
Data center à Bouc-Bel-Air : les bons et les mauvais élèves parmi les candidats aux municipales
Vous avez été près de 2 000 à vous opposer au projet de Data Center à Bouc-Bel-Air, et nous vous en remercions. Mais le combat contre ces infrastructures démesurées ne peut pas s’arrêter à une simple pétition.
À quelques jours des élections municipales, nous vous proposons un tour d’horizon des quatre listes candidates qui se présentent au suffrage des électeurs le dimanche 15 mars 2026. L’élection du maire sera déterminante pour l’avenir de ce projet. C’est pourquoi nous souhaitons vous partager notre analyse.
Les listes candidates
« Bouc avec Vous », conduite par le maire sortant Mathieu Piétri
« Vivre Mieux à Bouc-Bel-Air », conduite par Bruno Aubry
« Le Printemps Boucain », conduite par Hervé Plisson
« Bouc-Bel-Air Avenir », conduite par Mathieu Morateur
Notre méthode d’évaluation
Notre classement repose sur plusieurs critères :
la position des candidats sur le projet de Data Center ;
la stabilité et la cohérence de leurs prises de position ;
leurs actions concrètes pour limiter les nuisances pour la commune et les riverains.
N°1 – Hervé Plisson : le militant (note: A+)
Sans surprise, la liste conduite par Hervé Plisson arrive en tête de notre classement.
Le candidat écologiste combat ce projet fermement depuis le début, sans aucune concession. Il a contribué à médiatiser notre opposition dans plusieurs médias (télévision, radio, presse) et est à l’initiative de manifestations et mobilisations citoyennes.
Engagé depuis plusieurs années dans la lutte contre la pollution industrielle, il a été un relais constant de notre mobilisation.
👉 Notre coup de cœur.
N°2 – Mathieu Piétri : le pragmatique (B+)
La présence du maire sortant, Mathieu Piétri, à la deuxième place peut surprendre, puisque la commune a délivré le permis de construire. Mais il serait démago de sanctionner la personne sous pretexte qu'elle est en fonction.
Honnêtement, il a pris des positions claires sur les enjeux environnementaux, négocié certaines concessions avec l’opérateur et s’est montré à l’écoute de nos inquiétudes.
Nous regrettons néanmoins l’avis favorable donné par la commune. Certes, la réglementation permissive de l’État ne lui laissait probablement aucun argument juridique solide pour refuser le permis.
Mais nous estimons qu’elle aurait pu s’opposer par principe, quitte à risquer une condamnation devant le tribunal administratif.
Parfois, la transgression précède la victoire.
N°3 – Bruno Aubry : l'indecis (C)
Le flou artistique qui entoure la position de cette liste nous conduit à la classer en troisième position.
Les élus qui la représentent actuellement au conseil municipal se sont abstenus lorsqu’ils avaient l’occasion de faire entendre leur voix.
Or, s’abstenir, c’est ne pas choisir.
Ils expliquent maintenant que « grâce à eux » un comité de suivi sera mis en place. C’est en vérité la réglementation qui l’impose…Pas très honnête
Nous sanctionnons donc cette posture.
Leur tête de liste, Bruno Aubry ne semblait pas opposé au projet au départ, avant de s’y déclarer défavorable lorsque la mobilisation citoyenne a pris de l’ampleur. Il a des arguments intéressants mais il semble que le Data Center soit plus un prétexte pour taper sur l'adversaire qu'une véritable préoccupation.
En résumé : une position tardive… et peu convaincante.
N°4 – Mathieu Morateur : l’opportuniste
C’est le grand perdant de notre classement.
Mathieu Morateur a tenu des discours très favorables aux data centers et a plaidé dès le départ pour l’installation de ce projet sur la commune.
Macroniste historique, il a participé activement aux campagnes des candidats du camp présidentiel. Il n’est donc pas surprenant qu’il ait soutenu l’implantation de ce Data Center, imposé aux communes par le gouvernement d’Emmanuel Macron.
Ces derniers jours, il affirme que s’il est élu, il annulera le permis de construire pour le renégocier. Une promesse juridiquement impossible!
👉 Opportunisme politique et vision ultra-liberale : C’est le dernier de la classe.