
Voici la lettre de M. Micheneau, ancien maire de Maché de 2008 à 2020, à son succésseur autrefois son premier adjoint.
Publié avec son autorisation ainsi que celle de ses co signataires.
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Monsieur le Maire,
J'ai bien réfléchi âvant de vous écrire et j'ai considéré qu'il était irnportant de vous faire part de mes réflexions au sujet de l'affaire CANO.
En effet, jusqu'ici et hien qu'ancien Maire, je n'ai pas voulu m'inscrire en opposition frontale contre vos décisions. Je n'ai pas signé la pétition, pas acheté de légumes et évité toute autre intervention. La tournure des évènements m'incite aujourd'hui à envisager les choses
différemment.
Je constate qu'on est bien loin de certains de vos objectifs tels que détaillés dans votre profession de foi distribuée dans tous les foyers de la commune avant votre élection :"Soutenir et promouvoir les productions locales".
J'avais reçu en mairie le couple en octobre 2018. ll m'a écrit un courrier le premier novembre auquelj'ai répondu en date du L9 novembre. Dans celui-ci, je leur donnais des renseignements pour l'établissenrent d'une déclaration préalable et insistais sur la nécessité de se faire recenser auprès de la charnbre d'Agriculture. Monsieur Cano a donc dû suivre une formation assez longue qui a débouché sur un diplôme. Par ailleurs, la transformation des terres traditionnelles en terres "bio" nécessite un délai de trois ans. ll a aussi recherché des financements pour lancer son entreprise.
Dès le départ, nous lui avions bien précisé que nous le soutenions dans ses démarches et vous avez été mis au courant dans le cadre des réunions d'adjoints qui se tenaient très régulièrement. On peut donc comprendre I'incornpréhension et le désarroi de ce couple dès que vous vous êtes manifesté en 2021 pour interdire son installation.
Bien évidemment, une pétition de soutien a recueilli à ce jour plus de 77.000 signatures ce qui n'est pas très bon pour le renom du village de Maché. J'aimerais également souligner que les comptes-rendus de
Conseils sont, pour le moins, très succincts sur cette affaire et qu'en particulier les détails de l'arnende de 50 €/jour n'y figurent pas.
Or, les arguments que vous utilisez sont fallacieux. De nombreux cas d'installations de mobilhomes sur les sites d'exploitation de maraichages existent en Loire-Atlantique. Le P.L.U.l,H indique en effet dans sa page 93 {Titre V du P.L.U.l.H. dispositions applicables aux zones agricoles) que les résidences démontables et habitations légères à usage d'habitat permanent sont autorisées sous réserve de ne pas apporter de gêne à l'activité agricole ce qui est le cas.
Page 95, il précise qu'en l'absence de réseau collectif d'assainissement, et seulement dans ce cas, un système d'assainissement non collectif est autorisé dans la mesure où il est en adéquation avec la nature du sol. ll devra être conforme aux prescriptions du service public
d'assainissement non collectif. Or, cette décision du SPANC est actuellenrent bloquée. La mare qui reçoit les eaux grises a été réalisée sur le conseil de Vendée-Eau et les Cano utilisent des toilettes sèches. Une analyse de l'eau de la mare a été réalisée dernièrement et les résultats sont excellents. La présence permanente des exploitants sur le site n'r'apparait indispensable d'une part pour prévenir ies vols qui, en raison de la crise et de la hausse des prix peuvent se multiplier, et d'autre part pour respecter les horaires d'arrosage fixés par la Préfecture lors des sécheresses et les horaines de travail en fonction de la météo" De rnême la préparation des commandes liées à la comrnercialisation auprès des commerces BIO (BIOCOOP) et vers les particu liers justifie cette présence.
J'aimerais donc que vous révisiez votre position dans Ie sens de l'apaisement ce que tout le monde souhaite. les Cano sont des personnes sympathiques, bien intégrées dans notre village et travailleuses. lls ne peuvent évidemment payer l'astreinte ahurissante de 50 € par jour à compter du huit novembre s'ils restent sur place. Qu'on laisse donc les gens travailler !
Mes amis, Robert Bourasseau, ex-maire de Palluau et iean-François Morice, ex-conseiller municipal de Maché sont également signataires de la présente et partagent mon opinion.
En espérant que le bon sens prévaudra et que les informations présentes seront bien communiquées au Conseil Municipal, je vous prie d'agréer, Monsieur le Maire, l'assurance de
mes salutations distinguées.
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Merci à JP Micheneau de son soutien public et assumé.
Merci à lui et aux co signataires de ce courrier de m'avoir donné la permission de le publier.
Cela fait du bien de lire que certains élus et ex-élus assument des positions divergentes. Nous savons qu'il ne sont pas les seuls à nous soutenir. Un député de l'opposition est venu sur place se rendre compte de la situation et nous a également soutenu. D'autres élus, plus discrets, désapprouvent également les actions du maire de Maché.
Une question reste cependant en suspens, comment se fait il, qu'en France en 2022, on puisse revenir aussi brusquement sur la décision d'un prédécésseur ? Nous habitons Maché depuis 2018, le nouveau maire a été "élu" en 2020 et a attendu 2021 pour décider seul de nous poursuivre en justice pour notre logement qu'il juge "illégal et polluant" .
Lorsque la vie d'une famille et une entreprise agricole "essentielle" sont en jeu, il ne devrait pas y avoir de retour en arrière. Le métier de maraîcher est déjà suffisamment précaire et incertain pour être en plus à la merci d'un changement de municipalité.
Cagnotte en ligne pour nous aider à poursuivre la lutte judiciaire : https://www.onparticipe.fr/cagnottes/37zC5zNO