Après l'accalmie des vacances, l'affaire Macron-Benalla reconquiert une couverture médiatique plus en phase avec sa gravité. Il faut dire que le club de soutien à Alexandre Benalla, formé du lien clanique intrinsèque entre Emmanuel Macron et ses partisans, contribue amplement à la nourrir.
Ainsi, Nicole Belloubet, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, s'est improvisée l'avocate du vigile en justifiant son refus initial de déférer à sa convocation devant le Sénat.
Une fois encore, l'argument de l'instruction judiciaire en cours est censé renvoyer chacun chez soi. En l'occurence, la Ministre omet l'obligation légale que tout coitoyen a de déférer à la convocation d'une Commission d'enquête. Cette obligation a été rappelée par le co-rapporteur Jean-Pierre Sueur au chef de cabinet du Président de la République, lequel se prévalait de l'autorisation de ce dernier à se présenter devant les sénateurs.
De son côté, Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, regrette que la Commission d'enquête ne soit pas présidée par LaREM ; regret fort révélateur de ce que représente, pour ce parti, la démocratie. Des sénateurs LaREM vont d'ailleurs boycotter les auditions, conformément à l'avis du parti.
Christophe Castaner, Ministre en Charge des Relations avec le Parlement, dénonce lui une volonté politique des sénateurs ... de destituer Emmanuel Macron !
C'est donc bien que le "manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat", tel que disposé par l'article 68, est pleinement constitué !
Quant à Emmanuel Macron, son coup de fil en forme d'avertissement de despote contrarié à Gérard Larcher, Président du Sénat et 2° personnage de l'Etat, n'est digne que de la dérive egocentrée d'un pouvoir désormais menacé.
Enfin, Alexandre Benalla lui-même apparaît comme l'agent public le plus protégé de France, soutenu à la fois par le gouvernement, les parlementaires de la majorité macroniste et par Emmanuel Macron en personne, son très dévoué garant avant d'être celui de (ses) institutions.
Fort de son irréprochabilité, tout à coup soucieux de la légitimité et de la légalité des instances qui exigent de l'entendre, Alexandre Benalla a jugé bon de qualifier le président Philippe Bas de "petit marquis" et ses collègues de "petites personnes". Du haut de sa supériorité d'honnête citoyen, il a préféré signaler qu'il n'avait pour eux "aucun respect".
Privilèges d'un personnage hors norme, qui a pour garde-du-corps et garant le chef de l'Etat...
Effrayer Christophe Castaner ne suffit pas, provoquons réellement au Parlement le déclenchement de la procédure de destitution !
Signez et faites massivement signer !

