Ci-dessous, un extrait du livre de Margarete Mitscherlich, "La femme pacifique" :
" De tout temps il y a eu des guerres, des grandes et des petites, des guerres entre peuples, entre nations, des guerres d’hommes, qui épargnaient la population civile ou la mobilisaient toute entière, des guerre de partisans, des guerre civiles ; et à une époque très récente, des guerres qui ont mis en jeu une quantité considérable de matériel technique et humain et qui ont fait des millions de morts et de blessés, rayé des villes de la carte, ravagé le sol de régions entières, déplacé et exterminé des peuples entiers.
Dans toutes ces guerres, les femmes n’ont eu qu’un rôle subalterne : de service ou de divertissement. Elles ont suivi les guerriers avec l’intendance, elle ont veillé à leur bien-être, au lit et à la cuisine, à l’hôpital et au bordel – elles ont presque toujours été victimes, violées torturées, assassinées, réduites en esclavage, assimilées à des trophées de guerre, ou vouées à porter le deuil des pères et des fils. Si des femmes « se firent hyènes » et consentirent à participer à « l’œuvre de barbarie », elles n’ont été que des exceptions.
De tout temps ce sont surtout les hommes qui se sont livrés à des actes de violence. Ils ont assassiné, poignardé, abattu, mis en pièce, torturé, violé, brûlé, étranglé, égorgé et ont, à ces fins, inventé et perfectionné tous les outils nécessaires. Ils ont créé une industrie de la violence, avec ses spécialistes et ses chercheurs, dans laquelle les femmes ne sont là aussi que des auxiliaires qui surveillent les machines, effectuent le travail administratif, s’occupent des cantines.
(…)
Est-il concevable qu’une partie de l’espèce humaine, l’homme, manifeste des tendances si destructrices qu’elle aille jusqu’à se détruire elle-même pour les assouvir et que l’autre partie de l’espèce y soit moins sujette et semble condamnée à subir, plus ou moins passivement, victime ou complice obligée, cette volonté de destruction ? Est-il concevable qu’une moitié de l’humanité ait des tendances destructrices et que l’autre n’en ait pas ?"
Margarete Mitscherlich, "La femme pacifique".
Il n'y pas à dire, elles sont bien, ces femmes.
Cet ouvrage de haute tenue scientifique a été publié avec le concours du CNL (Centre National des Lettres). C'est normal, il faut libérer la parole des femmes.