

Pendant combien de temps, combien d’années allons-nous supporter ces images ? Allons-nous nous y habituer ? Détourner le regard ?
Au large de la Grèce, le 14 juin, un bateau surchargé transportant quelques 750 exilés, dont des dizaines d’enfants, chavire et coule en moins de 15 minutes. 104 personnes seulement ont survécu au drame.
La plupart des rescapés ont vu des membres de leur famille disparaître sous leurs yeux. Seulement un passager sur sept environ aurait survécu. Il n'y a plus aucune chance de retrouver des survivants, et peu de retrouver des corps, car le bateau a coulé en eaux profondes et assez loin des côtes.
Le bateau, bondé, du fond de cale jusqu’au pont, était pourtant signalé en détresse bien avant le drame. Un avion de l'agence européenne aux frontières, Frontex, a même survolé l’embarcation la veille. Et pourtant, pas d’intervention.
Au mépris du droit maritime international qui donne obligation de porter secours à toute personne en danger de se perdre en mer. Au mépris du droit d’asile qui garantit protection à toute personne qui fuit son pays lorsqu’il il craint pour sa vie.
C’est la catastrophe humaine en Méditerranée la plus lourde depuis 2016.
Cette tragédie aux portes de l’Europe nous renvoie au choix essentiel que nous voulons faire pour notre société : souhaitons nous rejeter, jusqu’à la mort, celles et ceux venus d’ailleurs en quête de protection, avec l’espoir d’une vie meilleure pour eux et leurs enfants ?
Je pense que les citoyens devraient être ceux qui font ce choix de société. Demandons la tenue d’une convention citoyenne sur la migration, pour que, sur les questions d’asile, de frontières, de secours en mer, notre voix puisse être entendue.
Partagez cette pétition autour de vous, une autre voie est possible !