Petition updateLA CULTURE SE MEURT A L'ESTCOMMUNIQUÉ 2 :LA CULTURE EST UN BIEN COMMUN - NOUS REFUSONS DE MOURIR EN SILENCE
Compagnies, artistes et technicien·ne·s GRAND ESTFrance
Feb 25, 2026

LA CULTURE EST UN BIEN COMMUN

Nous refusons de mourir en silence

Nous, artistes, technicien·ne·s, travailleur·euse·s indépendant·e·s, salarié·e·s de la création artistique et de la

culture du Grand Est, réuni·es le jeudi 19 février à l’Agence Culturelle de Sélestat, prenons la parole

publiquement et nous organisons pour lutter contre le démantèlement du service public de la culture.

Le même jour, se tenait une Assemblée Générale Extraordinaire de l'Agence culturelle. La raison ? En modifier l’objet des statuts afin de supprimer le Pôle spectacle vivant et ses missions : un vote majoritaire s’y est opposé!

Mais Martine Lizola, présidente de la commission culture/mémoire de la Région, également présidente du CA de l’Agence, fait fi de ce vote démocratique et confirme le maintien du démantèlement de l’Agence. Leur site internet annonce déjà l’arrêt des dispositifs spectacle vivant! Voilà la “démocratie” qu’on nous impose sous couvert d’un fallacieux principe de réalité.

Notre réalité c’est un nombre toujours plus grand d’élu·e·s qui organisent la privatisation et l’ouverture à la concurrence de secteurs entiers de l’action publique en agitant constamment la nécessité de prendre en compte une situation économique difficile, comme si elle s’était auto-engendrée, que leurs manoeuvres n’en étaient pas la source, et qu’aucune alternative n’était possible.

Nous leur disons :

Ce que vous appelez “faire des économies”, nous l’appelons “orchestrer une destruction”.

Vos décisions ont des effets immédiats et concrets : elles asphyxient la vitalité des territoires, empêchent l’éclosion de nouveaux imaginaires et broient des vies, nos vies.

La culture est un bien commun qui appartient à tou.te.s.

Nous refusons ce plan social déguisé.

Nous refusons notre précarisation, les licenciements économiques, notre agonie planifiée.

Nous refusons le démantèlement du service public de la culture, la perte d’outils, de moyens et de lieux permettant un maillage territorial humain et vivant indispensable.

Nous refusons les censures de certaines œuvres jugées trop politiques, signes d'une dérive autoritaire inquiétante.

La culture est un espace de complexité, de pensée critique et d’émancipation.

Nous exigeons de l’accompagnement, des moyens matériels et financiers pour une création autonome, libre et plurielle qui ne soit ni une vitrine politique, ni une variable d’ajustement.

Nous exigeons la réouverture immédiate d’un espace de négociation réel, public et contradictoire.

Nous exigeons l'arrêt du démantèlement des structures en place qui ont fait preuve de leur efficience sur nos territoires.

Nous exigeons de siéger au sein des instances décisionnaires pour une transparence totale sur les arbitrages au sein des collectivités - Départements, Régions, État : montants, critères, impacts, calendrier.Les coupes s’additionnent, et l’État, bien sûr, n’est pas en reste : une nouvelle baisse nationale des budgets de la création est annoncée. Aucune clarté sur sa répartition, aucune visibilité, aucun débat. Et partout, on observe la même mécanique délétère : pression permanente, fragilisation des équipes, mise en concurrence éreintante, projets annulés, et lieux en tension. Quant aux campagnes municipales actuelles, l’absence de propositions et de visions concernant la culture est éloquente.

Ce qui se joue ici est un mouvement global. Il est urgent de lui opposer un refus catégorique, clair et organisé, à l’intersection des nombreuses luttes sociales en cours.

L’époque appelle chacun·e à prendre ses responsabilités.

Nous appelons tou·te·s les acteur·ices de la culture à prendre position, à relayer cet appel sur leur site internet, à l’afficher dans les halls des théâtres, à organiser des débats, à prendre la parole dans les instances syndicales et en dehors.

Nous appelons les spectateur.ices, les bénévoles, à nous soutenir, à rejoindre nos discussions, à demander des comptes à leurs élu.es, à voter en pleine conscience.

Plus rien ne se fera sans réponse : pas de patience, pas de résignation, nous nous fédérons, nous nous organisons, nous agissons.

Nous refusons de mourir dans ce silence organisé.

Nous ne négocierons pas notre propre effacement.

Nous appelons l’ensemble de la profession à nous rejoindre :

le 03 Mars dès 10h à l’Agence culturelle Grand Est.

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