
Un article de Reporterre essentiel à lire , sur la disparition de la terre agricole en France
"Un cercle vicieux s’est ainsi installé : les fermes s’étendent, deviennent de plus en plus capitalistiques ; les propriétaires ont davantage recours à de la sous-traitance et au numérique pour gérer ces immenses domaines fonciers. Pour plus de simplicité et de rentabilité, ils privilégient des monocultures, cultivées de manière intensive. De l’autre côté du spectre agricole, les jeunes — et moins jeunes — qui souhaitent s’installer comme paysans, avec souvent des envies d’agroécologie, d’autonomie ou de permaculture, se heurtent à un mur. Des fermes trop grandes, trop chères — compter 6 000 euros en moyenne pour 1 hectare — qui ne correspondent généralement pas au projet agricole du futur paysan. Ainsi, d’après Terre de liens, quelque 5 000 personnes renoncent chaque année à s’installer, et avec elles, leurs projets pour une autre agriculture. "
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À l’autre bout de la chaîne, les mangeurs et mangeuses que nous sommes font les frais de ces évolutions délétères. Outre les conséquences écologiques de l’agriculture conventionnelle — pesticides, engrais azotés —, ce système alimentaire nous rend très vulnérables et dépendants. « Pour faire face à sa demande alimentaire nationale, la France importe aujourd’hui l’équivalent de 9 millions d’hectares — 1 fruit et légume sur 2 consommés est importé », constate le rapport. Dans le même temps, 12 millions d’hectares sont aujourd’hui voués à l’exportation, soit 40 % des terres agricoles.
« Ceci est le résultat de choix politiques, estime Maurice Desriers, économiste agricole et contributeur du rapport. On pourrait, en diminuant de 25 % notre consommation de produits animaux, nourrir toute la population française avec du bio, le tout en créant des milliers d’emplois agricoles. »