Le but du féminisme -- qui oserait en douter -- est bien évidemment l’égalité. Cette revendication n’est-elle pas légitime ? Demander l’égalité, est-ce trop demander ? Autrefois, le père était le chef de famille. La femme mariée ne pouvait travailler ou ouvrir un compte bancaire sans son autorisation. N’est-ce pas une bonne chose que tout cela ait changé et que les deux partenaires aient aujourd’hui les mêmes droits ? Sans doute, mais si nous observons une affiche de la mairie de Paris – grande féministe devant l’Éternel tout puissant – pour la promotion du sport en famille, nous ne voyons qu’une femme et son enfant (le sien, pas celui du père) avec cette phrase. « Maintenant le sport, c’est avec maman ». Bien évidemment, les hommes ne sont pas exclus du sport en famille. Il ne manquerait plus que cela ! Le féminisme, c’est l’égalité tout de même. En effet, nous pouvons lire au bas de l’affiche : « Avec Paris sport famille, profitez de créneaux dédiés aux parents et aux enfants dans plus de 20 équipements municipaux ». N’est-il pas évident que le mot « parents », au pluriel, inclut le père ? Qui oserait prétendre après cela que les hommes, comme le clitoris, ont étés oubliés ? Certes, mais il n’empêche que l’affiche représente uniquement une femme avec ce slogan : « Le sport, c’est avec maman ». Pour se créer un alibi, les organisations féministes réservent toujours un strapontin aux hommes. Ils sont toujours présents, mais derrière la femme, à l’arrière plan, en petits caractères comme les clauses restrictives d’un contrat d’assurance. Aujourd’hui, la famille c’est maman.
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Si les principes démocratiques existent, pourquoi ne les applique-t-on pas ?
Les obscurantistes (intellectuels, universitaires, chercheurs, journalistes, coureurs de postes électifs) s’évertuent, avec un succès impressionnant, il faut bien le reconnaître, à faire croire à l’existence de principes démocratiques qui permettraient la solution pacifique des conflits de pouvoir dans la société. Mais si ces principes existent, pourquoi ne les applique-t-on pas en Irlande du nord pour résoudre le conflit entre Irlandais catholiques et protestants anglais ? S’agissant des pays africains ou arabes, la technique d’esquive est rodée : ils n’ont pas fait « l’apprentissage » de la démocratie. Forcément, pour appliquer les principes en question, il faut de l’entraînement. Mais que dire lorsqu’il s’agit d’une vieille nation occidentale comme la Grande Bretagne ? Dira-t-on qu’elle n’a pas fait un apprentissage suffisant de la démocratie ? En vérité, la raison pour laquelle on n’applique pas « les principes démocratiques » en Irlande du nord, c’est tout simplement qu’ils n’existent pas. Ils ne sont que du vent. Une nation ne peut interpréter le rôle de démocratie sous les yeux énamourés du public que s’il n’existe aucun conflit grave, sérieux, profond. Les principes démocratiques ne peuvent résoudre que les crises qui n’existent pas. La dénomination de démocratie flotte sur une mer d’huile, elle sombre quand la mer est agitée.
