Les soutiens de la politique gouvernementale de 'vaccination' par la contrainte se disent gênés lorsque ceux qui estiment que c'est à eux, non à l’État, de décider de leur corps, comparent les lois d'exclusion à leur encontre aux lois raciales adoptées par la France en 1940. Dans leur idée, gênés est un doux euphémisme. Ils ne sont pas simplement gênés, ils sont choqués, outrés, indignés, en colère. Ils sont indignés que des connards (c'est le genre de terme qu'ils emploient. C'est le cas, pour ne citer que lui, du journaliste Thierry Moreau dans l'émission de divertissement de Cyril Hanouna, « Touche pas à mon poste ».) osent rapprocher le suprême bien — sauver des vies — du mal absolu, la politique de la France de 1940 à 1945. C'est une honte !
Qu'ils soient 'gênés', comme ils disent, je veux bien le croire. Mais cette 'gêne' n'est pas un argument contre le rapprochement entre les effets des lois antisémites de 1940 et les effets des pass 'sanitaire' et 'vaccinal', mais un argument en faveur de ce rapprochement. Ce que ces gens ne comprennent pas, c'est que leur 'gêne' est précisément la raison d'être de ce rapprochement. Elle est ce qui le justifie et l'explique.
Selon ces gens, ce rapprochement est absurde. Il n'a pas lieu d'être. Admettons, pour aller dans leur sens, que la politique de vaccination forcée est le suprême bien, qu'elle n'est faite que dans l'intérêt de 'protéger', de 'sauver-des-vies’ ; admettons que les récalcitrants qui refusent le bien commun sont des irresponsables qui mettent la vie d'autrui en danger. Admettons qu'ils encombrent les lits d'hôpitaux et contraignent à reporter des opérations urgentes (tout le monde sait bien que patients en réanimation sont 'majoritairement' des récalcitrants). Bref, les 'récalcitrants' sont des criminels, des assassins. Admettons tout cela. Il n'en reste pas moins que les non vaccinés ne peuvent pas accéder aux théâtres, aux cinémas, aux musées, de la même manière que les théâtres, les cinémas étaient interdits aux Juifs en vertu des lois adoptées par le gouvernement français en 1940. Il n'en reste pas moins que les non vaccinés sont interdits de certaines professions pour lesquelles la vaccination est obligatoire (les soignants et d'autres encore) de la même manière que les Juifs ont fait l'objet d'interdictions professionnelles de 1940 à 1945. Pas les mêmes professions, par pour les mêmes raisons, mais exclus de certaines professions tout de même. Il n'en reste pas moins, par conséquent, qu'il existe une similitude et que, par suite, un rapprochement est possible.
Admettons encore, toujours pour aller dans le sens des zélateurs de la 'vaccination' par la contrainte que les motivations des lois d'exclusion de 1940 et de celles de 2022 sont diamétralement opposées. Le bien absolu dans un cas, le mal absolu dans l'autre. Il n'en reste pas moins que les effets, les conséquences, l'aboutissement de ces lois présentent des similitudes incontestables. C'est précisément ce point précis qui 'gêne' (choque, indigne, révulse) les activistes des lois d'exclusion. Ils veulent à tout prix, à toute force, que les lois d'exclusion du gouvernement français de 2022 soient justifiées par le bien absolu. Et voilà qu'on leur met sous le nez une similitude qu'il leur est impossible de nier avec d'autres lois d'exclusion stigmatisées comme le mal absolu. On comprend que ces gens, qui se veulent des parangons de la science, de la médecine, du progrès, de la justice se sentent offensés. Ce rapprochement leur renvoie une image d'eux-mêmes qu'ils ne veulent pas voir. De leur point de vue, le rapprochement entre les effets des lois antisémites de 1940 et ceux des pass 'sanitaire' et 'vaccinal' ne doit pas être fait parce est absurde. En réalité, sans qu’ils le soupçonnent, il ne doit pas être fait parce qu'il leur renvoie d'eux-mêmes une image qui dérange leur contentement d’eux-mêmes. Chacun, bien sûr, a le droit d'argumenter librement, à condition toutefois de ne pas utiliser des arguments qui mettent en question leur cercle de la raison, leur probité intellectuelle, leur altruisme, leur générosité, leur désintéressement, leur passion du bien commun. Comme c'est ce que le rapprochement entre les effets des lois antisémites de 1940 et ceux des pass 'sanitaire' et 'vaccinal' fait, ce rapprochement est inacceptable.
Comme il leur est impossible de nier que les non vaccinés ne peuvent pas accéder aux théâtres, aux cinémas, aux musées, de la même manière que les Juifs ne pouvaient y accéder de 1940 à 1945, comme il leur est impossible de nier que les non vaccinés sont interdits de certaines professions de la même manière que les Juifs étaient exclus de certaines professions de 1940 à 1945, comme il leur est impossible de nier, en définitive, des similitudes entre les lois d'exclusion de 1940 et celles de 2022, ils s'indignent que l'on rapproche la situation actuelle du pays de la période sombre de l’occupation étrangère. Bien sûr, la situation n'est pas la même. Mais faire un rapprochement n'est pas dire qu'il y a identité. Ce n'est pas parce que la similitude n'est pas totale qu'elle n'existe pas. A les entendre, nous devrions nous abstenir de tout rapprochement parce que les non vaccinés ne sont pas emmenés en Allemagne dans des wagons à bestiaux : « Quand vous serez déportés, vous pourrez parler. Mais jusque-là, taisez-vous. » Il est vrai, effectivement, que les non vaccinés ne sont pas déportés vers des camps d'extermination. Je m'en félicite. Mais je n'admets pas qu'on prétende nous faire taire au motif que nous ne sommes pas déportés vers des camps de la mort.
L'indignation vertueuse des activistes de la 'vaccination' imposée a pour finalité d'inverser le blâme. Ils blâment ceux qui avancent un argument correct parce que cet argument les blâme en les montrant sous un jour qu'ils ne veulent pas voir. Les voleurs crient au voleur.
