Cyril HANOUNA, laissez la parole à la jeunesse !

0 a signé. Allez jusqu'à 500 !


Monsieur,

Votre programme de divertissement est largement suivi par un nombre grandissant de téléspectateurs. Vous avez, et vous le savez, le pouvoir d’influencer l’opinion publique au gré de vos humeurs. Vos paroles, ainsi que celle de votre bande de chroniqueurs, peuvent faire et défaire des réputations, pousser, propulser, comme détruire celles et ceux qui font l’objet de sujets dans votre programme.

Ces derniers jours, Mennel, bien malgré elle, a provoqué une grande polémique que vous avez nourri. Voilà qu’on l'a condamné, elle qui a été la cible de la facho sphère, elle qui a tenu des propos qui, quoi que vous en pensiez, sont partagés par un nombre important de jeunes de sa génération.

Parce que Mennel a grandi dans l’ère d’Internet, quand celles et ceux qui se sont positionnés en tant que juges sur son cas très précis, à l’image d’Isabelle Morini-Bosc ou de Benjamin Castaldi, ont à peine connu le poste de radio ou vu de leurs propres yeux la genèse du petit écran de télévision. Eux qui avaient accès à une information continue, vérifiée, contrôlée et acceptée, se placent en juges d’une génération qui a accès à une information diversifiée, justifiée ou faussée, qui fait se poser des questions aux âmes bien nées.

Le gouvernement en est conscient, mais vous l'êtes-vous seulement ? Il en est conscient et le prouve à travers la mise en place d’un programme visant à lutter contre les théories du complot. Et cela commence dans le système scolaire. Comme à chacune de vos polémiques, vous balancez pour ensuite vous excuser ou exprimer des remords. Vous détruisez pour ensuite reculer et tenter d’offrir une seconde chance à la personne victime de vos attaques. Mennel a été présentée comme le visage tendre de la radicalisation par valeurs actuelles, elle été pointée du doigt comme une djihadiste en puissance par une chroniqueuse du Figaro. Vous avez participé à ce lynchage en place publique, et malheureusement Mennel, épuisée, refuse aujourd’hui de s’exprimer à nouveau dans la presse, tout simplement parce qu’elle trouve ridicule cette affaire, selon les termes de son avocat, mais aussi parce qu’elle veut simplement faire partager son talent à celles et ceux qui sauront tendre l’oreille pour l’écouter sans préjugés.

Et nous, membres de la génération ciblée, membres de la génération Mennel, de la génération Bataclan, de cette France qui s’est levée pour la liberté d’expression, Nous devrions accepter le recul de cet artiste, qui ne souhaite pas en rajouter une couche, et laisser la place vide quand à travers son cas, c’est finalement toute une génération que vous avez traîné dans la boue ?


Une génération qui se questionne, qui ne comprend pas, et qui sait que ce genre de propos n’est pas forcément synonyme de précipitation, ou de maladresse. Ils peuvent aussi sonner comme une incompréhension, un questionnement sur ce monde instable qui nous entour, questionner le positionnement de nos représentants sur la scène internationale, en bref : il est la démonstration du fait que nous cherchions à comprendre. Est-ce une tare ? Est-ce un crime ? Nous sommes tous, quelque part, victimes du terrorisme, victimes de celles et ceux qui ont fait le choix d’une idéologie mortifère et qui laissent couler le sang partout là où ils passent. Et parce que nous sommes tous victimes du terrorisme, nous ne pouvons pas accepter que la place reste vide, et qu’aucun jeune ne puisse venir s’exprimer sur votre plateau.

Alors que c’est justement l’intergénérationnel qui est la clé de notre réussite commune, nous ne pouvons pas accepter non plus qu’une seule génération, ou deux, se positionnent juges et bourreaux d’une troisième génération. Nous sommes porteurs du dialogue, porteurs de l’échange constructif, et nous partageons tous cette volonté de vivre dans un monde plus sûr pour nous, et les générations à venir.

En ce sens, c’est en ma qualité d’essayiste politique indépendant, président de l'association fr-action, intervenant sur cette affaire sur RMC chez Jean-Jacques Bourdin, que je vous invite permettre ma confrontation face à vos chroniqueurs, je vous invite à ne pas manquer ce rendez-vous, et suite aux regrets que vous avez exprimés : à mettre ensemble cartes sur table face à des chroniqueurs qui, ont pu décevoir et choquer.

J’ai informé Mennel, et son conseil, de ma démarche. Je ne viendrai pas parler en son nom mais bien défendre une position largement partagée. Je viens vous proposer le pluralisme d’opinion, quand une seule et même ligne a été défendue dans le cadre de votre émission.

Vous remerciant du temps que vous aurez su porter à cette requête, je vous prie de croire en l’expression de ma sincère considération.


Ismael Boudjekada



Ismael compte sur vous aujourd'hui

Ismael BOUDJEKADA a besoin de votre aide pour sa pétition “Cyril Hanouna: Cyril HANOUNA, laissez la parole à la jeunesse !”. Rejoignez Ismael et 356 signataires.