La Nouvelle-Calédonie, laboratoire français de la stratégie «zéro Covid»

FOCUS - Grâce à la mise en quarantaine systématique des voyageurs, les habitants du territoire ont réussi à vivre un an sans virus ni restrictions au quotidien.
«Ça fait un an qu’on vit "la vie d’avant", comme vous l’appelez». La phrase de Sonia Backes, la présidente de la Province Sud, l’un des deux « départements » calédoniens, a de quoi faire des envieux en métropole. Depuis quelques jours, le confinement strict des 284.000 habitants de ce territoire d’outre-mer a été décrété pour deux semaines, à la suite de la détection de (seulement) neuf cas. Cette décision met paradoxalement en lumière le succès de la gestion calédonienne de l’épidémie jusqu’à aujourd’hui. Pas de masque ni de distanciation sociale, les commerces, bars et restaurants ouverts… Le territoire d’outre-mer, doté d’une large autonomie politique, vivait sans Covid depuis près d’un an. «Au-delà du bien-être de la population, l’économie a aussi pu reprendre et fonctionner, mis à part les secteurs liés au tourisme international que nous essayons de soutenir autant que possible», assure Thierry Santa, le président du gouvernement calédonien, interrogé par Le Figaro.
Pour se préserver du Covid-19, l’archipel français a privilégié une approche «océanienne». L’État (représenté par le Haut-Comissaire) et le gouvernement local ont mis en place une stratégie «zéro Covid». Thierry Santa dit s’être inspiré des modèles «qui marchent». L’archipel applique ainsi la méthode en vigueur dans d’autres îles du Pacifique (Australie, Nouvelle-Zélande) ou d’autres pays d’Asie (Chine, Taïwan, Vietnam...), loin des débats du Vieux Continent.