Petition updateFéminisme ou antimalisme ?Manipulation mentale
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22 Oct 2020

L’un des procédés de manipulation mentale utilisé par le pouvoir intellectuel capitaliste (ce n’est pas le seul, il y en a beaucoup d’autres) est l’utilisation de pronoms personnels singuliers définis, particulièrement « la », plutôt que de pronoms personnels définis pluriels (les) ou de pronoms personnels indéfinis (un, une) : la justice, la liberté, l’égalité, la démocratie, la république.

L’utilisation de pronoms personnels singuliers définis suggère et implique l’idée de concepts unitaires, alors que l’utilisation de pronoms personnels indéfinis ou pluriels suggère l’absence d’unité.

Les démocraties ou une démocratie suggèrerait l’absence d’unité de la démocratie. L’idée de concept unitaire, à son tour, suggère l’indépendance de la démocratie par rapport à un mode de production particulier : l’esclavage, le servage, le capitalisme. Lisez les définitions de la démocratie (il y en a beaucoup) avec l’observation que je viens de faire en tête, et vous ferez la remarque qu’elles définissent la démocratie sans faire référence à quelque mode de production que ce soit. Par exemple :

« Démocratie : régime politique dans lequel le peuple exerce sa souveraineté lui-même, sans l’intermédiaire d’un organe représentatif (démocratie directe) ou par représentants interposés (démocratie représentative). » (Petit Larousse)

Ainsi la démocratie « directe » est définie sans aucune référence à l’esclavage, et la démocratie « représentative » est définie sans aucune référence au capitalisme. La démocratie moderne (« représentative ») n’est pas définie comme l’une des formes possibles de gouvernement en régime capitaliste (d’autres formes de gouvernement capitaliste sont le fascisme et le nazisme).

Comme la démocratie est définie comme un concept unitaire (la souveraineté du peuple) même s’il est finalement divisé en deux sous groupes (la démocratie « directe » et la démocratie « représentative »), cela accrédite l’idée que la démocratie serait fondée sur des principes, les principes démocratiques, et plus particulièrement sur un principe fondamental, la souveraineté du peuple.

En réalité, la démocratie ne repose sur aucun principe. La souveraineté du peuple est une fumisterie et une imposture. Les démocraties reposent en réalité sur un mode de production déterminé : l’esclavage, le capitalisme, l’économie collectivisée (l’économie d’État). De la sorte, il y a fondamentalement trois sortes de démocraties : la démocratie esclavagiste (la démocratie antique, dite « directe »), la démocratie capitaliste (dite « représentative », également appelée libérale). Et enfin la démocratie collectiviste (les anciennes démocraties populaires de l’Europe orientale).

Je vous ai dit que la démocratie est toujours définie sans faire référence à un mode de production particulier. Ce n’est pas tout à fait vrai. Poursuivons notre lecture du Petit Larousse :

« Démocratie populaire : régime politique inspiré du marxisme léninisme fondé sur la toute puissance d’un parti et sur l’économie d’État. »

Bigre ! Quel changement de ton... Ici, plus question de « souveraineté du peuple », directe ou indirecte. Plus question de « représentants », mais un parti « tout puissant » (donc totalitaire). Autrement dit, pour faire court, la démocratie populaire est un régime totalitaire. De toute évidence, le Petit Larousse a quelque chose contre la démocratie lorsqu’elle est « populaire ». S’il était plus franc du collier, il définirait ainsi la démocratie populaire : « Démocratie populaire : régime politique totalitaire inspiré du marxisme léninisme qui se pare abusivement de l’appellation de démocratie.».

Mais le plus intéressant est dans la suite. La démocratie populaire est un régime politique fondé sur l’économie d’État. Ce rapport entre l’appellation de démocratie et le mode de production que les définitions de la démocratie occultent apparaît dans la définition de la démocratie populaire. Et, s’il y a un rapport entre l’économie d’État et la démocratie populaire, il y a nécessairement un rapport entre la démocratie occidentale (« représentative », libérale, chrétienne ou tout ce que vous voudrez) et le régime capitaliste. Car, si l’économie n’était pas capitaliste (« libérale »), elle ne pourrait pas non plus être esclavagiste. Il ne resterait plus que l’économie d’État. La démocratie « représentative » serait alors « inspirée du marxisme-léninisme », donc non démocratique.

Ce qui n’est pas dit dans les définitions de la démocratie ressort néanmoins de la définition de la démocratie populaire. Une des caractéristiques de la démocratie « représentative », c’est qu’elle n’est pas fondée sur l’économie d’État. La démocratie peut être fondée indifféremment sur l’esclavage ou sur le capitalisme mais jamais sur l’économie d’État.

Nous voyons que le capitalisme est une condition de la démocratie « représentative ». Sans capitalisme, pas de démocratie « représentative ». C’est précisément ce que le pouvoir intellectuel capitaliste s’efforce de dissimuler en ne mentionnant pas ce critère fondamental de la démocratie « représentative ».

Pour définir complétement la démocratie « représentative » il faudrait la définir comme un régime politique inspiré des doctrines politiques libérales et fondé sur une économie de marché dans lequel le peuple exerce « sa souveraineté » (une prétendue souveraineté) par représentants interposés.

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Les sociétés occidentales sont les héritières de vingt-cinq siècles de malhonnêteté intellectuelle. C’est dire si elles ont de qui tenir.

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