
L’alternative libertaire : « Mon corps, mes choix » ; « Avortement libre, gratuit, accessible » ; « Antipatriarcat » ; « Women of the world unite ! »
« Prolétaires de tous pays, unissez-vous », disait Marx. Mais, comme le Beaujolais, le prolétaire nouveau est arrivé. Et le prolétaire nouveau, c’est la femme.
De vrais rebelles, ces anarchistes. Il ne leur manque que #Metoo et #balancetonporc. Pourtant, il me semble avoir déjà entendu ces slogans quelque part. L’alternative libertaire ne serait-elle pas plutôt une autoroute encombrée ?
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Deux caractères du droit naturel
Le droit naturel peut être défini négativement par deux caractères principaux. Premier caractère : le droit naturel n'est pas un droit. Deuxième caractère : le droit naturel n'est pas d'origine naturelle. Comme ces deux caractères négatifs ne nous disent pas ce qu'il est, nous pourrions dire qu'il est un préjugé, une superstition, une croyance. Cette croyance est de nature religieuse parce que, comme les religions, elle est d'origine humaine. Ainsi, le droit naturel peut être défini comme une croyance de nature religieuse et d'origine humaine.
Certains professeurs de droit, mal à l'aise avec la notion de droit naturel, prennent quelque peu leurs des distances avec elle. Cependant, parce qu'ils sont dévoués au service de l'État, ils ne peuvent pas se permettre de dire les choses sans détour. Ou, ce qui est aussi possible, peut-être ne les comprennent-ils pas nettement.
"De tout temps, juristes, philosophes, écrivains, dramaturges ont soutenu que telle loi, telle règle de droit était injuste en ce qu'elle allait à l'encontre de certains préceptes de justice idéale supérieurs au droit en vigueur. On eut recours à l'idée de "droit naturel". Ce droit, en tant qu'expression de principes supérieurs permet la critique des lois "injustes".
"Mais la théorie du droit naturel se heurte à de nombreuses difficultés. Quel est ce droit idéal, ce droit supérieur et nécessairement juste ? Comment le connaître ? À supposer même connu – pure hypothèse d'école – le contenu du droit naturel, que décider si ce droit se trouve contraire au droit positif ? Le juge pourrait-il refuser d'appliquer une règle de droit positif au motif qu'elle est contraire au droit naturel ? L'idée de droit est inséparable de l'idée de sanctions. Or, en matière de droit naturel, aucune sanction efficace n'est concevable.
"Nous laisserons donc de côté ce problème du droit naturel qui regarde plus la philosophie que le droit. Seul nous retiendra le droit positif." Boris Starck, Droit civil, Introduction.
Nous le constatons, Boris Starck refuse de prendre nettement position. Il botte en touche en renvoyant la réponse aux « nombreuses difficultés » posées par le « droit naturel » à la « philosophie du droit ». Il traite le droit naturel respectueusement comme une question « complexe » qui pose « de nombreuses difficultés », mais laisse entendre que la philosophie du droit répond à ces difficultés. Ainsi, les élèves seront persuadés que la solution des « nombreuses difficultés » posées par le "droit naturel" existe, mais ailleurs, voilà tout. Un ailleurs dont ils ne se préoccuperont jamais. La seule chose qui importe pour eux, c'est de savoir que cet ailleurs existe et qu’ils pourraient s’y rendre s’ils le voulaient. Il leur suffirait pour cela de prendre un taxi.
La vérité, c’est que cet "ailleurs" n’existe nulle part. Car les traités de philosophie du droit ne résolvent aucune question, ils se bornent à les embrouiller. La philosophie du droit, pour dire poliment les choses, est un sac à merde.