
La décision du 1er ministre d'organiser le second tour des élections municipales le 28 juin porte une atteinte grave et manifestement illégale à nos libertés fondamentales en période électorale (liberté de réunion, liberté d'expression, égal accès de tous à la propagande électorale) et au moment du vote (liberté de vote, égal accès de tous aux bureaux de vote).
En effet, dans son rapport le Conseil Scientifique indique qu'il faudra bannir “distribution de tracts, porte à porte, réunions publiques, réunions d’appartement” pour n’autoriser que “d’autres modalités de campagne, certes limitées mais égales pour tous les candidats, notamment à travers l’usage du numérique”. Le problème c'est qu'un nombre important de français n'ont pas accès au numérique. Et dans tous les cas, il recommande “le port du masque et d’une visière pour toutes les personnes participant à des opérations de campagne”. Idem pour le jour du vote. A n'en pas douté les publics à risque n'iront pas voter.
Après le scrutin sanitaire du 15 mars, voilà un scrutin dont seront une nouvelle fois exclus les personnes à risque (personnes âgées, personnes cardiaques, personnes en surpoids, …) , auxquels s'ajouteront les victimes trop nombreuses de la fracture numérique !
Cet empressement à vouloir conclure cet épisode malheureux au lieu d'annuler, tout simplement, les élections, et de les reporter en janvier 2021, après la crise de la covid-19, est un nouveau préjudice pour le peuple de France.
Si l'on comprend aisément que l'état d'urgence puisse nous retirer certaines de nos libertés quotidiennes, il ne peut en aucun cas nous priver de nos libertés fondamentales. Ce sont les fondations de la République, sa constitution, que l'on remet en cause.
Réuni cet après-midi en bureau exécutif l'association "50 millions d'Electeurs !" a décidé de missionner son avocat, Maître Bernard de Forment, pour déposer dans les plus brefs délais un référé liberté devant le Conseil d'État.
Yves d'Amécourt
Vice-Président de "50 millions d'électeurs !"