
« Le machisme tue tous les jours ! » dit la banderole. Mais s’il est vrai que 107 femmes « seulement » ont été tuées par leur compagnon en 2018, nous sommes contraints d’en conclure que les années féministes sont tout sauf bissextiles.
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Et oui il faut en finir avec cette société patriarchale. Trop de guerres, de sexe violes, de pédophilie, de morts, de cruautés etc...Renversons le pouvoir pour la paix l’égalité et amour des uns des autres. Nous les femmes sommes des mères vous êtes tous nos enfants ... on ne va pas tuer nos enfants...vous si! Renversons le système par les femmes pour un vrai anti système sinon tjrs et tjrs des guerres, d’égoïsme et le pouvoir pour l’orgueil.
Veronica RADOUX
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Le consentement ou la valise
Le problème fondamental que Rousseau se propose de résoudre dans « Du contrat social » est celui de la légitimité de l’autorité. À quelles conditions des hommes ont-ils le droit de commander à d’autres hommes ? À quelles conditions une autorité est-elle légitime ? À quelles conditions les hommes obéissent-ils par devoir et non par obligation ?
La réponse de Rousseau est sans appel : il n’existe qu’une seule source d’autorité légitime parmi les hommes, l’autorité librement acceptée. En dehors des conventions librement acceptées, pas de salut, pas d’autorité légitime :
« Puisque aucun homme n’a d’autorité naturelle sur ses semblables et puisque la force ne produit aucun droit, restent donc les conventions pour base de toute autorité légitime parmi les hommes. » L I, chap. 4.
Mais pour qu’une convention soit la base d’une autorité légitime, encore faut-il qu’elle soit acceptée par tous les individus qu’elle obligera parce que, les hommes étant nés libres, aucun d’eux ne peut être obligé sans son consentement.
« L’acte d’association est l’acte du monde le plus volontaire ; tout homme étant né libre et maître de lui-même, nul ne peut, sous quelque prétexte que ce puisse être, l’assujettir sans son aveu. Décider que le fils d’une esclave naît esclave, c’est décider qu’il ne naît pas homme. » L IV, chap. 2.
Cependant, comme chacun l’imagine, il est à peu près impossible d’obtenir l’unanimité dans une assemblée nombreuse. C’est pourquoi Rousseau considère la possibilité qu’il s’y trouve des individus méfiants ou individualistes qui refuseront d’accepter le pacte si avantageux proposé par Rousseau : « mettre sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale. »
« Si lors du pacte social, il s’y trouve des opposants, leur opposition n’invalide pas le contrat, elle empêche seulement qu’ils n’y soient compris : ce sont des étrangers parmi les citoyens » L IV, chap. 2.
Faisons en premier lieu la remarque que le terme « opposant » n’est pas celui qui convient le mieux. Ceux qui ne consentent pas à mettre leur personne et toute leur puissance sous la suprême direction de la volonté générale ne s’opposent pas au pacte, ils ne font que refuser d’en être. Ils sont des non consentants, non des opposants. Refuser d’adhérer au pacte n’est pas s’y opposer. Mais du point de vue de Rousseau, qui n’est pas pour le pacte est contre le pacte : « Qui n’est pas avec nous est contre nous. »
L’affirmation que les non consentants ne seront pas compris dans le pacte est rassurante. N’étant pas compris dans le pacte, ils ne lui seront pas soumis. De la sorte, ils ne seront pas assujettis sans leur aveu. Mais, est-il vrai que les non consentants ne seront pas compris dans le pacte ? Rousseau a beau nous jurer qu’il en sera ainsi, ils y seront tout de même compris d’une certaine manière par la force des choses s’ils résident sur un territoire sur lequel s’exerce l’autorité de l’État. Il importe en effet de faire la différence entre une association de collectionneurs de timbres et un État. Si vous me dites que les individus qui n’ont pas accepté les statuts de l’Amicale philatélique des Gobelins n’en seront pas membres, je n’y vois aucun problème. Mais l’État n’est ni une association de collectionneurs de timbres ni une entreprise commerciale telle qu’une société par actions ou analogue. De la sorte, les non consentants seront tout de même compris dans le pacte d’une certaine manière. Ils ne seront pas compris dans le pacte (ils seront des étrangers) tout en étant compris dans le pacte (ils seront parmi les citoyens).
Mais que signifie exactement « être étranger parmi les citoyens » ? Cela signifie-t-il qu’ils seront traités en ilotes comme à Sparte ? Cela signifie-t-il qu’ils seront parqués dans des bantoustans ? Cela signifie-t-il qu’ils seront expulsés du territoire ? Cela signifie-t-il qu’on procédera à un nettoyage « consentementuel » (le nettoyage des réfractaires au contrat) ?
La phrase qui suit semble apporter la réponse : après l’institution de l’État, le consentement est dans la résidence.
« Quand l’État est institué, le consentement est dans la résidence ; habiter le territoire, c’est se soumettre à la souveraineté. » L IV, chap. 2.
Voilà qui semble répondre à toutes nos questions. Ceux refuseront d’être compris dans le pacte feront leurs valises. Mais ceux qui resteront y seront compris comme s’ils avaient consenti. Ainsi, l’affirmation que le consentement est dans la résidence contredit l’affirmation qu’aucun des non consentants ne sera compris dans le pacte. Ils n’y seront pas compris s’ils prennent le chemin de l’exil. Mais s’ils restent sur le territoire, ils y seront compris. En déduisant le consentement de la résidence, Rousseau a crée une unanimité sans unanimité.
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Culte de la personnalité
« Peu d’œuvre ont a ce point marqué l’histoire de la littérature politique. On ne conteste guère que le Contrat social figure parmi les textes majeurs en ce domaine. Il supporte la comparaison avec la République de Platon, la Politique d’Aristote, le Léviathan de Hobbes, l’Esprit des lois de Montesquieu, pour ne citer que quelques uns de ses prédécesseurs. » Jean-Marie Fataud, Secrétaire général de l’Institut des Etudes françaises à Sarrebruck et M.-C. Bartholy, Agrégée de philosophie.