Cette semaine se déroulait la journée internationale des migrants le 18 décembre. Le nombre de personnes déplacées dans le monde a encore atteint un niveau record en 2020 avec 50,8 millions de déplacés internes dû aux conflits, à la violence et aux catastrophes. La Syrie continue d’être dans le peloton de tête du nombre de déplacés internes. Entre les 6,7 millions de déplacés internes et les 5,5 millions de réfugiés, plus de la moitié des syriens ont été contraints de fuir à cause de la violence de la guerre depuis 2011. https://bit.ly/changethesoundofsyria
Un conflit, à l’heure de la pandémie de la COVID-19 qui peine à se faire entendre. Malgré tout, les déplacés internes en Syrie sont saturés des bruits de la guerre qui font leur quotidien.
Je vous partage aujourd'hui, le son de Syrie d'Hayan, 43 ans, ancien paysan vit dans le camp d’Al-Rayan, au nord-ouest d’Idleb.
“Je m’appelle Hayan Ramadane, j’ai 43 ans, et depuis maintenant plus de 2 ans, je vis dans le camp d’Al-Rayan, au nord-ouest d’Idleb. Avant d’arriver ici, j’habitais en pleine campagne, à l’ouest d’Hama, j’étais paysan. Nous sommes paysans de père en fils dans cette magnifique région, connue pour ses richesses agricoles, sa nature et son eau pure. C’était le paradis pour nous. Malheureusement la guerre est arrivée, et nous avons été forcés de fuir. Fini les grands espaces verts, nous voilà à présent entassés sous des tentes, entourés de boue. Lorsque j’étais paysan, j’aimais le son de la pluie. C’était une bonne nouvelle pour nos récoltes. Aujourd’hui, il me tétanise. Pour un réfugié, ce son est une malédiction. Les gouttes qui frappent nos toiles de tente résonnent dans tout le camp. Nous attendons dans l’angoisse que cela passe, en espérant que nos abris de fortune ne s’écroulent pas sous le poids de l’eau, que la boue ne pénètre pas partout, ou pire, que les inondations emportent le peu qu’il nous reste.”
Les personnes déplacées vivent dans des camps surpeuplés, des abris d’urgence où l’accès aux soins est peu ou quasi inexistant. Il n’est rendu possible uniquement grâce à l’aide humanitaire des ONG. La pandémie de la COVID-19 ne fait qu’accentuer cette situation d’extrême précarité.” explique le Dr Ziad Alissa, président de l’UOSSM. La guerre et la COVID-19 sont devenus le fardeau des Syrien.nes. Ils font face à des catastrophes qui s’accumulent : les ravages de la guerre qui continuent de faire leur lot de victimes, la COVID-19 qui connaît un pic épidémique dans le nord de la Syrie, sans évoquer l’hiver, toujours aussi redoutée par les millions de déplacés de guerre vivant dans les camps.
Pour soutenir les déplacés, vous pouvez agir : https://bit.ly/changethesoundofsyria