
Face à la crise sanitaire mondiale inédite, nos pensées les plus sincères vous sont adressées, vous qui suivez mon engagement humanitaire et médical en Syrie avec l'UOSSM. Aujourd'hui, l'heure est grave ! En France et aussi en Syrie, où les besoins en matériel médical sont immenses, la propagation du Covid-19 serait une véritable crise dans la crise. https://bit.ly/Covid19Alerte
Au moment où j'écris ces lignes, notre pays connaît des heures sombres, avec des morts du Covid-19 de plus en plus nombreux, un personnel médical épuisé, des conditions de travail difficiles.
Ce que nous voyons aujourd’hui, ce que nous entendons, résonne de façon particulière : «Les médecins risquent leur vie pour sauver celles des autres», «L’hôpital est devenu un lieu dangereux», «Nous n’avons pas les moyens de sauver tout le monde», «Nous devons faire le tri parmi les malades», «Nous manquons de médicaments et de consommables à l’hôpital». Ces mots, ces alertes, nous les connaissions déjà en réalité. Depuis neuf ans, nous les avons entendus, et les entendons encore de nos collègues en Syrie. A Alep, dans la Ghouta orientale, à Idlib, ils criaient à l’aide. Hôpitaux bombardés, soignants tués, système médical détruit, la Syrie est devenue un chaos humanitaire. Quoi qu’il en coûte
Aujourd’hui, en France, face aux soignants mourant tels des martyrs du Covid-19, les masques et les lits de réanimation manquant cruellement, peut-être comprendrons-nous, enfin, leur désespoir. Leur appel est en réalité le nôtre, sauver des vies quoi qu’il en coûte.
Les forces vives de la nation française se sont engagées, soudées telles un seul corps, pour vaincre le Covid-19. Nous continuerons, oui, quoi qu’il en coûte, soyez en sûrs !
En Syrie, qui va répondre à l’appel des civils entassés dans des camps sans eau, sans chauffage, où le confinement est impossible, où les règles d’hygiène de base sont un luxe ? La propagation du Covid-19 serait une véritable crise dans la crise, un scénario catastrophe tant redouté.
Le pic épidémique devrait se faire sentir d’ici environ deux semaines. Le système de santé est sinistré et peu équipé. Il n’y a que 201 lits de soins intensifs et 95 respirateurs disponibles dans tout le Nord-Ouest syrien. Hors soins intensifs, on comptabilise un lit médicalisé pour 1 363 habitants. Beaucoup moins que toutes les normes internationales, et moins que les normes humanitaires. 600 médecins seulement sont présents dans la région pour 4,2 millions de personnes. Soit 1,4 médecin pour 10 000 habitants. Ils opèrent 500 000 actes médicaux gratuits par mois. Quoi qu’il en coûte !
Extrait d'une tribune publiée aujourd'hui dans Libération que j'ai co-signé avec mon collègue le Dr Ziad Alissa et le Dr Philippe De Botton de Médecins du Monde France. https://www.liberation.fr/debats/2020/04/09/covid-19-en-syrie-sur-tous-les-fronts-quoi-qu-il-en-coute_1784700
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