
L'instinct grégaire : c'est ce qui gouverne les comportements du troupeau macroniste.
Les cas d'Alexandre Benalla et de trois autres proches collaborateurs du Président de la République (Patrick Strzoda, chef du cabinet, Alexis Kohler, secrétaire général et Lionel Lavergne, colonel commandant le GSPR) ont été transmis à la justice par le Sénat.
Cette décision émane du bureau du Sénat, qui s'est appuyé sur le rapport de Valérie Létard, vice-présidente du Sénat, lequel prend lui-même appui sur le rapport de la Commission d'enquête présidée par Philippe Bas. La Macronie avait promis d'y répondre point par point, sans doute avant même de l'avoir lu : on attend encore.
A la suite de cette annonce, Edouard Philippe a décidé de boycotter la séance de questions aux gouvernement du Sénat, tandis que Richard Ferrand a annulé une conférence qu'il devait tenir avec Gérard Larcher, son homologue du Sénat. C'est dire si Alexandre Benalla est un personnage éminemment important aux yeux d'Emmanuel Macron, pour qu'il envoie toutes ses troupes s'insurger contre la mission constitutionnelle que remplit la Haute chambre du Parlement.
Le président de l'Assemblée nationale a ainsi déploré l' "abaissement du Sénat" : malheureusement pour lui et pour Emmanuel Macron, tout ne se manipule pas aussi facilement que des députés LaREM.
Alexandre Benalla et Nicole Belloubet, son avocate, n'ont eu de cesse d'invoquer la "justice" : de quoi ont-ils peur maintenant ? Si la Présidence de la République est terrorisée à l'idée qu'elle ne pourrait pas indéfiniment avoir les magistrats dans sa poche, si elle découvre tout juste que son impunité, peut-être, est menacée, c'est plutôt bon signe.
Rappelons que la présidente LaREM de la Commission d'enquête de l'Assemblée, Mme Braun-Pivet, a fini par faire elle-même les questions et les réponses lors des dernières auditions, la participation à la farce étant plus ou moins réduite à celle des députés macronistes : il n'en est sorti aucun rapport. Quand François De Rugy a été précipité de son perchoir, jugé trop peu actif dans la défense du Benalla, elle a présenté une "candidature flash" à la présidence de l'Assemblée, estimant le matin que Richard Ferrand ne satisferait pas aux attentes, puis l'après-midi, en députée docile, qu'elle adhérait totalement à son projet.
La décision du Sénat est donc louable, mais en réalité minimaliste. Nous considérons en effet que le Parlement a toute légitimité pour lancer, sans plus tarder, la procédure constitutionnelle de destitution du Président de la République.
Ce qui ne devait être qu'une "tempête dans un verre d'eau" se révèle un scandale d'Etat tentaculaire.
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