Pétition fermée

Lutter contre les stigmatisations dont sont victimes les usagers de la psychiatrie

Cette pétition avait 689 signataires


  • Un article insolent et déplacé

Le quotidien « La Provence » a publié le 5 Septembre dernier un article, nommé « Comment la société les gère – Les barjots, les schizos et les autres ... » avec pour photo une personne en blouse blanche, que l'on peut imaginer en camisole, face contre un mur.

Ce titre scandaleux « Comment la société les gère », sous-entend que la société possède un pouvoir de décision sur la vie des personnes. Il tend à montrer que les personnes souffrant de troubles psychiques sont une tare pour notre société. La société ne « gère » pas les personnes souffrantes. D'ailleurs, les structures ne « gèrent» pas les malades mais les « accompagnent » pour répondre à l'aide sollicitée soit par elle-même soit par leur famille.

Ajoutons à cela les termes stigmatisants et humiliants pour les personnes qui souffrent : « barjots », « schizos » et « les autres ». En outre, les seuls témoignages sont en majorité des professionnels de la santé et du droit, malheureusement, la parole n'est en aucun cas donnée aux personnes directement concernées.

Bien que l'article met en lumière le manque de moyens financiers, humains et d'alternatives innovantes au regard de la prise en charge des personnes, nous pouvons malheureusement noter que les termes utilisés :« Asile de fou », « Comment classer les uns et les autres ? », « Et si c'était la prison qui rendait fou ?» restent rabaissants, dégradants et opprimants et vont de pair avec la Une.

  • Les amalgames des politiques et des jugements infondés

Rappelons que Gérard COLLOMB, ministre de l'intérieur, a envisagé la possibilité de surveiller les « malades mentaux » dans le but de déceler d'éventuels djihadistes, et que Samia GHALI, le 22 août dernier, accusait les migrants de « piquer le lit de nos malades mentaux » . Les usagers tiennent à rappeler à Mme GHALI qu'ils n'ont jamais vu de « migrants » dormir dans des lits d'hôpitaux psychiatriques, sauf si leur état de santé le nécessitait.

Le 15 août dernier, rappelons-nous que l'homme qui a percuté délibérément une pizzeria, présenté comme « Grand malade mental suivi en psychiatrie » souffrait en réalité de dépression moyenne qui touche 1 Français sur 5.

Il n'y a aucun lien statistique ente actes meurtriers et le diagnostic de schizophrénie, bien au contraire, les études montrent que les personnes concernées ne sont pas plus dangereuses que le reste de la population.

  • Rappel des définitions 

Pour essuyer ces clichés, reprenons la définition claire et précise des mots troubles psychiques : « Un trouble psychique, qui peut être également désigné sous le terme de trouble psychiatrique ou encore de trouble mental, désigne un ensemble d'affections et troubles d'origine très différente entraînant des difficultés dans la vie d'un individu, des souffrances et des troubles du comportement. Les troubles psychiques touchent toutes les populations, sans distinction de sexe ou d'âge ».

  • De nombreuses réactions

Le journal « La Provence » possède un poids considérable au regard du relais des informations. En publiant cette Une, La Provence engendre de la peur et bafoue le travail consciencieux des associations représentantes des droits des usagers luttant contre les stigmatisations.

Suite à la publication de cet article, de nombreux internautes se sont soulevés notamment sur les réseaux sociaux via le hashtag #etilsappellentcadujournalisme. Une personne a également publié : « Ces personnes, pas ces barjos, schizos, sont des êtres en souffrance, au même titre que les personnes atteintes de cancer, ou de la maladie d’Alzheimer, vous voyez vous mettre en Une de votre journal « les cancéreux, les vieux gâteux et les autres ? » je ne pense pas ».

Nous tenons à saluer les nombreuses structures qui luttent pour faire valoir les droits des usagers issus de la psychiatrie, celles qui accompagnent, celles qui font en sorte de rendre leur vie meilleure. A titre d'exemple, le COFOR, centre de formation permet aux personnes d'apprendre à contrôler leur troubles, le Lieu de Répit fournit aux personnes sans chez soi et souffrant de trouble psychiques un lieu où se poser, les Groupes d'Entraide Mutuelle redonnent du pouvoir d'agir aux personnes en tant que citoyen à part entière, les Équipes Mobiles Psychiatrie et Précarité viennent en aide aux individus en situation d'errance. Il est aussi important de reconnaître les travailleurs et travailleuses pairs, qui ont connues un parcours psychiatrique et qui font dorénavant partis des personnels soignants et travailleurs sociaux.

Les Nomades Célestes et les associations représentantes des usagers exigent un droit de réponse en vertu de l'article 13 de la loi du 13 Juillet 1990, qui stipule que : « Le droit de réponse (…) pourra être exercé par les associations (…) lorsqu'une personne ou un groupe de personnes auront, dans un journal ou écrit périodique, fait l'objet d'imputations susceptibles de porter atteinte à leur honneur ou à leur réputation à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Ainsi, cette pétition peut-être utilisée comme document juridiquement viable afin de faire valoir ce droit de réponse et en remettant chaque terme utilisé à sa place.

  • En conclusion

Nombreux sont les outils et les valeurs considérés comme efficaces par la majorité des usagers comme :
→ La satisfaction des besoins de base
→ Le soutien de l'entourage
→ L'aide des personnes paires présentes pour véhiculer leurs savoirs sur gestion des symptômes
→ La prescription médicale basée sur une relation d'écoute du vécu
→ Le développement d'un sentiment d'utilité sociale
→ La diminution de la contrainte et de l'enfermement
→ Le développement de moyens pour financer des postes de travailleurs pairs, des logements adaptés, des ateliers destinés à favoriser le bien-être.

Tous ensemble, signons cette pétition pour plaider le respect de la dignité et de l'intégrité des personnes en souffrance psychiques. Signons cette pétition pour arrêter les stigmatisations et laissons jouir pleinement les personnes de leurs droits de citoyens.

Respectons tout simplement les valeurs de la République : Liberté, Égalité, Fraternité.



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