Petition updateContre la radiation de la SNCF de Christophe et Mathieu
La répression syndicale exercée au sein de la SNCF tue

Catherine PialatMontreux vieux, France

Mar 11, 2017
Bonjour à tous,
Ce sont des sentiments mêlés qui me font vous écrire aujourd'hui.
Hier, un collègue de Mathieu, Edouard, lui aussi délégué SUD Rail mais à Paris Saint-Lazare, a décidé de mettre fin à ses jours en se jetant sous un train.
Mathieu m'avait parlé de lui il y a quelques temps tant la situation qu'il traversait au sein de la SNCF relevait de l'absurde. De l'absurde ahurissant, de l'absurde qui vous met en colère. Cette absurdité et cette colère sont aujourd'hui liées à une grande tristesse et un besoin, plus que jamais, de solidarité.
Au même titre que Christophe et Mathieu, Edouard faisait partie des quelques 400 cheminots victimes de répression syndicale et la dernière procédure le visant aura été engagée pour le sanctionner pour son "regard effrayant" qui faisait "peur" à la direction.
La Direction de la SNCF n'aura donc plus à supporter le "regard effrayant" d'Edouard. Osera-t-elle soutenir le regard plein de larmes de ses proches et collègues ?
Sans avoir jamais moi-même croisé le regard d'Edouard, je ne peux que penser à ceux qui l'ont entouré et qui se demanderont si cela se serait passé autrement s'ils avaient été plus présents pour le soutenir ? s'ils n'auraient pas dû/pu faire plus pour lui ?
J'espère que ceux qui se poseront peut-être ces questions arriveront à se dire qu'ils ne sont en rien responsables de ce drame et que c'est bien la SNCF qui est en cause dans ce cas comme dans bien d'autres, en généralisant le recours à des procédures abusives et en permettant à des cadres de direction d'adopter un comportement inhumain, en les couvrant en cas de problème, voire en les valorisant s'ils arrivent à casser du militant.
Je suis réellement secouée par cette disparition car elle me renvoie à la fois aux peurs que j'ai pu avoir depuis le début de la procédure engagée à l'encontre de Mathieu et aux soucis que rencontrait déjà mon père dans les années 90 en tant que représentant du personnel au sein de France Télécom.
De France Télécom à la SNCF, en passant par la Poste, les hôpitaux ou toutes les entreprises (Goodyear, Whirpool, etc…) qui ferment sans la moindre considération pour ceux qui, pourtant, font ou ont fait leur richesse : aux mêmes causes, les mêmes effets…
Je m'interroge tristement aujourd'hui sur le nombre de suicides qui seront "nécessaires" pour que la direction de la SNCF arrête de mettre en œuvre des décisions managériales qui conduisent à la mort des dizaines de salariés…
Je me demande aussi jusqu'à quand nous allons accepter que des organisations œuvrent ainsi en utilisant le phénomène de diffusion de responsabilité : un cadre qui signe une lettre de convocation, un autre qui reçoit l'agent, un troisième qui transmet les informations partielles à la hiérarchie, trois autres qui siègent en commission disciplinaire, encore un qui tranche sur la base des informations partielles qu'on lui a transmis, etc, etc…
Tant que ces dirigeants, qui participent aux procédures abusives de leur entreprise, ne seront pas personnellement inquiétés, poursuivis et surtout punis, ils continueront de croire - grâce à une bonne part de rationalisation cognitive - qu'ils ne sont pas responsables des situations qu'ils font vivre aux agents qu'ils encadrent.
Pourtant, en participant avec zèle à un système (même parfois légal…) qui broie des vies, ce sont bien eux qui devraient être sanctionnés, voire condamnés pénalement lorsqu'ils prennent partie à des pratiques ayant entraîné un suicide.
Malheureusement, en France, légalité ne rime pas toujours avec justice…
Et parfois, même si justice est rendue, le mal est fait… Cela a été le cas pour Edouard, comme pour beaucoup d'autres avant lui.
Nous n'oublions rien.
Aussi, il est plus que nécessaire que nous soyons tous solidaires et mobilisés pour que légalité et justice aillent de pair, pour que ceux qui rencontrent de telles difficultés puissent être épaulés mais aussi pour essayer d'anticiper collectivement les situations pouvant conduire à de la répression.
Le regard d'Edouard ne sera plus jamais "effrayant", regardons nous-mêmes franchement dans le fond des yeux les responsables de la terreur qu'ils souhaitent instaurer à la SNCF.
Edouard a été réduit au silence, organisons-nous pour porter l'écho militant de sa voix aussi loin que nous le pourrons.
Catherine
P.S. : Nous vous parlions du collectif "Justice et vérité pour Hocine Bouras" dans la précédente mise à jour de la pétition. Je me permets de vous laisser le lien vers un pot commun en ligne (https://www.lepotcommun.fr/pot/zsttyl4p) qui devrait permettre à la famille et aux proches de payer le pourvoi en cassation. 4000€ sont nécessaires pour que le travail de justice soit poursuivi.
Merci pour eux.
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