
La crise sanitaire a engendré une crise démocratique. Les mesures de confinement ont provoqué une chute vertigineuse de la participation aux élections municipales, habituellement le scrutin préféré des Français. Des centaines de maires et de candidats s’insurgent contre un « suffrage sanitaire » incohérent avec les prescriptions gouvernementales.
La chose était prévisible. Contre-indiquée par les décisions sanitaires exceptionnelles, la participation au premier tour a été ridiculement faible. 55,36 % des inscrits ne se sont pas rendus aux urnes, soit près de 20 points de plus qu’en 2014.
Un vote de l’absurde
La communication laborieuse du gouvernement Philippe et les mesures de confinement ont largement participé à cet échec, dû plus particulièrement à l’abstention des personnes fragiles ou âgées. « Les Français n’étaient pas égaux devant le scrutin », réagit Yves d’Amécourt, maire Les Républicains (LR) de Sauveterre-de-Guyenne depuis 2008, qui ne s’était pas représenté en 2020. Sa commune, passée sous étendard La France Insoumise (LFI), engrangeait une participation de 79,47 % en 2014 ; en 2020, elle dégringole à 60 %. D’autres résultats frisent le grotesque : à Cenon (Gironde), la liste gagnante (52,18 % des suffrages exprimés) a obtenu ce score reluisant grâce à… 14,89 % des inscrits !
Le 23 mars dernier, la loi d’urgence Covid-19, votée à l'unanimité par le Parlement, ne prévoit d’annuler les résultats du premier tour qu’au cas où le report porterait au-delà de juin 2020. Dans ce cas : « Les électeurs seront alors convoqués ultérieurement pour deux tours de scrutin (les résultats du premier tour du 15 mars 2020 seront annulés). » Et encore, il est ajouté : « En revanche, les conseillers élus dès le premier tour le 15 mars restent élus », ainsi que l’on peut lire sur le site internet du gouvernement.
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