Enquêtez sur les expertises médicales douteuses dans les affaires de bébés secoués

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Monsieur le Président de la République,

Nous souhaitons vous informer d'une terrible injustice qui nous est infligée par un État dont vous êtes aujourd'hui le garant. Nous sommes près d'une centaine de jeunes parents. Après l'idylle et la joie d'une naissance tant attendue, nous avons soudainement connu l'horreur, le désespoir, l'humiliation.

Nous avons tous vécu la même histoire. Un jour, nos enfants font un malaise grave. Nous alertons les secours et les médecins les prennent en charge. Nous sommes paniqués mais nous faisons néanmoins confiance aux professionnels de notre beau pays pour prendre soin de nos bébés.

Les médecins font un examen et voient quelques gouttes de sang à l'intérieur du crâne. A partir de ce moment, tout bascule. Les médecins nous accusent frontalement d'avoir maltraité, frappé, secoué nos bébés. Abasourdis, nous jurons que nous ne leur avons jamais fait le moindre mal et qu'il n'y a eu aucun traumatisme. Les médecins ne nous écoutent pas, ne nous croient pas. S'il y a du sang, c'est qu'il y a eu traumatisme, disent-ils, même s'il n'y a pas le moindre signe de violence, pas la moindre fracture ou le moindre bleu. Nous serions donc tous des menteurs, des bourreaux d'enfants, des criminels.

Nous perdons immédiatement la garde de nos enfants, qui partent en pouponnière ou en famille d'accueil. Le traumatisme de cette séparation brutale, forcée, et injuste est indicible, et nous ne la souhaiterions pas à nos pire ennemis. Quant à nous, nous sommes jetés en cellule, mis en garde à vue, nous subissons des interrogatoires musclés par des forces de l'ordre qui ont en eux la haine légitime des parents maltraitants.

Nous clamons notre innocence, en vain. Nous sommes présumés coupables, jusqu'à preuve du contraire. Qu'elle est belle, la présomption d'innocence ! Mais comment prouver notre innocence lorsque les expertises judiciaires confirment systématiquement sans l'ombre d'un doute notre culpabilité ? Nous ne savons pas pourquoi les médecins concluent toujours à ce même diagnostic, mais nous savons qu'ils ont tort. Nous finissons alors généralement par être condamnés, malgré tous les éléments positifs en notre faveur de la part des services sociaux, des services de police, de nos proches, collègues, amis, mais à l'exception des fameuses expertises. Nous assistons impuissants au départ en prison, les uns après les autres, des nôtres que nous savons innocents.

A force de combativité, de travail, de recherches, grâce à l'aide de trop rares médecins, nous finissons par comprendre l'origine des malaises et des saignements. Nos enfants sont atteints de pathologies rares, de maladies parfois génétiques qui causent ces symptômes. En France, tous les médecins apprennent que la présence de sang dans le crâne est la preuve absolue d'une maltraitance sauf lorsqu'une explication médicale est retrouvée. Ils déclarent publiquement éliminer ces "diagnostics différentiels", alors pourquoi ne le font-ils pas en privé ?

Nous vous le disons avec gravité. Nous craignons n'être que la partie émergée de l'iceberg. On trouve dans la presse des dizaines de condamnations où le seul élément à charge est le rapport d'expertise. Des mères aimantes, des pères de famille sans histoire, des nounous adorées de tous qui se retrouvent incarcérés parce que l'enfant dont ils avaient la garde a présenté ces symptômes. Est-on certain de la validité de ces expertises ? Qui les vérifie ?

Monsieur le Président de la République, vous l'avez dit, votre tâche est immense. Nous vous demandons de mettre fin à ces trop nombreuses injustices. Mettez en place une commission d'enquête pour évaluer la qualité et l'objectivité des médecins experts dans toutes les affaires de bébé secoué. Les autres causes ont-elle bien été étudiées ? Est-il normal que des bébés avec des maladies génétiques aux noms bien compliqués, comme l'hypofibrinogénémie, l'abêtalipoprotéinémie, ou l'hydrocéphalie externe, connues pour favoriser les saignements, soient arrachés à leurs parents et ces derniers jetés en prison, tout cela parce que des médecins experts persistent à appliquer le même critère aveuglément ?

Nous espérons sincèrement, Monsieur le Président de la République, que vous saurez être à la hauteur de nos espérances. Vous êtes notre dernier espoir.



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