
Le RDV avec la Préfecture n'a permis aucune ouverture.
M. Marotel considère à ce stade qu'il n'est plus temps d'envisager des mesures alternatives ou un accompagnement associatif.
Il a explicitement affirmé vouloir procéder à "l'exécution de la mesure d'éloignement", autrement dit l'expulsion de Hayk vers l'Arménie.
Lorsque je lui demande ce qu'il compte faire pour Karine, il est dubitatif sur une régularisation, qui nécessiterait une évolution de son insertion professionnelle; et lorsque je lui indique qu'elle ne voudra pas emmener ses enfants en Arménie, et demande ce qu'il envisage pour eux, il regarde le mur, sans réponse...
Hayk et Karine (ainsi que deux soutiens) m'attendaient à la sortie.
A l'annonce de cette réponse négative de la Préfecture, Karine a subi un choc.
Malgré une longue discussion, elle ne voyait plus d'espoir après déjà 10 ans à vivre dans l'angoisse permanente, et affirmait qu'elle préférait mourir que continuer.
J'ai donc accompagné la famille à la maison, pour réduire le risque de passage à l'acte.
Malheureusement, cela n'a pas suffi.
Profitant d'un moment pour s'éclipser du salon, elle est sortie de l'appartement et s'est taillé les veines.
Hayk est parti à sa recherche (tandis que je gardais les enfants).
Heureusement, des voisines l'ont remarquée, gisant au sol.
Hayk m'a contacté et j'ai appelé les pompiers.
Karine a été prise en charge dans une ambulance, et conduite à l'hôpital.