Aucune société ne peut permettre aux individus d'exprimer leurs opinions sans contrôle. Les paroles et les écrits peuvent causer un préjudice à autrui. Ils peuvent porter atteinte à leur honneur, à leur dignité, à leur réputation, à leur vie privée. C'est la raison pour laquelle tous les États du monde, y compris les États libéraux, instituent un système étatique de contrôle d'expression. Ce système comprend un ensemble de textes, les lois pénales, qui définissent les opinions qu'il est interdit d'exprimer. Conformément au principe de la légalité des délits et des peines, les lois pénales prévoient également les peines applicables à chaque expression d’une opinion illégale. La surveillance de la presse, de l'édition, du cinéma et du spectacle vivant permettent de repérer les infractions à la loi. Lorsqu'une infraction à la loi est relevée, les tribunaux examinent la conformité des opinions incriminées aux normes d'expression posées par les lois pénales et infligent les peines qu’elles prévoient aux coupables s'ils jugent que les opinions émises ne sont conformes aux normes d'expression en vigueur.
Le contrôle d'expression étatique, s’il est indispensable, n'est toutefois pas suffisant. La répression des opinions illégales par des voies de droit est lente et lourde. C’est pourquoi un contrôle d'expression plus efficace parce que plus rapide est indispensable.
Un autre inconvénient du contrôle d'expression étatique est qu'il ne peut frapper en principe que les opinions dont la répression est prévue par un texte. Or, il est fréquent que des ennemis du genre humain (Éric Zemmour, Dieudonné, Alain Soral et bien d'autres encore) expriment des opinions qui ne tombent pas sous le coup d'un texte mais qui s’opposent néanmoins à la marche vers une société de progrès, plus humaine et plus juste . C’est pourquoi le contrôle d'expression étatique doit impérativement être complété et renforcé par un mode de contrôle complémentaire, le contrôle d'expression citoyen.
Le citoyen est un Être de Lumière :
« Si le citoyen est un homme de mémoire et d’action, il est aussi un homme de savoir, qui réfléchit et agit en connaissance de cause. L’accès à la science, à la culture et à l’information est le garant d’une société de progrès, plus humaine et plus juste, édifiée par des hommes enfin sortis de leur minorité. N’est-ce pas là la marque du siècle des Lumières, caractérisé par un formidable appétit de connaissance porteur d’espérance ? Dès lors peut naître et s’amplifier l’opinion publique, engagée dans la construction d’un monde meilleur.» Sophie Hasquenoph, Initiation à la citoyenneté de l’Antiquité à nos jours.
« L’égalité dans l’instruction doit permettre de parvenir à une égalité dans les lumières et dans l’intérêt de tous pour les intérêts politiques communs. Pour Condorcet, c’est cet intérêt suscité par les Lumières qui fonde la véritable égalité politique.» Guillaume Bernard et Frédéric Monera, professeurs de Droit public
« L’apprentissage de la citoyenneté passe par l’école qui a pour charge de répandre l’instruction, qui n’est autre que la liberté acquise par le savoir » Hippolyte Carnot, ministre de l’instruction de la IIe république.
« Il n’y a pas de démocratie forte sans des citoyens éclairés sur la marche de leur Cité. » Laurent Mauduit, pilier de la démocratie.
Par son apprentissage de la Citoyenneté, sa Réflexion, ses Lumières, sa Culture, son accès à l’Information, le citoyen sait ce qui est Bon et Juste. Il est apte à juger des opinions malfaisantes dont il doit empêcher l'expression. Comme il est seul juge, comme il juge sans appel, comme il est en même temps celui qui qualifie les faits, prononce la peine et l'exécute, l'avantage majeur du contrôle d'expression citoyen par rapport au contrôle d'expression étatique est sa rapidité. Le contrôle d’expression citoyen permet de plus de frapper des opinions qui ne pourraient pas être sanctionnées par des voies de droit. Le citoyen pourra ainsi légitimement perturber une réunion autorisée pour l'empêcher de se tenir ou lacérer les affiches d'un candidat nauséabond à une élection municipale, législative ou présidentielle ou encore arracher ou recouvrir de peinture des affiches sexistes ou misogynes. Ainsi, le citoyen éclairé sur la marche de la Cité est un maillon fort de la chaîne du contrôle d'expression.
