
Vaudois considéré comme un prisonnier politique
par Frédéric Nejad Toulami - Le Parlement européen s’inquiète d’une révision du code pénal en Indonésie et demande la libération d’un Valdo-Polonais condamné pour «trahison».
Dans la province de Papouasie, Jakob a rencontré des locaux.Arrêté en août 2018, le ministère public a retenu de nombreuses charges pénales contre le détenu polonais, qui résidait en Suisse depuis environ 10 ans.Militante en faveur des Droits de l'homme, son avocate l'a rencontré (ainsi que son ami également arrêté) avant le procès.Son procès s'est tenu entre janvier et mars 2019. Il devait débuter le 17 décembre 2018, mais en raison de l'absence d'un interprète, Jakob avait refusé de se rendre devant la Cour.Jakob et son avocate (à gauche) ont contesté toutes les accusations du procureur, qui réclamait 10 ans de prison, pour trafic d'armes, encouragement à la rébellion et trahison. Au final, la Cour n'a retenu que la charge de trahison, et a condamné Jakob à 5 ans de privation de liberté.Dans la cellule de Jakob, un drapeau du canton de Vaud, et des photos de sa fille de 8 ans, vivant sur l'île indonésienne de Java.Jakob posant en compagnie de sa fille métis, sur l'île de Java.
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Une résolution des députés européens, du 24 octobre 2019 à Strasbourg, se préoccupe des nouveautés prévues dans le code pénal indonésien. Des atteintes aux libertés individuelles, liées notamment à la sexualité, à la notion de blasphème et au droit à l’avortement, inquiètent et ont provoqué des manifestations sur place depuis septembre dernier.
Dans cette même résolution, «le parlement européen exprime sa préoccupation devant le cas Jakob Skrzypski, devenu un prisonnier politique en Indonésie». Son maintien en prison menacerait ses droits de l'homme et mettrait «aussi sa vie en danger». Pour mémoire, ce Polonais, résidant vaudois depuis 10 ans, a été arrêté dans la province indonésienne de Papouasie, puis condamné en mai dernier à 5 ans de prison pour «trahison» («20 minutes» du 4 juillet); il a déposé un recours. Le Parlement européen demande aux autorités indonésiennes d’autoriser son transfert en Pologne.
Quant au Ministère polonais des affaires étrangères, il a affirmé ce lundi à 20minutes.ch aborder ce dossier lors de rencontres bilatérales avec ses homologues indonésiens. «En raison de la nécessité de protéger les données personnelles et de l'absence d'autorisation personnelle de Monsieur Jakub Skrzypski, le Ministère des Affaires étrangères ne peut fournir aucune information supplémentaire sur cette affaire», a déclaré le porte-parole.
(FNT)