Mise à jour sur la pétition#DoctorsinDanger - stop au ciblage des hôpitaux et du personnel médical en Syrie !Connaissez-vous le stress toxique dont sont victimes les enfants syriens ?
Dr. Mego TERZIANParis, France
28 déc. 2018

Désorientés, dans des conditions de vie extrêmes, les enfants syriens sont très vulnérables et exposés au stress toxique. Je partage avec vous une interview de mon collègue le Dr Ziad Alissa qui explique les raisons et effets de ce stress toxique. Aidez-nous à prendre en charge ces enfants : http://bit.ly/Don-SmileChild

Selon Alexandra Chen, spécialiste de la protection de l’enfant et de santé mentale à l’université de Harvard, le stress toxique est « la forme la plus dangereuse de réponse de stress qui peut se produire quand les enfants se retrouvent confrontés à une adversité forte, fréquente ou prolongée sans un soutien approprié des adultes ».

Les raisons en sont les suivantes selon le Dr Ziad Alissa : 

"Le quotidien des enfants syriens est toujours très difficile. On commence à présent à évoquer les conséquences de la guerre. C’est vrai qu’il y a plusieurs zones où il y a un cessez-le-feu, il y a eu des accords militaires politiques qui sont entrés en vigueur depuis quelques mois. Mais même si actuellement les bombardements ont stoppé, que la guerre dans plusieurs zones s’est arrêtée, il y a quand même une génération d’enfants qui a subi toutes ces années de guerre et elle a laissé des séquelles. Parmi les conséquences, le stress toxique. Un stress accumulé pendant des années.

De la peur qu’ont subi ces enfants, découlent de nombreux signes et symptômes psychologiques. Il y a la peur, la peur d’autrui, la peur de sortir. On sait que ces dernières années, des écoles ont été bombardées. Donc il y a aussi une peur d’aller à l’école.

La plupart des personnes qui sont maintenant dans le nord-ouest de la Syrie, des personnes déplacées internes qui sont venus s’y installer, ne sont pas chez eux. Il y a beaucoup de familles qui habitent dans des centres et beaucoup de familles qui habitent jusqu’à présent sous des tentes dans les camps de réfugiés. C’est quelque chose qui, quand même, perturbe la vie quotidienne de ces enfants.

Parmi les déplacés, beaucoup se sont déplacés au milieu de l’année scolaire… L’année scolaire est donc finie pour eux. Pour les réintégrer de nouveau dans le cursus scolaire, ça prend du temps. De plus, il n’y a pas assez de places pour tout le monde. Tout le monde est venu à Idleb et la ville d’Idleb, qui était simplement une ville de 500 000 habitants, d’un seul coup se retrouve avec à peu près 500 000 en plus. Si on compte toutes les banlieues autour d’Idleb on parle de deux millions de personnes à peu près. Il n’y a pas d’infrastructures qui peuvent accueillir tous ces enfants. C’est quelque chose qui met en danger la scolarisation de ces enfants-là.

A côté de ça, il y a aussi des problèmes de santé, d’hygiène quotidien. Lorsqu’on habite dans une tente, lorsqu’on habite dans un centre de déplacés, ce n’est pas comme lorsqu’on habite chez soi. Les soins quotidiens, le bain, les brosses à dent, la propreté, etc., ce n’est pas la même chose. Cela menace la santé personnelle et l’hygiène personnelle de ces enfants. Nous avons entendu que des parents n’envoient pas leurs enfants à l’école parce qu’il y a des épidémies. On sait que les épidémies arrivent toujours avec les rentrées scolaires à l’automne et après avec l’hiver, si on ajoute à cela les classes surpeuplées, où les enfants sont côte-à-côte, tout ça met la vie de ces enfants en situation de difficultés psychologiques. Leur santé physique mais aussi mentale est menacée."

Pour prévenir et lutter contre les effets du stress toxique, l’UOSSM a mis en place un programme de protection qui se déploie autour de 4 grandes actions :

- Création d’espaces sécurisés et adaptés : 9 centres UOSSM et intervention dans 105 écoles avec des agents de santé et enseignants formés par l’UOSSM.

- Séances d’échange avec les parents pour comprendre, prévenir, agir face au stress de l’enfant et aider à la réunification des familles.

- Campagnes et événements de sensibilisation aux droits de l’enfant, au mariage précoce, aux risques dans les camps.

- Accompagnement personnalisé des enfants en difficulté : suivi et traitement des troubles scolaires, de développement et de l’autisme.

Faites un don à l’UOSSM pour offrir aux enfants syriens la possibilité de recevoir des services de protection. Nous avons la capacité d'agir et d'atténuer leurs souffrances : http://bit.ly/Don-SmileChild

En savoir plus : http://bit.ly/EnSavoirPlus_SmileChild

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