Remise en cause de la réforme de la DRM

Remise en cause de la réforme de la DRM

Le problème

Monsieur le président de l' AVA,
Monsieur le président du CIVA,
Madame ou Monsieur les directeurs du service des Douanes Viticulture Alsace,

L'objet de cette lettre concerne la "dématérialisation" de la DRM et sa complication supplémentaire; à savoir l'introduction des cépages au sein des différentes appellations renseignées à ce jour.
Les statistiques indiquent clairement une baisse des revendications des Grand Cru, de même qu'une baisse des ventes des volumes revendiqués.
Les Terroirs uniques des Grand cru sont censés supplanter les cépages. Régulièrement de nouveaux Grand Cru souhaitent s'exprimer en con-plantation. Dans ce double contexte quel est l'intérêt de décliner les cépages sur la DRM? Si nous ne comprenons pas l’intérêt de cette complication, nous en connaissons par contre les effets. Elle va encore davantage décourager le travail et la promotion des Grand Cru et par rebondissement, dévaloriser l'ensemble des vins d'Alsace qui pour l'heure ne brille pas. De grands metteurs en marché, dans leur "logique" économique n'éprouvent pas de honte à acheter des vins en vrac à moins d'un €.
Concernant les vins d’Alsace blanc, de plus en plus de metteurs en marché font des assemblages. Pourquoi compliquer avec l’introduction des cépages qui ne sont pas des indications géographiques. Le nombre de metteurs en marché diminue inexorablement depuis trente ans. Il est toujours plus difficile de rester opérateur indépendant. En particulier par ce que la charge administrative est exponentielle !
Le numérique et la dématérialisation transfèrent les tâches des services publics vers les entreprises. Certains jeunes ne reprennent pas la viticulture ou abandonnent la commercialisation pour ces raisons- là.
D’une part, nous sommes face à l’interminable pression mise sur les services publics, (il semblerait que l’été prochain, le service douane- viticulture soit amputé de deux agents) d’autre part, nous vignerons, subissons simultanément une pression accrue.
Originellement la créativité humaine engendra des outils pour soulager les femmes et les hommes et favoriser leur épanouissement ; particulièrement culturel, qui ne peut se faire sans un minimum de temps disponible. Aujourd’hui l’humain « devrait » se conformer aux exigences du numérique et de la dématérialisation ! Ne serions- nous pas à contre sens de l’humanisation fraternelle ? Au nom de quel principe supérieur devrions-nous accepter une déshumanisation à marche forcée ?
Une récente étude de l’observatoire financier du crédit agricole, paru dans un journal régional montre que la rentabilité du vignoble alsacien se situe, en 2016 dans la moyenne nationale, mais que les entreprises au chiffre d’affaire supérieur à 10 M€ présentent une rentabilité de 10,3% contrairement à la moyenne de 8.7%.
Les grands opérateurs disposent d’un « staff » administratif étoffé au sein duquel de nombreuses tâches sont fractionnées.
Chez les petits opérateurs ce ne sont que deux personnes voire une seule, qui portent la totalité de l’administratif ; des déclarations de plantation, jusqu’au paiement de la TVA trimestrielle en ligne ; en passant par une centaine d’obligations intermédiaires.
L’une des valeurs, mise en avant dans la nouvelle communication du CIVA, s’appuie sur la « dimension familiale » de la viticulture alsacienne. Jolis slogan ! Mais la réalité vécue par les petits metteurs en marché familiaux consiste en un étranglement sans relâche et une détresse humaine grandissante. Nous sommes dans la situation de la grenouille. Jetée dans l’eau bouillante, elle sursaute et peut survivre. Inversement tombée dans l’eau tiède progressivement chauffée, elle s’engourdira et finira « cuite » sans vie.
Certains dirigeants en tous milieux de notre actualité, sont peut être victimes de la montée en température qui engourdit. D’autres oeuvrent délibérément à l’extinction de la sphère artisanale.
Pour illustrer le sens et le non-sens, nous revenons certes sur un détail, toute fois symptomatique. Le numéro de lot à une véritable pertinence pour l’opérateur auquel le client commande 500.000bouteille distribuées dans une grande chaine de magasin. Mais il ne peut tout embouteiller en une seule journée ; d’où différents lots. Le petit opérateur disposant de 3000 litres d’une qualité donnée pour des raisons d’efficacité ne va évidemment pas fractionner sa mise en bouteille. Son étiquette représente la totalité du lot, le numéro n’a dans ce cas de figure aucune nécessité ni sens. L’amateur pourrait même imaginer que son grand cru fétiche ait été mis en bouteille en plusieurs fois et qu’il n’aurait pas la totalité de l’expression dans son verre.
Nous affirmons qu’en l’absence de prise en compte d’échelle, toute nouvelle obligation pèse bien plus lourd, sur les petites entités artisanales familiales, entre autre d’éventuel changement de logiciel. Quasiment toutes les boucheries-charcuteries ont disparues de nos villages. En 50 ans elles n’ont jamais intoxiqué personne. Le législateur et l’exécutif ont obligé les administrations à imposer les mêmes normes ( destinées aux industriels qui transforment mille carcasses) aux artisans qui transformaient trois carcasses par semaine.
Inversement, si la pression fiscale appliquée aux artisans était exercé de même manière pour les grandes structures et à plus forte raison aux mastodontes du CAC 40, l’état pourrait largement améliorer les services publics au lieu de les démanteler à petit feu et relâcher notre étranglement. En nous inspirant d’Etienne de la Boétie qui, il y à presque cinq siècles, écrivit à 18 ans « De la soumission volontaire », nous vous demandons simplement, Messieurs les présidents et directeurs de renoncer à l’introduction des cépages dans la DRM.
Dans l’attente de votre action, nous vous prions messieurs les présidents et directeurs d’agréer nos sincères et déterminées salutations.

 

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Denis HEBINGERLanceur de pétition
Cette pétition avait 75 signataires

Le problème

Monsieur le président de l' AVA,
Monsieur le président du CIVA,
Madame ou Monsieur les directeurs du service des Douanes Viticulture Alsace,

L'objet de cette lettre concerne la "dématérialisation" de la DRM et sa complication supplémentaire; à savoir l'introduction des cépages au sein des différentes appellations renseignées à ce jour.
Les statistiques indiquent clairement une baisse des revendications des Grand Cru, de même qu'une baisse des ventes des volumes revendiqués.
Les Terroirs uniques des Grand cru sont censés supplanter les cépages. Régulièrement de nouveaux Grand Cru souhaitent s'exprimer en con-plantation. Dans ce double contexte quel est l'intérêt de décliner les cépages sur la DRM? Si nous ne comprenons pas l’intérêt de cette complication, nous en connaissons par contre les effets. Elle va encore davantage décourager le travail et la promotion des Grand Cru et par rebondissement, dévaloriser l'ensemble des vins d'Alsace qui pour l'heure ne brille pas. De grands metteurs en marché, dans leur "logique" économique n'éprouvent pas de honte à acheter des vins en vrac à moins d'un €.
Concernant les vins d’Alsace blanc, de plus en plus de metteurs en marché font des assemblages. Pourquoi compliquer avec l’introduction des cépages qui ne sont pas des indications géographiques. Le nombre de metteurs en marché diminue inexorablement depuis trente ans. Il est toujours plus difficile de rester opérateur indépendant. En particulier par ce que la charge administrative est exponentielle !
Le numérique et la dématérialisation transfèrent les tâches des services publics vers les entreprises. Certains jeunes ne reprennent pas la viticulture ou abandonnent la commercialisation pour ces raisons- là.
D’une part, nous sommes face à l’interminable pression mise sur les services publics, (il semblerait que l’été prochain, le service douane- viticulture soit amputé de deux agents) d’autre part, nous vignerons, subissons simultanément une pression accrue.
Originellement la créativité humaine engendra des outils pour soulager les femmes et les hommes et favoriser leur épanouissement ; particulièrement culturel, qui ne peut se faire sans un minimum de temps disponible. Aujourd’hui l’humain « devrait » se conformer aux exigences du numérique et de la dématérialisation ! Ne serions- nous pas à contre sens de l’humanisation fraternelle ? Au nom de quel principe supérieur devrions-nous accepter une déshumanisation à marche forcée ?
Une récente étude de l’observatoire financier du crédit agricole, paru dans un journal régional montre que la rentabilité du vignoble alsacien se situe, en 2016 dans la moyenne nationale, mais que les entreprises au chiffre d’affaire supérieur à 10 M€ présentent une rentabilité de 10,3% contrairement à la moyenne de 8.7%.
Les grands opérateurs disposent d’un « staff » administratif étoffé au sein duquel de nombreuses tâches sont fractionnées.
Chez les petits opérateurs ce ne sont que deux personnes voire une seule, qui portent la totalité de l’administratif ; des déclarations de plantation, jusqu’au paiement de la TVA trimestrielle en ligne ; en passant par une centaine d’obligations intermédiaires.
L’une des valeurs, mise en avant dans la nouvelle communication du CIVA, s’appuie sur la « dimension familiale » de la viticulture alsacienne. Jolis slogan ! Mais la réalité vécue par les petits metteurs en marché familiaux consiste en un étranglement sans relâche et une détresse humaine grandissante. Nous sommes dans la situation de la grenouille. Jetée dans l’eau bouillante, elle sursaute et peut survivre. Inversement tombée dans l’eau tiède progressivement chauffée, elle s’engourdira et finira « cuite » sans vie.
Certains dirigeants en tous milieux de notre actualité, sont peut être victimes de la montée en température qui engourdit. D’autres oeuvrent délibérément à l’extinction de la sphère artisanale.
Pour illustrer le sens et le non-sens, nous revenons certes sur un détail, toute fois symptomatique. Le numéro de lot à une véritable pertinence pour l’opérateur auquel le client commande 500.000bouteille distribuées dans une grande chaine de magasin. Mais il ne peut tout embouteiller en une seule journée ; d’où différents lots. Le petit opérateur disposant de 3000 litres d’une qualité donnée pour des raisons d’efficacité ne va évidemment pas fractionner sa mise en bouteille. Son étiquette représente la totalité du lot, le numéro n’a dans ce cas de figure aucune nécessité ni sens. L’amateur pourrait même imaginer que son grand cru fétiche ait été mis en bouteille en plusieurs fois et qu’il n’aurait pas la totalité de l’expression dans son verre.
Nous affirmons qu’en l’absence de prise en compte d’échelle, toute nouvelle obligation pèse bien plus lourd, sur les petites entités artisanales familiales, entre autre d’éventuel changement de logiciel. Quasiment toutes les boucheries-charcuteries ont disparues de nos villages. En 50 ans elles n’ont jamais intoxiqué personne. Le législateur et l’exécutif ont obligé les administrations à imposer les mêmes normes ( destinées aux industriels qui transforment mille carcasses) aux artisans qui transformaient trois carcasses par semaine.
Inversement, si la pression fiscale appliquée aux artisans était exercé de même manière pour les grandes structures et à plus forte raison aux mastodontes du CAC 40, l’état pourrait largement améliorer les services publics au lieu de les démanteler à petit feu et relâcher notre étranglement. En nous inspirant d’Etienne de la Boétie qui, il y à presque cinq siècles, écrivit à 18 ans « De la soumission volontaire », nous vous demandons simplement, Messieurs les présidents et directeurs de renoncer à l’introduction des cépages dans la DRM.
Dans l’attente de votre action, nous vous prions messieurs les présidents et directeurs d’agréer nos sincères et déterminées salutations.

 

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Denis HEBINGERLanceur de pétition

Les décisionnaires

jpfrick2@laposte.net
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Pétition lancée le 18 février 2019