
Très bonne nouvelle avant-hier ! A, apprenti carrossier, a vu son OQTF annulée par le Tribunal. Il va recevoir un titre de séjour vie privée familiale. Quel soulagement pour ce jeune ! Il pourra donc poursuivre ses études après l’obtention de son CAP qu’il passe à la session de remplacement mi-septembre.
Mais pour les autres jeunes, nous sommes toujours dans l’attente. Avec de grandes inquiétudes pour D qui signe chaque jour au commissariat de Reims : son assignation à résidence se poursuit…
Et la série des OQTF continue : entre fin juin et mi juillet, ce sont 8 jeunes majeurs qui en ont été l’objet. L’un vient d’obtenir un CAP en horticulture, l’autre se forme en couture au lycée, un troisième débute un apprentissage en maçonnerie, un autre encore apprend la menuiserie et son patron est très satisfait de lui.
Ce sont des jeunes sérieux et investis qui se heurtent au refus de la préfecture de la Marne. Le motif est toujours le même : les documents d’état-civil ne correspondent pas aux critères établis par la police aux frontières. Les conséquences sont dramatiques pour ces jeunes : coup d’arrêt de la formation et de l’insertion, perte de l’hébergement, de l’accompagnement éducatif et social, du contrat jeune majeur… et les fragilités qui suivent lorsque les repères se dérobent et que la peur s’installe d’autant plus que les contrôles se multiplient dans les gares, les transports et les centres-villes.
Nous faisons les recours, cherchons des solutions de fortune pour les soutenir, invitons les jeunes plus âgés à prendre leur part dans la solidarité, mais la précarité menace, l’incompréhension et la colère demeurent. Les mairies des villages d’origine contactées ne comprennent pas nos récriminations ni les critiques concernant les documents, elles les jugent illégitimes. Et les jeunes sont pris entre le fer et l’enclume de deux systèmes administratifs qui se renvoient la balle sur leur dos.
C’est triste et révoltant !
A nouveau, nous vous remercions pour votre soutien et vous demandons de témoigner autour de vous des ravages de cette politique désastreuse mise en œuvre actuellement par le Ministère de l’Intérieur. Contre les mensonges et les amalgames, levons-nous ensemble autant que possible pour condamner cette politique du rejet et de l’exclusion. Un autre monde est possible !