Macronie, un simulacre de démocratie


Rappel des mesures de restrictions des libertés par le gouvernement Macron et le ministre de la santé Olivier VERAN durant 2 ans de crise sanitaire.
Nous avions accepté l’usage excessif de la force, les atteintes à notre liberté d'expression et même la surveillance redoublée durant un an de pandémie et confirmé dans un rapport de l'Institut international pour la démocratie publié le 10 décembre 2020. Si la plupart des mesures prises dans le cadre de la crise sanitaire apparaissent comme "justifiées", 43 % des états démocratiques ont mis en place des "restrictions de liberté illégales, disproportionnées, illimitées dans le temps ou non nécessaires". Ce recul des libertés fondamentales s'illustre partout dans le monde sous des formes différentes : restriction dans la liberté de mouvement, répression excessive par les autorités, mais aussi atteintes à la liberté d'expression ou à l'indépendance de la justice.
Pour ce motif, le gouvernement Macron avait prétexté de la dangerosité du COVID durant deux ans de crise sanitaire pour couper le lien social en cas de refus de se faire vacciner contre le COVID en instaurant le Pass sanitaire obligatoire sans lequel les français ne pouvaient plus accéder ni aux bars, ni aux restaurants, ni aux salles de sport, ni aux concerts, ni aux discothèques et autres lieux de rencontres. Pourtant ce même gouvernement a annoncé le 29 janvier 2023 que le COVID est désormais classé comme une maladie banale pas plus dangereuse que les autres et ce, depuis le 02 février 2023. Une nouvelle preuve de mensonge d'état.
Macronie, un simulacre de démocratie.
Après 5 années d'autoritarisme, de mensonges d'état, d'insécurité et de maltraitance des français dont nos retraités, nos soignants, nos enseignants, nos policiers et nos gendarmes, Emmanuel Macron est parvenu curieusement à remporter de nouveau les dernières élections présidentielles d'avril 2022 sans obtenir de majorité absolue dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale après un chaos sans précédent aux élections législatives deux mois plus tard, une première dans toute l'histoire de la 5ème République pour un président réélu.
Force est de constater que le gouvernement Macron recours systématiquement à la stratégie de la terreur comme celle du COVID pour dompter les français jusqu'à museler les plus récalcitrants par diverses formes de répression et d’autoritarisme après 10 passages en force à l’assemblée nationale pour passer toutes ses lois à coup de 49.3.
Le gouvernement Macron, expert du mensonge permanent et du « Cause toujours tu m'intéresses », veut faire croire aux français que les caisses de l’état sont vides et ne pourra donc plus payer les retraites de nos enfants dans 30 ans alors que le pays s’est enrichit considérablement avec un patrimoine économique national s'élevant en 2023 à près de 20.000 milliards d'euros.
Alors que l'inflation en hausse et le pouvoir d'achat en baisse n'en finissent pas de faire les gros titres, la Banque de France annonçait en septembre dernier une information complètement à contre-courant des déclarations du gouvernement car France ne s'appauvrit pas et très loin de là.
Pour ce motif, le gouvernement Macron ne se prive pas d’allouer chaque année près de 3 millions d'euros à la surveillance de la pensée des internautes sur les réseaux sociaux en rappelant que ce même gouvernement fait aussi l’objet d’une information judiciaire depuis le 20 octobre dernier 2022 par le Parquet national financier pour des chefs de "tenue non conforme de comptes de campagne" et "minoration d'éléments comptables dans un compte de campagne". Celle-ci porte sur les conditions d'intervention de cabinets de conseil, dont McKinsey, dans les campagnes électorales de 2017 et 2022.
Comme l'explique Le Parisien, la justice cherche à savoir si McKinsey n'a pas fait bénéficier "pro bono" au candidat Emmanuel Macron de travaux et d'expertises qui auraient dû être comptabilisées dans les dépenses de campagne.
Or, le gouvernement Macron si préoccupé soit-disant pour les retraites de nos enfants dans 30 ans pour "pouvoir les regarder dans les yeux", selon les propos manipulateurs d'Olivier Véran, préfère s’en prendre aux retraites des français en les faisant travailler deux ans de plus pour remplir les caisses déjà pleines de l’état que de s’abstenir de les vider de manière irresponsable pour des dépenses occultes ou d’aller puiser dans les pensions des plus riches car c’est toujours les premiers de cordée qui récoltent les cailloux d'un gouvernement sans scrupule qui traite les français comme du bétail depuis cinq ans de gouvernance.
Pour le gouvernement Macron, le manque de pédagogie expliquerait le faible niveau d’adhésion des français à la réforme des retraites souhaitée par Emmanuel Macron avec 80% des français contre la retraite à 64 ans selon le dernier sondage réalisé le 10 janvier dernier par Odoxa-Agipi pour Challenges et BFM Business. Pourtant le rejet de la réforme est avant tout le fait d’une bonne compréhension par la population des enjeux du texte de loi et c’est la raison pour laquelle les français n’en veulent pas.
Le degré inédit d’acceptabilité des français durant deux ans de crise sanitaire devant les mesures de restrictions des libertés et l’obligation de se faire vacciner contre le COVID pour obtenir le Pass sanitaire semble avoir mis le ce gouvernement en toute confiance pour conduire les français à la baguette.
Lors du débat télévisé sur BFM TV le 24 janvier 2023 opposant Mr Olivier Véran à Jordan Bardella du Rassemblement National (RN) et Mathilde PANOT de La France Insoumise (LFI), la solution d’un référendum a été proposée pour donner la parole aux français mais le porte-parole du gouvernement s’est fermement opposé à cette solution juste et démocratique , un comportement arrogant récurrent chez l'ex ministre de la Santé confirmé par des propos arrogants et sournois: " Vous avez eu votre chance au grattage, et une chance au tirage, que vous veniez nous dire en 3e en séance, on pourrait faire un référendum, non ça ne va pas marcher ".
Olivier Véran considère que les dernières élections présidentielles et législatives ne donnant qu’une majorité relative au gouvernement Macron lui octroient le droit de faire la sourde oreille devant la majorité écrasante des français refusant son projet de réforme des retraites. En clair, "maintenant que vous avez été assez naïfs pour revoter pour nous, vous la fermez et vous subissez cette réforme injuste avec le sourire", un nouveau signal d'autoritarisme du gouvernement Macron confirmé dès le lendemain du débat télévisé par la déclaration de la première ministre Élisabeth Borne: "ce n’est pas négociable".
Si cela ne s’appelle pas de l’autoritarisme chez certains, cela s’appelle du Macronisme chez d'autres mais cela veut dire la même chose. L'ex ministre de la Santé ajoute d’ailleurs avec le même mépris lors du débat télévisé: "on ne va pas faire un référendum pour chaque loi que le gouvernement propose" alors qu' il s'agit du travail et des sacrifices de toute une vie de chaque français et de ceux de sa progéniture.
Mais l’égo démesuré d'Emmanuel Macron lui impose de redorer son image de grand réformateur après son échec cuisant durant la crise sanitaire, raison pour laquelle le chef de l’état veut en finir vite et parie une fois de plus sur la résignation de l’opinion. Son ex premier ministre Edouard Philippe résumait un soir à l’Elysée l’ampleur de la tâche: "les Anglais ont l’Irlande du Nord, nous, on a les retraites." Edouard Philippe, qui avait tenté en vain d’instaurer un système par points lors du premier quinquennat, était donc bien placé pour en parler. Son mentor Alain Juppé s’était cassé les dents en 1995. Et c’est la seule et unique raison pourquoi le gouvernement Macron tient absolument à réussir là où les autres ont échoué.
La pédagogie du gouvernement Macron repose sur un postulat biaisé : en 1960 il y avait 4 salariés pour 1 retraité, en 2020 il n'y a plus que 2 salariés pour un retraité donc si vous êtes au "cours préparatoire", on vous fait avaler facilement qu'il faut travailler plus longtemps d'autant plus que la mamie a la mauvaise idée de vivre un peu plus longtemps que pendant la dernière guerre mondiale. Mais le salarié qui a commencé à travailler au début des années 80 sait bien que depuis cette époque il y a eu des améliorations considérables de productivité dans tous les secteurs industriels, administratifs, et commerciaux, et il sait aussi que des gains de productivité tout aussi importants avaient été obtenus depuis l'époque d'après guerre quand ses parents travaillaient aux champs ou à l'usine.
Il sait aussi que ces gains de productivité vont s'accumuler dans les grandes fortunes qui se cachent dans tous les paradis fiscaux organisés par le système financier capitaliste, il constate qu'il a de plus en plus de difficulté pour se faire soigner ou pour assurer à ses enfants une éducation qui leur permettrait l'égalité d'accès aux formations universitaires, il sait aussi qu'il n'est plus qu'un " agent économique " et qu'il a perdu objectivement ses droits de citoyen.
Dans l'état actuel de notre économie, retarder le départ officiel à la retraite, c'est augmenter automatiquement le nombre de chômeurs puisqu'au delà de 55 ans le taux d'activité des français est très faible et ça ne fait que déplacer le problème comptable. A entendre les piètres éléments de langage du gouvernement Macron et des membres de la majorité, la réforme des retraites en approche viserait à établir de nouveaux équilibres et à garantir l’équité dans la durée. Mais il n’y a pas à se tromper, ce projet est d’abord et avant tout animé par le dogme de la réduction structurelle des dépenses, et la volonté d’ouvrir toujours plus la protection sociale au marché et aux intérêts privés.
En s’attaquant ainsi aux retraites, qui constituent l’un des piliers fondamentaux de notre modèle social et l’un des plus grands acquis sociaux de notre histoire, le gouvernement Macron expose directement les travailleurs du privé comme du public aux chocs et à la violence de l’économie de marché.
Voilà pourquoi 80% des français ne croient pas aujourd'hui à la réforme des retraites souhaitée par Emmanuel Macron comme ils ne croient plus à ses innombrables promesses jamais respectées depuis cinq ans de gouvernance qui n'est qu'un simulacre de démocratie.
Soyons libres!
Jean-Christophe Pina, président Mouvement Citoyens Libres (MCL).