Près de 150 personnes se sont réunies devant la gare du Teil, dimanche 20 mars. Usagers et syndicats, soutenus par de nombreux élus de tous bords, demandent le retour du train de voyageurs en Ardèche. La 1re étape pourrait être au Teil, avec l’ouverture d’une ligne au départ de Nîmes.
Par Solène VIGNALI - Hier à 19:23 - Temps de lecture : 3 min
Drapeaux de la CGT, banderoles faites maison et écharpes tricolores étaient mêlées en une foule compacte, dimanche 20 mars au matin devant la gare du Teil, autour d’un même but : la réouverture de la gare SNCF aux voyageurs dès le 29 août. « Est-ce que c’est OK pour prendre le train au Teil ? », lançait à la volée Agnès Guigon, membre du Collectif des usagers des transports publics en Sud Ardèche (Cutpsa), organisatrice de l’événement. « Oui », répondaient les quelque 150 personnes présentes.
« On ne veut pas regarder passer les trains »
Le collectif se mobilise face à « une hérésie ». La Région Occitanie a obtenu la réouverture de sa rive droite aux voyageurs SNCF, avec une ligne Nîmes/Pont-Saint-Esprit qui, pour des raisons techniques, doit dépasser son terminus pour faire demi-tour au Teil… À vide. « On ne veut pas faire comme les vaches et regarder passer les trains », martèle le maire, Olivier Peverelli (PS). Il était l’un des nombreux élus locaux, départementaux et régionaux présents, de tous bords politiques. « C’est un sujet qui va bien au-delà des clivages politiques », acquiesçait Rachel Cotta (DVD), maire de la commune voisine de Cruas et qui espère aussi voir un jour sa gare rouvrir aux voyageurs.
Ne manque que le feu vert de la SNCF
Certains Ardéchois attendent le train depuis très longtemps. C’est le cas d’Henri Poinsignon, habitant d’Alba-la-Romaine. « Ma santé m’oblige à me rendre au CHU de Nîmes jusqu’à plusieurs fois par semaine. En train, cela me prend trois heures avec trois correspondances, contre 1 h 30 via l’autoroute. Je prends la voiture, mais c’est très fatigant. Je préférerais faire quelques minutes de voiture jusqu’au Teil et prendre le train ! »
Si la volonté politique est là, il manque le tampon de la SNCF, qui arguerait des problèmes de sécurité. « Faux » pour Rémi Fumat, délégué général CGT des cheminots de Montélimar. « Au Teil, trois agents sont prévus pour s’occuper de la manœuvre du train. Ils pourraient aussi s’occuper d’un guichet et assurer la montée et descente des usagers. »
Le délai imparti pour obtenir le feu vert de la SNCF est très court : le premier train partira le 29 août. Mais les usagers y croient, et se voient déjà, billet en main, se targuer d’être les premiers voyageurs ferroviaires ardéchois en près de cinquante ans.
Pétition “La gare du Teil doit être prête à accueillir des voyageurs dès l’été 2022” sur change.org.
L’Ardèche rêve de rouvrir toutes ses gares
La Région avait annoncé en 2019 sa volonté d’ouvrir les gares du Pouzin, de Cruas et du Teil à l’horizon 2026/2027, avec une enveloppe de 15 millions d’euros. La nouvelle ligne des voisins occitans a précipité les choses pour la gare du Teil, mais les autres projets sont toujours sur la table.
Un combat « de Bourg-Saint-Andéol à Serrières »
D’autres maires aimeraient être de la fête. La maire de Viviers, Martien Mattei (SE), est « solidaire avec Le Teil, mais il faut également parler des gares de Bourg-Saint-Andéol et de Viviers », qui sont situées entre le dernier arrêt de Pont-Saint-Esprit et Le Teil.
C’est toute l’Ardèche, du nord au sud, que les élus aimeraient voir desservie. Pour le sénateur Matthieu Darnaud (LR), « le train est un combat de Bourg-Saint-Andéol à Serrières », combat qui permettrait de « désenclaver le territoire tout en répondant aux problématiques écologiques », ajoute Florence Cerbaï, conseillère régionale d’Europe écologie-Les Verts.
Élus de tous bords ont le même rêve : voir rouvrir la totalité de la ligne Lyon-Nîmes, fermée depuis 1973 et privant les Ardéchois d’un transport présent dans tous les autres départements de France.