Actualización de la peticiónImmigration : donnons enfin la parole aux citoyens !Pour que plus jamais "Saint-Brévin" ne soit possible
Vanessa K.Francia
11 may 2023

Le 25 février dernier, j’étais à Saint-Brévin-Les-Pins pour manifester mon soutien au maire Yannick Morez, à l’équipe municipale et aux Brévinois contre les menaces et attaques d’opposants à l’implantation par l’État sur la commune d’un centre d’accueil pour demandeurs d’asile. 

Nous étions présents pour faire front contre la haine et la violence d’un petit groupuscule revendiquant son affiliation à l’extrême-droite, dont la plupart des membres ne résident pas sur la commune ni alentour. Nous étions 1 200 au petit matin dans l’air froid d’une fin d’hiver sur la côte Atlantique. 1 200, pour une ville de 12 000 habitants, du jamais vu, qui avons manifesté pacifiquement notre attachement indéfectible à une société ouverte, accueillante, humaine. 

Les autres, quelques dizaines, dont certains à genoux et bras en croix sur le parvis de l’église du village pour invoquer on ne sait quel Dieu qui les protègerait d’un fantaisiste “grand remplacement” dont ils seraient menacés. Saint-Brévin accueille une centaine de chercheurs et chercheuses de refuge depuis 2016 qui n’ont, selon les mots même des élus locaux et des habitants, jamais posé problème, mais au contraire, participent à la vie du paisible village. 

Ce jour-là, ils ont démontré leur ignorance, leur courte vue, leur faiblesse et nous la solidarité, la bienveillance et l’humanisme. Nous étions 1 200. Nous étions forts ensemble, ils étaient ridicules, seuls.

Pourtant notre victoire a été abîmée par cette annonce remontant au 22 mars : Yannick Morez a subi une attaque terroriste, un incendie criminel de son domicile pendant la nuit, faisant suite à de nombreuses menaces de mort de la part d’un groupuscule de délinquants d’extrême droite. Une attaque contre sa personne mettant en danger sa vie et celle de sa famille. 

C’est la presse locale qui nous en informe, discrètement… L’édile lui-même déplore alors ne pas être entendu ni soutenu et ne recevoir aucune aide du gouvernement ou du préfet, aucune écoute ni aucune protection. Il dit publiquement qu’il se sent “abandonné”. 

Nous avons appris hier avec sidération que Yannick Morez doit se résoudre à quitter ses fonctions et même à quitter sa ville. Afin de protéger les siens et de pouvoir vivre paisiblement en retrait de ces horreurs. Nous le soutenons à nouveau sans réserve. 

La haine et la violence, attisées par les responsables politiques d’extrême droite, auront remporté une triste manche.  Mais elles ne l’ont pas remportée seule… et c’est là le plus terrifiant. En ne prenant pas clairement et sans aucune ambigüité partie pour le dialogue et l’apaisement sur les questions d’immigration, en jouant au contraire la surenchère législative dans une course à l’échalote avec ses oppositions de droite et d’extrême droite, notre gouvernement légitime la violence, la haine, la xénophobie, le nationalisme et le repli sur soi. 

Pour que Saint-Brévin ne puisse plus se reproduire en France, pour que les élus n’aient plus à craindre pour leur vie quand ils défendent la République, nous appelons à nouveau le Président de la République à engager en France un dialogue apaisé et constructif sur la migration.

Et puisqu’il n’est manifestement pas possible au sein du parlement, puisque le débat public et médiatique relève de l’hystérie sur le sujet, nous demandons que ce dialogue puisse avoir lieu dans le cadre apaisé et éclairé d’une convention citoyenne encadrée par le Conseil Économique Social et Environnemental dont c’est la mission. 

M. Macron, il est temps que vous nous donniez la parole à propos des migrations. Et nous citoyens, parlons, construisons et prouvons que nous savons vivre-ensemble dans l’écoute et le respect mutuel.

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