Des mesures très strictes, avec l’espoir de reprendre vite une vie normale : la stratégie « zéro Cov

Alors que de nombreux pays d’Asie et du Pacifique maîtrisent la circulation du virus, l’Europe et les Amériques peinent à la juguler, regrettent des experts pour qui « vivre avec le Covid-19 » n’est pas la solution.
« Vivre avec le virus », en espérant que le vaccin nous en délivrera tôt ou tard. Telle semble être la stratégie à laquelle la France et nombre de ses voisins se sont résignés, tentant vaille que vaille de contenir la circulation du SARS-CoV-2 sous un seuil « acceptable » – ce qui se traduit toujours par quelques centaines de morts chaque jour, alors que le pays reste au bord de la rupture sanitaire et économique.
L’objectif fixé par l’exécutif, « la fin de l’été », pour vacciner tous les Français adultes qui le souhaitent, sera-il tenu ? Les aléas de production de l’industrie pharmaceutique et l’arrivée de nouveaux variants affaiblissant l’immunisation suggèrent que cet horizon pourrait reculer. Face à cette incertitude lancinante, n’y a-t-il aucune alternative ?
« Vivre avec le virus ? Dès que vous dites cela, vous faites des compromis, vous tombez dans le fatalisme. La conséquence, c’est que vous ne choisissez pas d’agir », tranche Yaneer Bar-Yam. Ce physicien, président de l’Institut des systèmes complexes de Nouvelle-Angleterre (Necsi) à Cambridge (Massachusetts), un centre de recherche privé, travaille depuis une quinzaine d’années sur les épidémies, après un article dans lequel il pointait l’importance des voyages dans la propagation des maladies. Il est à l’origine du site Endcoronavirus.org et est l’une des figures de proue d’une mouvance d’experts qui refusent donc en bloc de « vivre avec le virus ». Leur stratégie, dite « zéro Covid », sonne comme un truisme : qui ne souhaite pas être débarrassé du coronavirus ?
Eux proposent d’y parvenir en quatre à six semaines d’un confinement strict, suivies d’un contrôle implacable des nouveaux foyers par l’application du triptyque « tester, tracer, isoler » (TTI), et d’une ouverture conditionnelle des zones exemptes de virus.
Des principes simples, et surtout éprouvés, puisqu’ils résonnent avec des succès exemplaires dans la gestion de la pandémie,