
Bonjour à tous,
Comme nous vous l’indiquions, notre pétition s’est traduite à l’Assemblée nationale par un amendement transpartisan porté avec force par la députée Delphine Batho ! Voir la vidéo, et la deuxième.
Merci à elle aux autres députés qui ont soutenus cette démarche !
Cet amendement visait à garantir l’accès à la nature durant toute la durée de l’état d’urgence sanitaire (au moins jusqu’au 10 juillet), y compris en cas de reconfinements futurs (« stop and go »). Malheureusement, bien qu’ayant été soutenu en séance par d’autres députés, il a reçu un avis défavorable du gouvernement -représenté par le ministre de la santé Olivier Véran- et a finalement été rejeté. Nous le regrettons vivement.
Néanmoins, notre mobilisation n’aura à pas été vaine, loin de là, et elle va continuer ! En effet :
1) A partir de demain et jusqu’à nouvel ordre, nous auront accès, dans un rayon de 100km (ou à l’intérieur de son département) à la plupart des espaces naturels : forêts, prairies, montagnes, rivières etc.
Il subsiste néanmoins 3 types d’exceptions :
- les plages et lacs dont la fermeture reste la norme, bien qu’ils puissent être réouverts par le préfet sur demande du maire. Nous verrons demain quelle sera l’ampleur de cette ouverture.
- les parcs urbains en zones rouge, où l’on aurait pu imaginer une ouverture laissée à l’appréciation des maires, avec la possibilité de réguler les flux comme dans les magasins. D’ailleurs, certains préfets semblent avoir une interprétation très large des « parc urbains ». Ainsi celui des Hauts de Seine devrait maintenir fermée une forêt domaniale de 200ha (Malmaison) !
- A quoi s’ajouteront toutes les réglementations locales prises par les préfets, y compris en zone verte. Ainsi, le bivouac sous tente ou à la belle étoile devrait rester interdit dans les plupart des départements de montagne, alors que le téléphérique du l’aiguille du midi rouvrira le 16 mai et que tous les magasins auront pu rouvrir dès le 11.
Vu l’état d’esprit du gouvernement jusqu’à présent sur l’accès aux espaces naturels, on peut penser que les restrictions auraient pu être encore plus nombreuses sans notre mobilisation, notamment car elle a permis de porter largement le sujet dans le débat public. Nous nous sommes battus pour le droit de tous d’accéder à la nature et de se maintenir en bonne santé. Alors, une fois de plus, BRAVO et MERCI à tous !
2) Malgré le rejet de notre amendement et la suppression de la disposition du Sénat permettant d’autoriser l’accès aux plages et aux forêts, le gouvernement a pris devant l’Assemblée nationale l’engagement, par la voix du ministre de la santé, que « dans le cas où l’accès à certains lieux, tels que les plages et forêts, serait interdit par décret du Premier ministre, de permettre aux préfets d’en rétablir l’accès ou d’en réglementer la circulation, sur demande des maires et après examen au regard des circonstances locales et des exigences de santé publique ». Cet engagement reste flou, les préfets sont souvent peu enclins à réouvrir a priori et on ne sait pas si cela concerne également la période de confinement. Néanmoins, on voit bien que le gouvernement est sur la défensive et que, si reconfinement il devait y avoir, un sursaut de mobilisation pourrait probablement permettre d’obtenir des avancées importantes.
Nous déplorons néanmoins dans l’ensemble que, malgré toutes les études scientifiques existantes sur le sujet, le gouvernement n’ait toujours pas intégré le lien fondamental entre accès à la nature et santé, et n’en n’ait pas fait un enjeu majeur de santé publique, notamment en période de confinement. Nous vous remettons à ce propos le lien vers la lettre de réponse à la ministre des Sports.
Au delà, nous devons rester vigilants et poursuivre notre action :
1) A court terme, nous vous proposons de continuer à interpeller les élus et les pouvoirs publics sur les points aberrants de la réglementation en vigueur à partir du 11 mai, dont les détails seront connus demain : plages, parcs urbains, forêts, bivouacs etc.
2) Nous souhaitons recueillir des témoignages de cas de verbalisations particulièrement ineptes MAIS légales du point de vue du décret du 23 mars (par exemple, verbalisation seul dans une forêt à 2km de son domicile). Vous pouvez me contacter via ma page Facebook ou Twitter pour cela (lien).
3) Enfin il faut nous préparer, en cas de reconfinement, à un sursaut de mobilisation rapide et de grande ampleur. En effet, nous sommes quasiment 160 000 aujourd’hui. C’est une force considérable ! Et nous pourrions encore la faire croître et même la démultiplier si nos droits d’accès à la nature -et par là à notre santé- viendraient à nouveau, sans aucune justification sanitaire, à être fortement réduits voir supprimés! Ne l’oublions pas.
Sur ce, nous vous souhaitons de profiter avec bonheur de la nature dès demain (bien que la météo ne semble pas totalement au rendez-vous…) et nous en profitons pour vous inviter à la plus grande vigilance (encore… et oui !) lors de vos sorties, car le printemps est une période particulièrement sensible pour la faune et la flore, sensibilité qui pourrait être amplifiée par le confinement. Beaucoup d’oiseaux notamment sont en pleine nidification (couvaison, nourrissage des poussins etc..), sont donc très sensibles au dérangement et se sont parfois installés dans des secteurs habituellement largement fréquentés. La nature est fragile, et en péril. Merci pour elle !
Nous vous souhaitons un bon déconfinement « progressif » !.
Continuez à prendre soin de vous et (donc) des autres.
Billy et Solène