
COMMUNIQUÉ SUITE À LA DÉCISION DU SÉNAT DE SE SAISIR DE NOTRE PÉTITION
Notre pétition sur le site du Sénat a été clôturée, il n'est désormais plus possible de la signer. Le nombre total de signatures s'élève donc à 122 484 en l'espace de deux mois et demi, sur les six requis pour atteindre le seuil de 100 000 signatures.
La rapidité avec laquelle nous avons atteint ce seuil, étant données la contrainte que représente la connexion via France Connect et la saturation fréquente du site du Sénat, non prévu pour supporter une telle affluence, relève de l’exploit. Un immense bravo et un grand merci à tous ceux qui ont contribué à ce premier succès.
Il n’est désormais plus possible de nier la nécessité de changements profonds dans les pratiques actuelles de la chasse, plus possible d’ignorer la souffrance des ruraux et leur sentiment d’impuissance face aux dangers que représentent ces pratiques au quotidien.
Le Sénat a communiqué sa volonté de se saisir de la pétition, avant même qu’elle ait obtenu les 100 000 signatures. Il s'agit d'une première étape et nous nous réjouissons de la décision du Sénat de s’intéresser à la problématique de la chasse et d’ouvrir le débat à ce sujet.
Ce n’est qu’un premier pas vers la victoire, qui ne sera atteinte qu’à la mise en place d’un texte législatif qui apportera de réelles réponses à nos revendications. La commission des affaires économiques, présidée par Sophie Primas et la commission des lois, présidée par François-Noël Buffet devront se montrer à la hauteur des attentes des citoyens et prendre conscience de l’urgence de mettre en place des mesures de sécurité qui relèvent avant tout du bon sens.
Les événements dramatiques récents, exceptionnellement médiatisés ces dernières semaines, se répètent malheureusement chaque année dans le silence, et ne sont qu’une infime partie de ce que subissent quotidiennement les habitants et usagers de la nature en période de chasse. S’ils étaient jusque-là ignorés par la presse nationale et par les institutions, nous nous sommes efforcées, depuis maintenant dix mois, de porter la parole des ruraux pour rendre visibles ces violences, drames et abus et en démontrer les enjeux, sociaux comme politiques.
Le 7 décembre prochain, nous sommes convoquées au Sénat pour une première audition. On va y porter votre voix comme on s'est efforcées de le faire depuis maintenant presque un an, et faire comprendre aux membres de la commission en charge d'examiner notre pétition que nous n'accepterons pas de compromis.
Le 2 décembre 2020, notre ami Morgan mourrait d'une balle de gros calibre en plein thorax tirée par un chasseur qui l'avait pris pour un sanglier. Un an plus tard, le 7 décembre 2021, nous allons rencontrer et discuter avec des sénateurs pour une législation plus stricte de la chasse.
On dit que "rien n'est plus puissant qu'une idée dont le temps est venu". Merci à tous ceux qui ont porté ces idées et se sont battus pour elles bien avant nous, et merci à vous tous qui nous aidez à les faire entendre tous les jours, pour Morgan Keane, pour Joël Viard, Gaël Lavy, Annie Azar, Thérèse Coudrais, Mark Sutton, Samuel Rinaudo, Frank Jarry, Marcel Desbiolles, Florence Bono, Fabio Butali, pour tous les autres, et pour nous, les vivants, nos familles, nos amis, nos enfants. On ne lâchera rien !
Nous continuerons de nous battre aussi longtemps que, en France, des automobilistes seront tués d'une balle dans la tête au volant de leur voiture, tant que des promeneurs, des cyclistes et des gens dans leur jardin auront le thorax perforé, tant que des balles traverseront des maisons, atterriront dans des chambres d’enfant, tant que des animaux de compagnie seront retrouvés criblés de plombs, tant que des violations de propriété privée seront perpétrées, tant que des gens seront menacés, insultés ou humiliés par des hommes armés, tant que nous renoncerons à aller nous balader par peur d’être confondus avec des sangliers