Pétition pour la rénovation de l'Université de Nice

Pétition pour la rénovation de l'Université de Nice

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Quand elle atteindra 200 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !
L'Indignation, le journal militant a lancé cette pétition adressée à L'Indignation

Les locaux de la faculté publique de Lettres, Arts et Sciences Humaines (LASH) de Nice, sur le Campus Carlone, sont dans un état critique.

Devant l’indifférence générale, laissée pour compte du système de financement de l’université régionale au profit de facultés plus lucratives et davantage en lien avec le monde professionnel ; pour l’étudiant comme pour l’enseignant, l’environnement d’étude de la faculté est devenu exécrable, voire dangereux. Nous sommes chaque jour confrontés à des conditions de travail affligeantes, qui ne suscitent chez les étudiants plus aucun désir de s’instruire, ne favorisent plus un cadre d’échange et de vie collective attrayante. Ces constats nuisent fortement à l’accessibilité de toutes et de tous aux savoirs liés aux sciences humaines et sociales.
Malgré une éducation proposée de qualité, des motivations et des investissements personnels des professeurs et des étudiants, on peut aisément ressentir sur ces lieux la gêne étouffée de ces acteurs qui font vivre l’Université française, une envie commune et terrible de les déserter.

La faculté de Lettres est classée « Architecture Contemporaine Remarquable » par la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites (1), cette labellisation est devenue un prétexte pour empêcher tous travaux de reconstruction ou de restructuration au sein de l’établissement. Au programme : des arbres déracinés, des trous dans les murs, des infiltrations d’eau dans l’enceinte de l’établissement, de potentiels restes d’amiante et plus récemment, des risques d’écroulement du plafond dans la bibliothèque transforment ce temple de savoirs et d’application aux études en locaux inhospitaliers.

C’était en Novembre dernier, un pin centenaire se déracine durant les intempéries de fin d’automne et chute dans la cour principale, lieu de vie très fréquenté durant les pauses-déjeuner par les étudiants. Par chance, aucun blessé n’est à déploré. Mais les autres arbres sont coupés et ne laissent derrière eux qu’un endroit encore plus monotone, pourtant déjà insipide, offrant comme unique panorama la vue des locaux sales, dont les couleurs inexpressives ne rappellent que sa structure maussade, inélégante et recouverte de coulées de crasse et de bistre, de suie détrempée, solidaires des murs.
Dans le bâtiment principal, le bâtiment H, de nombreux stores ne s’ouvrent ou ne se ferment plus, leurs enrouleurs manuels sont cassés ou dysfonctionnent régulièrement. Il est aussi habituel de rencontrer dans les étages de ce bâtiment des fissures et des trous dans les couloirs donnant vue directement à l’intérieur des salles de cours. Le bâtiment IT, attenant, connaît aussi – de longue date – des infiltrations d’eau au point que des salles ont été inondées en 2016 et que de l’eau ait pu sortir par les murs, dans les couloirs, en mars 2018. Quand les toilettes ne sont pas d’une malpropreté sans nom (nous ne voudrions toutefois pas blâmer le personnel d’entretien qui fait son possible en sous-effectif), elles sont régulièrement fermées et posent des problèmes d’hygiène évidents, notamment aux femmes pour lesquelles l’accès aux équipements sanitaires devrait être une priorité indiscutable. Les difficultés d’écoulement touchent aussi les canalisations : dans les différents étages, plusieurs lavabos n’ont plus de tuyauteries mais les robinets sont fonctionnels, la majorité des urinoirs sont condamnés (ou bouchés) et recouverts d’un sac en plastique noir depuis au moins 8 mois. Certaines installations d’aisances présentent des signes d’une vétusté visible (lézardement des porcelaines, fentes, égouttements…) qui semblent pourtant ne pas être explicites pour tous : les maintenances ont l’air inexistantes.

Jusqu’ici, le délabrement généralisé de la faculté s’est avéré relever d’une certaine décrépitude, liée à la vieillesse et l’ingérence des locaux. Seulement, d’autres constatations s’avèrent plus alarmantes. En cherchant un peu, nous pouvons apprendre qu’un désamiantage aurait été entreprit en avril 2012. Cependant, il est pratiquement impossible de savoir si tout l’amiante a été retiré ou s’il en demeure toujours dans le campus. Aucune transparence n’est pratiquée à ce sujet – une irresponsabilité hallucinante – ce qui est d’autant plus inquiétant au vu des trous dans les murs. Ces derniers jours, des postes de travail et un espace conséquent ont été condamnés dans la Bibliothèque Universitaire par une bande plastique de chantier en raison d’un plafond qui menace de s’effondrer sur les étudiants et visiteurs.

Face à ce lamentable et désolant bilan, nous nous posons deux questions : à l’heure où les frais d’inscription augmentent dans le milieu public, quel est le budget réel de l’établissement et où va-t-il ? Les quelques travaux de restauration ne semblent être consacrés qu’à un embellissement accessoire (de la peinture à l’extérieur) et au seul lieu de vie de la faculté qui puisse encore générer des profits : la cafétéria.

Dans la jungle des allocations budgétaires et financières aux structures de l’enseignement supérieur, les facultés de Lettres et les ensembles universitaires littéraires sont habituées à recevoir moins, à devoir faire le plus de concessions, d’efforts, à subir un mépris systémique de l’émancipation philosophique qu’elles offrent, au profit d’établissements proposant des apprentissages techniques, scientifiques ou relevant de formations en lien étroit avec le modèle d’une économie de marché appliquée.
Ne choque-t-il plus personne aujourd’hui d’entendre dire que la pratique des Arts, l’étude de la Littérature, des Langues, des Lettres, l’apprentissage des Sciences Humaines sont inutiles puisque ne rapportant que peu en comparaison à d’autres disciplines moins intellectuelles et plus terre-à-terre des conceptions néo-libérales, telles que les Sciences Economiques ou le Droit ? Souvenons-nous que les Sciences Humaines, les Arts, les Lettres, et en définitive toute la richesse des savoirs intellectuels et culturels forment l’identité de l’être-humain, le plus bel héritage promis aux générations futures mais surtout, que c’est l’ultime rempart face à la bêtise, à l’obscurantisme, et, dans ces temps troublés de retour grinçant de la bête noire, du fascisme, de la xénophobie, de l’exclusion et de l’ignorance ; la culture et sa diffusion constituent le phare qui se dresse hors de la brume brune, pour guider nos semblables sur les chemins de la tolérance, de la sagesse et de l’érudition.

Vous êtes étudiant à la faculté de Lettres, d’Arts et de Sciences Humaines de Nice ? Nous vous invitons à donner votre avis sur la qualité de votre expérience de vie universitaire dans notre sondage organisé sur la page Facebook de notre journal. Nous organiserons également une pétition pour la rénovation du Campus de Carlone à laquelle nous vous inviterons à participer. N’attendons pas des blessés, agissons ensemble dans notre intérêt commun.

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