique et de protection de l'enfance face aux dérives de l'édition.
1. Une classification abusive qui franchit la ligne rouge
La Dark Romance ou la romance dite spicy mettent en scène des relations complexes, mais qui s'inscriraient toujours entre personnes majeures, ou ayant au minimum atteint l'âge de la majorité sexuelle.
Cet ouvrage s'écarte totalement de ces codes, malgré les récents changements d'étiquettes marketing de la part de la partie adverse. Au vu de la description crue, graphique et ultra-détaillée de sévices et de violences, ce texte s’apparente objectivement aux dérives du genre pornogore littéraire. Même au sein de la communauté des lecteurs avertis de ce style ultra-marginal, il est admis que lorsque des mineurs sont évoqués, les scènes ne possèdent jamais ce niveau de description visuelle. Une limite absolue a été franchie.
2. Narration descriptive vs Syntaxe dénonciatrice : Explications concrètes
Pour les lecteurs, et particulièrement les plus jeunes, il est essentiel de comprendre comment la structure d'un livre influence notre perception. En littérature, il existe deux manières diamétralement opposées de traiter un sujet sombre :
La narration descriptive (Problématique ici) : Le texte se contente d'aligner des faits graphiques, des actes de torture ou des viols avec une précision chirurgicale ou complaisante, souvent à travers les yeux du bourreau, sans qu'aucun contrepoids textuel ne vienne condamner l'acte. Le lecteur subit une immersion brute qui normalise le crime, car la syntaxe n'offre aucune issue morale. C'est ce que j'ai constaté dans l'ouvrage visé.
La syntaxe et narration dénonciatrice (Le travail éthique) : L'autrice peut mettre en scène la noirceur humaine, mais sa plume utilise des filtres littéraires majeurs — le dégoût textuel, le choix d'adjectifs dévalorisants pour le bourreau, l'accent mis sur la détresse psychologique de la victime, ou une voix narrative externe qui qualifie implicitement l'acte de monstrueux.
Des autrices de talent comme Noémie Conte ou Aya Estrella prouvent chaque jour qu'on peut écrire des récits psychologiques sombres tout en ayant une immense responsabilité éditoriale et déontologique.
Exemple concret de syntaxe dénonciatrice :
Dans leurs ouvrages, lorsqu'une situation de domination ou de violence est abordée, le texte utilise des métaphores de captivité, insiste sur la cassure interne du personnage ou utilise un ton incisif qui montre la toxicité de la situation. Le lecteur comprend immédiatement, par le choix des mots, que ce qui se passe est une anomalie destructive et non un acte érotisé ou anodin. La distance salvatrice est maintenue : le lecteur est guidé, averti, et protégé.
Dans l'ouvrage que nous dénonçons, cette distance est inexistante : le récit adopte le point de vue du narrateur sans aucun filtre ni condamnation textuelle. On ne peut pas laisser n'importe qui publier des récits d'une telle gravité sous couvert de fiction, sans aucun cadre, alors que tant de professions en France exigent des certifications et des formations dès lors qu'elles touchent au public.
3. La vérité sur le retrait des ventes et une communication douteuse
Il est indispensable de rétablir la vérité factuelle face aux discours victimaires. En France, ce livre n’a jamais fait l’objet d’une interdiction administrative ou légale de vente. Si l'ouvrage a disparu des catalogues, c'est uniquement parce que notre première pétition a pris une ampleur telle que les diffuseurs et les plateformes de vente ont pris leurs responsabilités. En analysant objectivement le texte, ils ont constaté qu'il allait frontalement à l’encontre de leurs Conditions Générales de Vente (CGV) et ont légitimement choisi de cesser leur collaboration commerciale avec la partie adverse.
Face à cette décision purement contractuelle des diffuseurs, la partie adverse a déployé une communication particulièrement douteuse, agressive et problématique sur les réseaux sociaux. Elle tente de sous-entendre que le motif d'interdiction à la vente est une diffamation alors non, car ce livre est interdit d'être possédé, vendu ou revendu au Luxembourg. Par ce système de manipulation et de provocation, la partie adverse cherche à surfer sur l'ancienne pétition afin de pouvoir vendre son livre. La dernière communication qui m'a été transmise le prouve car dans la première, elle disait que le stock est limité et là aujourd'hui le stock est en réassort.
De plus, les statistiques de mes réseaux littéraires démontrent que mes profils ont été consultés à de nombreuses reprises par le compte de la mise en cause à la suite de notre première mobilisation. Se servir de mes analyses pour réajuster des avertissements (trigger warnings) afin de tenter une recommercialisation détournée ne règle pas le problème : si le fond du texte reste inchangé, le danger pour la sécurité des mineurs reste exactement le même. Si ce livre tombe entre les mains de publics fragiles ou mal intentionnés, les conséquences réelles pourraient être lourdes.
🏛️ Nos revendications : Un appel au Législateur et à la Justice
Face aux failles de notre système juridique et politique actuel, la vigilance citoyenne ne suffit plus.
En signant cette nouvelle pétition de mon nom propre, j'engage ma citoyenneté française et j'adresse en parallèle :
Une interpellation solennelle aux députés afin qu'ils se saisissent de ce sujet pour combler le vide juridique de l'édition et portent un projet de loi intégrale contre la pédocriminalité dans le monde éditorial.
Nous interpellons le Procureur de la République de Paris pour que des enquêteurs spécialisés se penchent sur ce texte et ce dossier.
Je remercie chaleureusement les associations de protection de l'enfance qui ont immédiatement répondu à l'appel de la conscience collective, ainsi que l'ensemble de nos partenaires de la communauté de l'enfance et de la communauté de la dark romance pour leur soutien indéfectible.
Nous ne reculerons pas. Signez, partagez, et protégeons nos enfants.
Anaïs FENAUTRIGUES-PETRELLI
Maman, lectrice et citoyenne engagée pour la protection des plus vulnérables