Grincement de dents chez les dentistes... les oubliés du COVID-19

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Monsieur le Ministre Ducarme,

En tant qu’organisme de défense d’une profession qui a dû se soumettre aux directives très contraignantes et non opposables des autorités sanitaires, la Chambre Syndicale Dentaire (C.S.D) voudrait ici relayer le mécontentement de nos praticiens, eu égard au peu de considération et de soutien dont ils bénéficient tant du point de vue logistique que financier.

Pour rappel, notre profession se trouve en première ligne quant à la contamination et l'infection croisée ; notamment au vu des contacts buccaux et salivaires directs pouvant nous exposer, aggravés lors de l’emploi de la turbine, à un air humide saturé en coronavirus.

Vu les conséquences désastreuses liées à la propagation du Covid-19 et donc par souci de sécurité sanitaire envers la population mais aussi celle de sa propre corporation, la CSD lui a demandé de suspendre les soins bucco-dentaires.

D’autre part, nous avons dû, pour combler cette déficience, mettre en œuvre, en partenariat avec d’autres associations professionnelles, un réseau de cabinets dentaires équipés afin de dispenser dans les conditions de haute sécurité, les soins dits « essentiels » ou urgents (douleurs aiguës, infections à risques vitaux, saignements).

Ce réseau MAL équipé ne permet seulement qu’à une infime partie de la profession de pouvoir encore exercer (seulement une soixantaine de cabinets pour la partie francophone du pays sur 9000 praticiens en Belgique) sans pouvoir assumer leurs charges et frais divers mensuels.

L’ Organisation Mondiale de la Santé, reconnait que les maladies bucco-dentaires ont un impact direct sur la santé générale et la qualité de vie de chaque individu et sur le développement socio-économique d'un pays ! 

A cet effet, nous voulons également lancer UNE ALERTE quant à l’approvisionnement en matériel de sécurité ; les dentistes ne sont pas du tout équipés pour assurer leurs consultations (qu’elles soient d’urgences ou « traditionnelles ») et que par conséquent, ils ne peuvent travailler et doivent également mettre leur personnel au chômage.

Il faut bien se rendre compte que la presque totalité des praticiens(nes) sont actuellement SANS ressources et que la reprise sera malheureusement très progressive. 

En effet, à moyen et long terme, la population aura, bien d’autres soucis plus urgents à régler.

Il a dès lors été très mal ressenti, par le corps médico-dentaire, d’entendre, de lire que d’autres professions allaient, dans les mêmes circonstances, percevoir une compensation financière supérieure et non justifiable dans l’absolu. 

Nous ne demandons ni reconnaissance ni considération. Nous ne comprenons simplement pas que vous n'interveniez pas directement car nous connaissons vos compétences ministérielles.

Devons-nous toutes et tous arrêter et abandonner la population pour être pris en considération ? 

Quand on mesure aujourd'hui l’investissement nécessaire pour équiper un cabinet dentaire, en toute conformité avec les normes en matière de santé publique, auquel s’ajoutent les frais généraux qui s’y rapportent, il est offusquant de devoir constater ce qui nous est attribué comme compensation financière, à savoir de 1300 à 1600 euros / mois selon notre statut familial.

Il y a manifestement deux appréciations qui manquent de discernement. 

Aussi, il vous est demandé de corriger cette appréciation à l’égard de notre profession qui, a spontanément adopté une attitude responsable face à cette pandémie, qui a apporté des solutions concrètes pour les patients en souffrance et ceci malgré une déficience des autorités publiques sur le terrain.

Nous vous demandons donc un alignement financier sur les autres professions mises à mal lors de cette crise, à savoir pour l'obtention d'une indemnité de 5000 € pour chaque praticien.

Nous vous remercions d'avance de l'attention portée à cette missive et ne doutons pas de l'issue favorable que vous allez y apporter.

Les administrateurs de la CSD