Clémentine Autain, dans son livre « Les machos expliqués à mon frère. » explique la vie à Alban, son frère à la mode de Bretagne qui joue le rôle du bêta candide pour permettre à Madame de briller par sa science : « C’est quoi les comportements machos de nos jours ? » ; « C’est quoi le patriarcat ? » ; « Comment lutter contre la norme qui s’impose aux filles avec leurs poupées et leurs dînettes ? » ; « Est-ce qu’un homme peut être féministe ? ». En couverture, un stéréotype de genre bien gras, celui des tâches ménagères. Elle représente, au premier plan, un thénardier qui lit tranquillement son journal pendant que, derrière lui, une cosette, avec un balai brosse et un seau d’eau sale récure le carrelage souillé par le pouvoir mâle. Pourquoi faire original quand on peut faire éculé ?
En 2016, sur France Inter, la journaliste, comédienne, présentatrice, etc. Noémie de Lattre explique à François Hollande la bonne manière de se comporter avec les femmes.
« J'ai compris, il faut prendre les choses en main. On a toutes plus ou moins subi, avant-hier, à l'occasion de la journée du droit des femmes, les gens qui confondent avec la Saint-Valentin et qui vous offrent des fleurs quand c'est pas la main aux fesses, avec la fête des mères et qui vous offrent des colliers de nouilles quand c'est pas des produits ménagers et ceux qui confondent avec d'autres journées qui n'ont rien à voir comme celle de la saucisse, du tuning ou du jocari. C'est triste, c'est sûr mais c'est pas enrageant quand c'est un voisin ou un vieil oncle un peu con qui n'a pas compris que c'est la journée des femmes n’est pas la fête à la femme, c'est chiant mais ça passe. Mais quand c'est le président de la république, avouez que ça devient un petit peu plus compliqué. Ce qu'il a fait notre président à l'occasion du 8 mars, il a accordé une interview au magazine Elle. Et comme, malheureusement, il n'est pas notre vieil homme oncle un peu con, je me dévoue pour lui faire un petit cours de rattrapage. Cher François, voici un petit manuel de réel respect des femmes à l'usage de toi, président de la république. C'est très sympa de défendre que, je te cite : « le respect de la femme est un principe absolu » sauf que, de la même manière qu'on a arrêté de dire le Juif, l'Arabe ou le Noir, ça serait chouette d'arrêter de dire la femme.
Déjà parce que c'est has-been comme le pantacourt, et aussi parce qu’au même titre qu'un Juif, un Arabe ou un Noir n'est pas défini entièrement par sa religion, son origine ou sa couleur de peau, les femmes ne sont pas entièrement définies par leur sexe. Il n'y a pas une seule femme, François il y en a des milliards. De tous les âges, de toutes les formes, de toutes les couleurs, des femmes mères de famille, des femmes chefs d'entreprise, des pornstars ou des bonnes sœurs. Bref, merci donc si tu souhaites vraiment nous respecter, de nous accorder la pluralité que tu accordes aux hommes. À part dans des gangs bang, on dit les hommes et les femmes. Bref cela évitera que derrière cette rondeur paternaliste, se cache un sexisme bienveillant des plus dangereux. De la même manière merci de te positionner contre le harcèlement c'est adorable, merci beaucoup, mais ça n'est pas, comme tu le dis, une violation sournoise des droits les plus fondamentaux des femmes. Non. C'est une violation des droits de l'homme. J'imagine qu'un petit doigt dans le cul comme ça à la dérobée dans le métro constituerait pour un homme aussi une violation de ses droits n'est-ce pas ? Eh bien pourquoi les femmes auraient un traitement différent ? Les femmes sont des hommes comme les autres et elles doivent avoir les mêmes droits ni plus, ni moins. »
Décembre 2018, Hélène Bidard, chargée des questions masculines à la Mairie de Paris, réprimande Philippe Houzé, président du directoire du groupe Galeries Lafayette, parce qu’elle est mécontente de son comportement : « Je tiens à vous faire part de ma vive colère à voir votre enseigne faire le choix d'afficher une telle publicité sexiste et stéréotypée, réduisant les femmes à un morceau de corps et à un objet sexuel. Un an après le début de la vague #MeToo, ce choix apparaît hors du temps et de l'histoire. Il véhicule une image des femmes dégradée, dépassé et inadmissible qui ne me semble pas dans l'intérêt de votre groupe. ». (Notez les menaces à peine voilées d’appel à un boycott des Galeries Lafayettes, par exemple par la publication d’une « tribune de 400 femmes en colère » dans Le Monde ou dans n’importe quel autre brûlot féministe).
Grâce à Madame de Lattre, nous avons appris que François Hollande est un sexiste au couteau entre les dents. Quant à François Hollande lui-même, il a appris qu’il n'y a pas une seule survivante des violences masculines, mais des milliards. Ces milliards de survivantes sont une espèce menacée qu’il faut à tout prix sauver de l’extermination totale.
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LE COCHE ET LA MOUCHE
Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé,
Et de tous les côtés au soleil exposé,
Six forts chevaux tiraient un Coche
Femmes, Moine, Vieillards, tout était descendu.
L'attelage suait, soufflait, était rendu
Une Mouche survient, et des Chevaux s'approche ;
Prétend les animer par son bourdonnement ;
Pique l'un, pique l'autre, et pense à tout moment
Qu'elle fait aller la machine,
S'assied sur le timon, sur le nez du Cocher ;
Aussitôt que le char chemine,
Et qu'elle voit les gens marcher,
Elle s'en attribue uniquement la gloire ;
Va, vient, fait l'empressée ; il semble que ce soit
Un Sergent de bataille (3) allant en chaque endroit
Faire avancer ses gens, et hâter la victoire.
La Mouche en ce commun besoin
Se plaint qu'elle agit seule, et qu'elle a tout le soin ;
Qu'aucun n'aide aux Chevaux à se tirer d'affaire.
Le Moine disait son Bréviaire ;
Il prenait bien son temps ! une femme chantait ;
C'était bien de chansons qu'alors il s'agissait !
Dame Mouche s'en va chanter à leurs oreilles,
Et fait cent sottises pareilles.
Après bien du travail le Coche arrive au haut.
Respirons maintenant, dit la Mouche aussitôt :
J'ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine.
Ça, Messieurs les Chevaux, payez-moi de ma peine.
Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
S'introduisent dans les affaires :
Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.