En privant les associations féministes de moyens, le gouvernement maltraite les femmes

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« En privant les associations féministes de moyens, le gouvernement maltraite les femmes »

Le Président de la République avait promis de faire de l’égalité femmes-hommes une « grande cause » de son quinquennat. Pourtant, 8 mois après son élection, nous, élu.e.s portant un engagement féministe, voyons au quotidien qu’il y a un fossé entre la communication présidentielle et la réalité de terrain. La secrétaire d’état aux droits des femmes, Marlène Schiappa, a beau se démener sur les plateaux TV, les moyens financiers et humains font défaut pour lutter avec efficacité contre les violences faites aux femmes. Pire, les associations qui mènent ce combat depuis des années sont au bord de l’asphyxie.

Or, tout le monde le reconnaît, leur rôle est central. Lorsqu’une femme, victime de violences, est accompagnée par une association, elle a 30% de chances en plus de voir la justice suivre l’affaire et que le procès ait lieu.

L’Etat demande toujours plus aux associations avec de moins en moins de moyens. Alors qu’elles étaient déjà à flux tendu avant le mouvement de libération de la parole, la situation devient aujourd’hui insoutenable ! Depuis la rentrée de septembre, le nombre de plaintes a augmenté de 30%. L’essentiel repose sur le bénévolat alors que ces associations assurent des missions de service public !

La situation est d’autant plus préoccupante que la baisse des dotations aux collectivités territoriales, qui financent des associations et notamment les associations féministes locales, impactent et vont impacter fortement la survie de ces structures. S’ajoute à ces diminutions, la suppression des contrats aidés, dispositif qui permettait l’embauche de salarié-e-s.

Enfin, la suppression de la réserve parlementaire, qui pouvait constituer un apport pour bon nombre d’associations féministes, va rendre encore plus difficile leur intervention : accompagnement des victimes, prévention, information, éducation...

Comme l’avaient déjà souligné les associations, les 13% de soi-disant augmentation du budget de Marlène Schiappa consacré aux violences sont un tour de passe-passe budgétaire, et seuls 15% des 420 millions prévus en 2018 pour l’égalité femmes-hommes (soit 66 millions d’euros) sont dédiés à la lutte contre les violences.

Le grand mouvement de libération de la parole des femmes, qui s’est exprimé ces derniers mois, doit mener à un réinvestissement massif de l’Etat, à hauteur de 5 milliards d’euros, afin d’éradiquer les violences de genre. La parole des femmes doit être entendue, prise en compte.

 

Les associations féministes jouent un rôle essentiel dans la lutte contre toutes les formes de violences patriarcales. Elles doivent être confortées dans leurs missions et recevoir les moyens financiers et humains en conséquence.

Nous ne lâcherons rien de notre engagement d’élu.e.s féministes et nous tirons la sonnette d’alarme.

Réagissons, ne laissons pas les associations féministes, débordées, asphyxiées. Exigeons qu’elles aient les moyens pour lutter véritablement, dans les quartiers, les entreprises, les espaces publics, contre les violences faites aux femmes !

 

 

Premier.e.s signataires : Laurence Cohen (Sénatrice du Val de Marne, Vice-Présidente de la délégation Droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes.), Hélène Bidard (adjointe à la maire de paris chargée de l'égalité Femmes-hommes, de la lutte contre les discriminations et des Droits Humains), Fatiha Aggoune (Vice-Présidente du Conseil Départemental du Val de Marne, en charge de l’égalité femmes-hommes), Pascale Labbé (conseillère départementale déléguée de Seine-Saint-Denis chargée de l’égalité femmes-hommes et de l’Observatoire départemental des violences faites aux femmes), Laureen Genthon (conseillère départementale des Hauts de Seine), Magali Gallais (Conseillère municipale Déléguée de la ville de Clermont-Ferrand à l'égalité F-H et aux luttes contre les discriminations), Dominique Tripet (Élue minoritaire d’Orléans chargée de mission pour l'accueil des femmes victimes de violence et leurs enfants et ancienne présidente du Planning Familial 45), Angèle Dione (élue du territoire 6 déléguée à l'égalité femmes/hommes et Maire-adjointe à Stains), Nicolas Bonnet (Conseiller de Paris et conseiller métropolitain, Président du groupe Communiste/Front de Gauche)



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