Petition updateNON au SNU ( Service National Universel )

BILAN SNU 2021

bernard PHILIPPEFrance
Jan 28, 2022

L’Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (INJEP) a été chargé de faire le bilan du SNU 2021. Il a remis son rapport de 175 pages le 24 janvier 2022.

Nous retenons les points suivants:

  • - La participation: 14 650 jeunes, sur 25 000 programmés, ayant entre 15 et 17 ans se sont portés volontaires et ont participé au séjour de cohésion du Service national universel en 2021. Parmi eux 56 % sont des filles (contre 49 % en 2019).
  • - La propagande: Des jeunes sont le plus souvent informés de l'existence du SNU par leur lycée
  • Les deux principaux canaux d’information sont le lycée et les réseaux sociaux.10 % déclarent que leur participation au SNU leur a été imposée par leur famille.Des parents qui ont réalisé leur service militaire souhaitent que leur enfant puisse profiter de  l'expérience du SNU.
  • Ils témoignent:
  • « J’ai connu le SNU via mon lycée et un prof qui nous en a parlé. Puis ma famille, car mon père est un ancien parachutiste. J’ai un tempérament plutôt réservé et j’étais réticente, mais ma famille m’a poussé·e et m’a dit que ça me ferait du bien.  »
  • « Le CPE [conseiller principal d’éducation] nous a présenté le SNU. Dans sa présentation, il a surtout mis en avant le côté militaire, ce qui m’a forcément attiré dès les premiers mots puisque je veux faire carrière dans l’armée. »
  • « J’ai entendu parler du SNU dans un cours d’éducation civique, quand la participation à la journée d’appel a été mentionnée. Le SNU était présenté comme une autre option, différente avec des objectifs proches. Le professeur a surtout insisté sur l’engagement et l’encadrement militaire. Il a dit qu’on serait encadrés par des professionnels de l’armée. »
  • « Mon père a reçu un courrier sur le SNU. Il pensait que c’était obligatoire, comme lui avait fait son service militaire, donc il m’a inscrit. »
  • « Mon père a fait le service militaire au Congo, et mon frère est réserviste à l’armée de terre. Ils m’ont expliqué que le “service national” était forcément militaire. »
  • Les non-volontaires sont majoritairement des hommes (65 %)
  • « C’est ma mère qui m’a inscrit·e au SNU pendant que j’étais hospitalisé·e. Je crois qu’elle trouvait que c’était bien que je puisse faire quelque chose à ma sortie. C’est le lycée qui lui a adressé un mail et qui lui a conseillé de m’inscrire pour que je retrouve une vie sociale. Au début, ça m’a saoulé·e. Je l’ai mal pris : je trouvais ça trop strict, trop cadré.
  • Ma famille me disait : “Comme ça tu te tiendras à carreau !” Donc au SNU, j’y suis allée comme ça, sans trop me renseigner et en me disant que je verrais bien là-bas ! »
  • - L'appétence pour l'armée: 10 % déclarent avoir un parent qui travaille dans l’armée, la police, la gendarmerie ou chez les pompiers et  37 % déclarent avoir un parent qui a travaillé par le passé dans un de ces corps en uniforme. "Une proportion très élevée quand on sait que les personnes travaillant pour l’armée représentent environ 1 % des personnes en emploi à l’échelle nationale"
  • "L’appétence pour le cadre militaire est clairement exprimée dans les principaux facteurs de motivation des volontaires, que ce soit dans une perspective d’insertion professionnelle future, de découverte des métiers ou de « challenge » personnel"
  • " L’armée tient une place centrale dans la perception qu’ont les jeunes du Service national universel, un constat qu’il faut croiser avec la manière dont la communication a été déployée nationalement et sur les territoires, et qui se retrouve dans le profil des jeunes ayant candidaté en 2021. Un grand nombre d’entre eux se projettent en effet dans une carrière militaire et voient dans le Service national universel l’occasion d’en faire une première expérience pour se tester et mieux en connaître les attendus... Des ateliers « militaires » quotidiens ont même été proposés sur les temps libres. Animés pas les encadrants, il s’agissait de répondre à  une curiosité et une envie de certains volontaires d’être plus largement familiarisés avec l’environnement de l’ armée (métiers, quotidien,compétences requises, processus de recrutement, etc.)"
  • Ils témoignent:
  • « Quand on regarde la présentation du SNU, on voit surtout l’armée, moi je pensais qu’il n’y aurait que les militaires dans les encadrants ! »
  • « Je voyais le SNU comme une sorte de mini-stage militaire"
  • - Les rites militaires: Les jeunes sont 90 % à déclarer adhérer à la levée des couleurs et au chant de la Marseillaise, même si les « non-volontaires » sont en retrait (75 %).
  • Il y a une appétence pour les activités sportives et les modules animés par les corps en uniforme. Parmi les modules proposés, le module " Défense, sécurité et résiliences nationales" est préféré à 64%, le module " Développement durable et transition écologique" est préféré à 9%.
  • "Relevons toutefois que les « non-volontaires » ont moins adhéré aux symboles et valeurs véhiculées par le Service national universel. Si dans leur ensemble, 90 % des jeunes ont jugé importants la levée des couleurs et le chant de la Marseille, c’est le cas de 75 % des « non-volontaires »
  • "De plus, les « non-volontaires » répondent deux fois plus souvent que les autres participants qu’un Service national universel obligatoire ne serait pas utile à la société (38 % contre17 % des autres participants)."
  • - Les missions d'Intérêt général: Pour effectuer la mission d’intérêt général, une majorité de volontaires souhaite se tourner vers les corps en uniforme, que ce soit l’armée (53 %), la police/gendarmerie (42 %) ou les pompiers (36 %).
  • A la question: "Pour la phase d'intérêt général dans quel type d'organisme souhaiteriez-vous vous engager?" 53% répondent dans l'armée, 42% dans la police / gendarmerie, 36% chez les pompiers, 11% dans une collectivité ( commune/ département/ région).
  • Début janvier 2022, sur les 14650 jeunes volontaires, 1511 avaient validé leur MIG et 628 jeunes étaient en cours de mission.
  • - Les encadrants: Il y a des difficultés de recrutement. Les encadrants sont majoritairement issus du corps enseignant. La préparation et la formation sont jugées insuffisantes. Les rémunérations à la journée sont variables suivant les régions. Il y a eu d'importants retards de règlement des contrats.
  • "Une gestion des contrats erratique, ayant donné lieu à des retards de rémunération des équipes."
  • Ils témoignent:
  • « Le personnel de l'éducation nationale a été seulement défrayé et a perçu une compensation symbolique. Ce n’est pas possible de fonctionner comme ça, avec deux poids deux mesures au sein des équipes."
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