Pétition fermée

Pour une République numérique ... médico-sociale

Cette pétition avait 62 signataires


                  Innovations et NTIC dans le secteur médico-social

               Pour une politique publique volontariste de soutien à la « révolution numérique » dans la filière médicosociale

Le secteur médicosocial n’est pas imperméable, loin de là, à la révolution du numérique qui touche l’ensemble des activités productives aujourd’hui.

Mais si cette révolution des usages et des pratiques professionnelles a su percer dans le champ de la e-santé, de la médecine connectée ou du « Big-data santé », force est de constater que cela apparaît plus compliqué dans le secteur médico-social, entendu comme celui des personnes en situation de vulnérabilité (handicap, personnes âgées dépendantes, protection de l’enfance)

Le secteur semble confronté à une quadruple contrainte :

Une contrainte liée à la formation initiale où cette dimension est peu, voire pas du tout abordée en tant qu’outil de médiation ou d’inclusion sociétale.

Une contrainte d’ordre culturel, touchant aux fondements du travail social principalement fondé sur une approche orale de la relation à l’usager. Le refus légitime de toute forme de normalisation du travail d’accompagnement a pour effet de retarder toute tentative d’informatisation et de partage électronique des données.

Une contrainte de financement liée à la structuration même du secteur, essentiellement représenté, du côté des gestionnaires et de ses centres ressources spécialisés, par des structures associatives qui ont beaucoup de mal à attirer les financements destinés à cette transformation numérique. Ces structures n’ont en effet pas accès aux financements prévus dans le cadre du crédit impôt compétitivité, du Crédit impôt recherche ou des projets soutenus par la BPI.

Une contrainte liée au modèle économique général auquel est soumis toute innovation en direction de ces cibles. Que ce soit en faveur des usagers, de leurs familles ou des professionnels qui les accompagnent, c’est en général le principe de gratuité d’accès qui est privilégié.

Dès lors, difficile d’attirer des start-ups ou des industriels vers un secteur aussi peu ouvert en apparence à cette révolution digitale.

En parallèle de ces contraintes, un certain nombre d’opportunités existent et méritent d’être saisies :

L’opportunité offerte par le coût de ces techniques qui est devenu marginal
L’opportunité de leur diffusion massive dans tous les champs de la vie quotidienne, à tous les âges de la vie et pour tous les milieux (certes, de manière inégale) mais qui ne pose plus la question de « l’appropriation de cet outils ». Nous avons largement dépassé la « période d’évangélisation ».
La question du suivi en continu et de l’évaluation de l’usager, dont ces techniques seront un support privilégié par leur « puissance » de collecte et d’analyse des chiffres.
La question aussi de l’évaluation de la qualité de service rendu à l’usager et de l’évolution des agréments des établissements et services
L’opportunité de la diversité de leurs champs d’actions potentiels : pédagogique, éducatif et thérapeutique
Un enjeu privilégié de lien avec les parents et l’environnement des personnes (amis, fratrie, pairs)

Les besoins existent et les initiatives impulsées par des équipes de terrain ou de rares projets de recherche appliquée débouchent sur des innovations utiles dans l’amélioration de la qualité des prestations délivrées aux usagers :

Les outils d’aide à la communication et à l’apprentissage qui se développent et sont de plus en plus utilisés pour certains publics, à l’exemple de l’autisme, mais qui ne bénéficient pas de protocoles sérieux d’évaluation en vue de leur diffusion vers d’autres structures équivalentes, ou d’autres publics (handicap intellectuel par exemple) 

De la même manière, des initiatives locales, partiellement repérées et faiblement diffusées, ont permis le développement d’applications de soutien à l’autonomie et l’inclusion sociale dans tel ou tel champ de la vulnérabilité.

La mise en œuvre d’expérimentations locales autour des projet PAERPA ou des territoires numériques de santé ont également permis à des acteurs de se doter de nouveaux outils numériques débouchant sur de nouvelles organisations territoriales et partenariales,

Enfin de nouveaux outils de coordination entre aidants, qu’ils soient professionnels ou non professionnels, souvent à la demande de familles de plus en plus connectées mais aussi de plus en plus éloignées ou éclatées, initient de nouvelles formes de collaborations au service des personnes fragiles vivant à domicile.

En direction de ces divers publics (personnes âgées et/ou handicapées à domicile ou en établissements, personnes en situation d’exclusion sociale, personnes protégées) ces expérimentations démontrent l’utilité et les apports du numérique pour améliorer le quotidien des personnes et impulser de nouvelles organisations territoriales.
Mais ces actions apparaissent de manière dispersée sur nos territoires, sont peu protocolisées et évaluées, et ne font pas l’objet d’une politique coordonnée de sélection et de diffusion des actions innovantes efficientes et pertinentes.

Il conviendrait donc de mettre en place une stratégie nationale de soutien actif au secteur pour initier et développer une politique publique durable dans le domaine numérique.

Cette politique publique volontariste pourrait répondre à quatre enjeux majeurs partagés du secteur médicosocial :

L’enjeu de la qualité du service rendu aux personnes par l’action publique : Comment mieux associer l’usager à l’évaluation du service rendu ?
Poser comme premier postulat que les référentiels de connaissance des situations de vulnérabilité sont co-construits avec les personnes et/ou leurs représentants comme c’est le cas pour la Classification Internationale du Fonctionnement, de la Santé et du Handicap (CIF) promue par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Poser comme deuxième postulat que la mise en œuvre des outils numériques au service de l’action médico-sociale sera soumise, en continu, au pouvoir d’agir et au contrôle des personnes et/ou de leurs représentants.

L’enjeu de la planification et de l’allocation des ressources : Comment mieux faire correspondre évolution de l’offre et réponse aux besoins ?
Cela passe par la priorité qui doit être accordée à un Système d’Informations partagées entre tous les acteurs impliqués (ARS, départements, MDPH, gestionnaires) basée sur une nomenclature claire et partagée des besoins à couvrir et des prestations offertes sur les territoires. Cela s’inscrit notamment dans la suite du projet SERAFIN de réforme de la tarification (lui-même basé sur les outils de l’OMS).
Une première étape est un recensement des outils déjà produits, des actions en cours, des projets à venir.

L’enjeu des pratiques professionnelles : Comment développer cette culture numérique chez les professionnels du secteur ?
Cela passe par des outils de diffusion et de duplication des innovations ayant démontré leur intérêt et leur utilité dans un accompagnement plus qualitatif des usagers. Cela passe aussi par des efforts importants en matière de formations initiales et continues des équipes et de l’encadrement.
Une réflexion institutionnelle et de gestionnaire à mener afin de soutenir la montée en compétence des équipes à travers des personnes ressources aux seins des établissements, pôle ou siège.
Dans le cadre de la formation continue, il est attendu une ouverture vers le financement de ce type de formations par les OPCA du secteur (UNIFAF, UNIFED, AGEFOS)
Cette ouverture d’esprit et la priorité donnée à ce secteur en matière d’accès au numérique et aux NTIC doit aussi se traduire par un soutien efficace aux structures ressources du secteur pour les aider à de se doter de ces nouvelles compétences à mettre à disposition des organisations et des professionnels (informaticiens, gestionnaires réseaux, ingénieurs, conseillers numériques…).

L’enjeu du financement du « e-médicosocial » : Comment orienter et sécuriser les financements pour accompagner cette révolution numérique du secteur médicosocial ?
Le seul objectif de rentabilité immédiate ne pourra permettre au secteur médicosocial d’être à la hauteur des enjeux de cette révolution numérique, pour autant la question de l’efficience reste pleine et entière à travers les enjeux d’équipement d’outils utiles, accessibles et pérennes

Il est fondamental que les critères d’utilité sociale et d’amélioration de la qualité de vie des personnes vulnérable soient placés au centre des objectifs collectifs visés. Cela doit donc passer sur le fléchage d’un soutien public à cette politique de modernisation du secteur (Fonds d’Interventions Régionaux sous la responsabilité des ARS, volet Plan national numérique « e-ms » dans le cadre de la loi en discussion, mobilisation de l’épargne nationale…)


Nos premières propositions :

Créer un événement de portée nationale pour installer cette question à l’agenda des politiques publiques
Mettre en place une plateforme nationale d’échanges et d’information permettant aux acteurs impliqués (gestionnaires, associations, décideurs publics, équipes de recherche) de se fédérer sur des projets innovants à haute valeur sociale ajoutée
Mettre à disposition des structures volontaires des « personnes ressources-numérique »
Développer et généraliser des observatoires de l’innovation dans le champ médicosocial
Lancer des appels à projets permanents BPI/CNSA pour soutenir et développer des initiatives innovantes dans le secteur médicosocial
Compléter les référentiels de formations des intervenants par un volet « compétences numériques » 

Premiers signataires :

Thierry DIMBOUR, Directeur du CREAI Aquitaine
Christian JAVELLE, Directeur du dispositif "Champfleury", ADAPEI 49
Patrick LEGEAY, Directeur adjoint du pole handicap 49, Croix Rouge Française
Jean Yves BARREYRE, Directeur du CREAI Ile de France

Pr. Robert LAFORE, Professeur de droit public, Université de Bordeaux – Institut d’Etudes Politiques 
Pr Nathalie SALLES, Chef du Pôle de Gérontologie Clinique, CHU Bordeaux
Thomas BOUQUET, directeur du Centre ressources Autisme d’Ile de France
Dominique SOLER, Directeur Bertin Ergonomie
Reine-marie BLAIN, directrice de Complexe Médico-Social UGECAM
Ernest PORRAS, Président d’IRASCA, ancien enseignant de l’ENSC
Thomas BEAUNE, Directeur Général UNADERE
Mickaël CHALEUIL, Président de l’Association Agir Pour la Télémédecine
Eric DAHLQUIST, Délégué Général ABILYMPICS France 2016
Jean-René LOUBAT, Formateur-conseil en ressources humaines et ingénierie sociale
Maryse DELIBIE, directrice du CHIC Ribérac Dronne Double
Emmanuel DEVREESE, directeur général de l’ADAPEI 33
Patrick ROTHKEGEL, Directeur délégué FEGAPEI - Projets innovants et ancien DG-Handeo
Jean Louis REYNAL, Directeur de CHRS, membre de la CRSA Aquitaine
Philippe SCHNEIDER, membre du Groupe National Santé CLCV
Rodolphe KARAM, Membre de la CRSA Aquitaine
Dr Bruno NADIN, Administrateur du CREAI Aquitaine
Christian JUNCKER, Directeur des Solidarités et de la Santé du Jura

 



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Thierry DIMBOUR a besoin de votre aide pour sa pétition “Dans le cadre de la grande consultation qui a été lancée par le gouvernement, des acteurs du secteur médico-social ont souhaité attirer l’attention sur les spécificités de ce secteur d’activité, dans le cadre de cette nouvelle "République Numérique"”. Rejoignez Thierry et 61 signataires.