Pas de tablettes dans nos maternelles !

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Charte Lâche ton écran

Pas de tablettes dans nos maternelles

En 2015, un plan numérique a été lancé visant à informatiser toutes les écoles avec pour objectif à la rentrée 2018 : 1 enfant / 1 outil numérique.
Avant de généraliser la présence de cet outil, les professionnels de santé proposent d’examiner la balance bénéfices/risques, surtout pour les enfants d’âge maternelle dont le cerveau est en train de s’organiser.

Les répercussions sur les enfants ont été démontrées :

· Au niveau des apprentissages: les effets néfastes des écrans sont confirmés sur l’apparition du langage ainsi que sur le développement cognitif des enfants. Un enfant a besoin d’expérimenter et de manipuler des objets concrets pour améliorer sa connaissance du monde et des lois qui le régissent. La tablette ne permet pas cette expérimentation pourtant indispensable. Elle n’emploie que les niveaux visuels et auditifs, se passant ainsi de sens indispensables dont les humains sont constitués et dont la combinaison est essentielle pour développer au mieux les réseaux neuronaux : le toucher, le goût, l’olfaction, le sens kinesthésique (perception des déplacements des différentes parties du corps) et le sens émotionnel.
Utilisés à l’école, les études indiquent une infériorité des apprentissages numériques par rapport aux enseignements traditionnels pour lesquels un effort est nécessaire pour obtenir un engagement actif de l’apprenant et une mémorisation.
En 2015, les études PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) de l’OCDE (organisation de coopération et de développement économiques) ont mis en évidence une corrélation négative entre le temps passé devant les outils numériques et les performances scolaires (étude réalisée sur les mathématiques et la compréhension écrite).

· Au niveau de la motricité : les enfants surexposés aux écrans ne développent pas la motricité fine nécessaire à un bon graphisme. Jusqu’à 4 ans, l’enfant a besoin d’expérimenter de nombreux outils (pinceaux, pastels, crayons…) et des tracés larges dans tous les sens afin de développer sa sensorialité et les articulations engagées dans l’acte d’écriture. Progressivement, les mouvements de ses doigts se coordonnent à ceux du poignet et du bras et ce n’est qu’à 5 ans - 5 ans ½ que toutes les conditions motrices de l’écriture sont réunies. C’est pourquoi l’utilisation du stylet et d’une surface réduite telle la tablette n’apporte pas de bénéfice au jeune enfant et peut même provoquer une hypotonie des doigts (doigts mous) puisque l’enfant s’adapte à une demande qui ne correspond à son développement neurologique. De plus, la tablette supprime le bruit du tracé sur la feuille alors que celui-ci est aidant pour inscrire la forme des lettres en mémoire.
Enfin, cet outil implique une position statique assise qui est moins favorable à la mémorisation que la sollicitation de mouvements globaux.

· Au niveau comportemental: les écrans limitent les interactions sociales (manque du désir de communiquer, difficultés à établir des liens avec les camarades…).
Les écrans ont également un effet avéré et intense sur l’agitation des enfants; habitués au “zapping” ; ils ne savent plus rester concentrés sur une tâche, notamment scolaire. Ils se sentent insécurisés ce qui génère de l’agressivité et des comportements non ajustés.
La “fascination” que provoquent les écrans rend passifs et sans volonté les enfants. C'est leur attention involontaire qui est captée contrairement à l'attention volontaire (demandant des efforts) qui est nécessaire aux apprentissages. Comment donc penser que ces objets peuvent aider dans les apprentissages?
De plus il apparaît nettement une dépendance psychique (plus ou moins marquée selon le temps d’exposition). Cela se remarque par des crises comportementales parfois violentes lorsqu’on arrête les écrans. Ces phénomènes d’hyper-excitation liés à l’arrêt de la tablette ou de tout autre support numérique sont liés à une surcharge émotionnelle ; chaque minute passée devant les écrans augmentant la tension intérieure de l’enfant. La passivité anormale du corps devant les écrans génère un besoin de décharge physique souvent incontrôlé du fait de leur immaturité.

· Au niveau de la santé: Les études concernant la nocivité des ondes WIFI commencent à pointer des risques notamment pour les tissus cérébraux en maturation des plus petits, il semble dès lors indispensable d’appliquer un principe de précaution.
. Les écrans occasionnent un grand nombre de signes fonctionnels qui rentrent dans ce qu’on appelle le syndrome de la vision artificielle.
Ils peuvent être un révélateur d’anomalie visuelle de type réfractive ou fusionnelle mais aussi amplifier ces troubles. L’augmentation du nombre de cas de myopie ces dernières années reflète les risques que représente la venue massive des écrans sans règles d’utilisation.
La lumière des écrans est composée de lumière bleu-violette émise qui induit et favorise le stress oxydant (ou vieillissement de la rétine). Cette lumière est d’autant plus nocive chez les enfants que leur cristallin immature laisse davantage passer cette lumière. Les professionnels de santé en la matière recommandent une exposition maximale d’une heure par jour (seuil qu’atteignent déjà largement les enfants au sein de leur foyer)
De plus, la diminution du nombre de clignements observés face aux écrans est à l’origine de sécheresse oculaire.
Enfin, la tablette ne stimule qu’une toute petite partie du champ visuel (40°), contrairement aux expériences naturelles sollicitant 180° de champ visuel. Entraînant, ainsi, des négligences au niveau du champ visuel attentionnel qui se développe jusqu’à l’âge de 8ans.
Il est, également, important de rappeler que la maturation du système visuel de l’enfant est longue et délicate. Il existe une période sensible, en dessous de l’âge de 6ans, durant laquelle le développement des aires visuelles est soumis à une forte plasticité.

Le sommeil est également perturbé du fait de l’hyperexcitation que provoquent les écrans alors que c’est durant le sommeil que les savoirs se fixent sur le long terme et que se travaille le sentiment d’identité.

Nous remarquons, au sein de nos cabinets, que les parents sont souvent sous-informés quant aux effets réels des écrans sur le développement des enfants et quant aux précautions à prendre. Ils ne se rendent pas compte des conséquences et trouvent dans les écrans un moyen d’occuper leurs enfants, de les rendre momentanément calmes, tout en leur permettant de s’exercer sur des domaines ludiques et éducatifs.

L’Education Nationale est investie de la confiance des familles et à ce titre se doit de délivrer un message clair et cohérent.

Il est illusoire de penser :
1. que plonger le tout petit dans un bain numérique le prépare à prendre part à la société numérique qui sera la sienne à l’âge adulte et favorisera son accès à l’emploi : il faut d’abord lui permettre un développement satisfaisant et harmonieux, ce que l’exposition précoce va perturber parfois gravement.
2. qu’une exposition très limitée (15 mn par jour) à l’école, avec des contenus éducatifs va favoriser une appropriation des écrans : c’est au contraire faire naitre un désir maximal pour cet outil. Il n’en sera alors que plus dur pour les parents de les limiter.
Les conséquences de ce choix pédagogique ne seront pas uniquement individuelles. Elles risquent de générer une explosion des besoins de remédiation pour tenter d’en compenser les effets, ce dont nous n’aurons les moyens ni financiers ni humains (attente toujours plus importante chez les orthophonistes, CMPP totalement engorgés, psychologues libéraux non remboursés…).
Mettons donc d’accord tous les intervenants autour de l’enfance (professionnels de santé, Education Nationale, éducateurs, parents…) pour préserver le développement des enfants d’âge préscolaire en envoyant un message simple et cohérent aux parents et aux enfants : pas de numérique avant le CP…
La balance bénéfices / risques est totalement en défaveur des écrans pour les enfants d’âge préscolaire (avant le CP) pour les raisons exposées ci-dessus : les petits effets bénéfiques (qui sont encore à démontrer…) ne compensent pas la prise de risque majeure (qui est avérée) pour le développement. Montrons nous donc prudents et raisonnables, et préservons le développement de nos jeunes enfants au moins jusqu’au CP ! Il sera temps ensuite de procéder à une exposition raisonnée et adaptée à la maturation de l’enfant, sous la houlette éclairée de l’Education Nationale, en collaboration avec les professionnels de santé qui sont aux premières loges pour constater les effets délétères des écrans.

En tant que professionnels de la santé et de l’enfance, nous souhaitons par cette charte faire prendre conscience aux responsables et intervenants auprès des enfants qu’il n’est pas trop tard pour préserver le développement de nos enfants en évitant l’intégration des écrans en classe, surtout en maternelle.
Ainsi nous souhaitons le retrait total des tablettes et écrans en maternelle, ce programme n’apportant aucune plus-value aux apprentissages liés à la petite enfance, bien au contraire.
En signant cette charte, je souhaite que le développement des enfants soit préservé notamment en écartant les tablettes de l’enseignement pour les classes de maternelle.



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