Обновление к петицииFéminisme ou antimalisme ?Une énigme du suffrage universel
SOS men bashing
27 нояб. 2023 г.

Le suffrage universel, quoi de plus familier, quoi de plus simple ? Qui, aujourd’hui, n’est pas convaincu de savoir ce qu'est le suffrage universel? Pourtant, celui qui a la curiosité de consulter les ouvrages qui le définissent (les manuels scolaires, les manuels d'instruction civique, les dictionnaires, les encyclopédies, etc.) ne manquera pas de faire la constatation que ces ouvrages ne proposent pas tous la même définition du suffrage universel.


Wikipédia
Certaines des définitions proposées par les ouvrages édifiants, par exemple la fameuse encyclopédie en ligne Wikipédia, suggèrent qu'un suffrage est universel lorsque la loi électorale attribue le droit de vote  à tous les nationaux ayant atteint la majorité électorale légale.
« Le suffrage universel consiste dans la reconnaissance du droit de vote à l'ensemble des citoyens. Il est défini par opposition aux suffrages restreints (particulièrement le suffrage censitaire et le suffrage capacitaire) qui réservent le droit de vote à certains citoyens. »
Cette définition laisse de côté la question de savoir ce que nous devons entendre exactement par le terme « citoyen ». Le citoyen est-il un simple national, c'est-à-dire un individu qui a la nationalité de l'État sans plus ? Ou est-il un national à qui la loi électorale confère le droit de vote ? 
Si la seconde interprétation est la bonne, la définition proposée par l'encyclopédie en ligne Wikipédia revient à dire que le suffrage universel consiste dans la reconnaissance du droit de vote à l'ensemble des citoyens qui ont le droit de vote. 


Le Petit Larousse en couleurs
Le Petit Larousse en couleurs propose une définition du suffrage universel incompatible avec la définition proposée par l'encyclopédie Wikipédia. Alors que, selon Wikipédia, le suffrage universel s'oppose aux suffrages restreints (le suffrage censitaire, le suffrage capacitaire), le Petit Larousse le défrinit  comme un suffrage attribué uniquement aux citoyens qui remplissent une condition restrictive : posséder la capacité politique. Autrement dit, pour le Petit Larousse, le suffrage universel ne s'oppose pas aux suffrages restreints. Il est lui-même une forme de suffrage restreint.
« Suffrage universel : système dans lequel le corps électoral est constitué par tous les citoyens qui ont la capacité politique. »
Si la définition proposée par le Petit Larousse (en couleurs) est correcte, l'assemblée constituante de 1789 à 1791 a institué le suffrage universel. Elle a, en effet, réservé le droit de vote aux citoyens actifs, seuls citoyens à posséder la capacité politique. 

Le Petit Robert
Comme le Petit Larousse en couleurs, le dictionnaire Petit Robert considère le suffrage universel comme une forme particulière de suffrage restreint, mais le définit d'une manière différente. La définition qu'il propose repose sur la distinction de deux catégories de restrictions au droit de suffrage. 
La première est celle des conditions restrictives qui, si la loi électorale les impose,  interdisent de qualifier une forme de suffrage de suffrage universel. Ces conditions sont les conditions de fortune, de capacité, d'hérédité. Comme ces conditions, lorsqu'elles existent, interdisent de qualifier un suffrage de suffrage universel, nous dirons qu'elles sont dirimantes. 
La seconde catégorie de conditions restrictives est celle des conditions qui, si la loi électorale les impose,  n'empêchent pas un suffrage restreint d'être qualifié de suffrage universel. Ces conditions sont les conditions d'âge, de sexe et d'indignité. Comme, contrairement aux précédentes, elles n'interdisent pas de qualifier une forme de suffrage de suffrage universel, elles ne sont pas dirimantes. 


« Suffrage universel, dans lequel l'électorat n'est pas restreint par des conditions de fortune, de capacité, d'hérédité, mais qui peut cependant comporter des exclusions d'âge, de sexe, d'indignité. »


Sur quoi repose la distinction entre conditions dirimantes et conditions non dirimantes ? Existe-t-il un critère qui permettrait de dire qu'une condition restrictive au droit de suffrage est dirimante et qu'une autre ne l'est pas ? Pour quelle raison la condition d'hérédité est-elle dirimante alors que la condtion d'indignité ne l'est pas ? Qu'en est-il des conditions qui ne sont pas citées dans la définition, comme la condition de domicile? Si la loi électorale impose une condition de domicile, le suffrage pourra-t-il ou non être encore qualifié de suffrage universel ?


La constatation
S'il existe de multiples définitions du suffrage universel, comme nous venons de le voir (nous aurions pu allonger la liste), c'est parce qu'il n'en existe aucune qui soit satisfaisante. Si une bonne définition du suffrage universel existait, elle éclipserait les définitions médiocres proposées par les ouvrages édifiants (les manuels scolaires, les manuels d'instruction civique, les dictionnaires, les encyclopédies, etc.,).  Elle serait unique. 
Ces remarques au sujet des définitions du suffrage universel proposées par les ouvrages édifiants nous amènent à faire une constatation : certains termes d'une langue –  la langue française dans notre cas – sont plus délicats à définir que d'autres.
Un grand nombre de mots – la plupart en fait – peuvent être définis sans difficultés particulières : chat, chien, pain, sel, arbre, mammifère… 
Quelques termes, cependant, se montrent rebelles à leur définition. C'est le cas du suffrage universel comme nous venons de le voir, mais c'est aussi le cas du mot "démocratie", comme le philosophe français Émile Chartier, dit Alain, l'avoue avec  dépit dans ses "Propos sur les pouvoirs" :


" Je connais un certain nombre de bons esprits qui essaient de définir la démocratie. J’y ai travaillé souvent et sans arriver à dire autre chose que des pauvretés qui bien plus ne résistent pas à une sévère critique. (...)

 Même le suffrage universel ne définit point la Démocratie. Quand le pape, infaillible et irresponsable, serait élu au suffrage universel, l'Église ne serait pas démocratique par cela seul. Un tyran peut être élu au suffrage universel et n'être pas moins un tyran pour cela. "
Alain, Propos sur les pouvoirs, p. 213-214.

Conclusion
Il nous faut en tirer la conclusion que, si certains termes comme suffrage universel, démocratie et d'autres peut-être sont délicats et peut-être  impossibles, à définir, c'est parce qu'ils présentent une particularité, particularité par laquelle ils se distinguent des termes ordinaires.
Quelle est la nature de cette particularité ? En quoi consiste-t-elle ? C'est une énigme du terme "suffrage universel".

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