La liberté, un logement et des papiers pour Alfidel et tou.te.s les migrant.e.s à la rue.

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Le mardi 24 octobre, plusieurs migrants tchadiens à la rue ont tenté de rentrer dans une maison vide de banlieue parisienne pour avoir un lieu où dormir. Lorsque l’alarme s’est déclenchée, tous ont réussi à prendre la fuite sauf l’un d’eux qui s’est fait arrêter. Parce que squatter ne constitue pas un délit, c’est sur le motif fallacieux de cambriolage qu’Alfidel a été jugé en comparution immédiate, écopant d’un an ferme, malgré l’absence d’antécédent judiciaire.

La qualification de vol avec effraction et la condamnation à un an de prison ferme témoignent de l’acharnement judiciaire contre les sans-abris, que de plus en plus de migrant.e.s débouté.e.s de l’asile rejoignent. Persécuté.e.s par la police, ils/elles n’ont d’autre choix que de trouver un lieu pour se protéger. C’est simplement pour avoir défendu activement ce droit à vivre dans un minimum de dignité, qu’Alfidel se trouve actuellement incarcéré à la maison d’arrêt de Fresnes en attendant son procès en appel.

Pendant sa garde à vue, Alfidel a reçu une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) et une IRTF (Interdiction de Retour sur le Territoire Français), assorties d’un délai de contestation de 48 heures, contre 15 ou 30 jours selon les délais légaux, rendant de fait impossible tout recours juridique.

Cette menace d’expulsion dès la sortie de prison est particulièrement alarmante au vu de la situation de son pays et de son rôle avéré d’opposant, à la fois au Tchad et en France.

Né au Tchad au tout début des années 90, Alfidel a participé encore mineur à la rébellion de 2006 contre le dictateur Idriss Deby. Grièvement blessé et sommairement soigné, il garde de graves séquelles qui nécessitent aujourd'hui des soins médicaux dont il ne peut pas bénéficier en prison. Il est emprisonné avant de s’enfuir en Libye puis de rejoindre la France où sa demande d’asile est rejetée, comme c'est le cas pour la très grande majorité des tchadien.ne.s, dont le tort principal est d’être ressortissant.e.s d’un pays « ami de la France ».

Pourtant, les organisations des droits humains ont récemment alerté sur l’évolution de ce pays, puissance militaire régionale et l’un de ses principaux alliés de la France dans la « guerre contre le terrorisme » menée au Sahel et au Sahara. Un article du Monde Diplomatique de 2016 note que la disparition « d’une cinquantaine de soldats, opposants au président Deby, n’a pas fait l’objet de la moindre remarque de la part du ministre français de la défense Jean-Yves Le Drian, en visite dans la capitale le 29 avril 2016».

Lorsque l’on sait que les autorités françaises n’ont pas hésité à collaborer avec le dictateur soudanais Omar El Bechir pour identifier et lui livrer des opposants politiques, les inquiétudes quant au sort d’Alfidel ne sont pas sans fondement. D’autant que dans son rapport de septembre 2017, Amnesty International évoque de nouveaux cas de disparitions forcées assorties de tortures d’au moins 64 militaires ayant refusé de voter pour le président sortant aux élections d’Avril dernier.

En tant qu’opposant ayant combattu militairement le régime tchadien en 2006, Alfidel risque gros s’il est renvoyé au Tchad. Il serait en outre condamné à l'errance si son expulsion et son interdiction de revenir dans l'espace Schengen stipulée par l'IRTF étaient mises à exécution. Son expulsion détruirait les nombreux liens qu'il a tissés en France, comme en a témoigné la présence de ses nombreux.ses ami.e.s, militant.e.s, et représentant.e .s d’associations d’aide aux migrant.e.s où il aide bénévolement comme traducteur, venu.e .s le soutenir au tribunal lors de sa demande de mise en liberté, qui a été refusée.

Nous demandons la libération d’Alfidel dans les plus brefs délais, sa relaxe, l’annulation immédiate de son OQTF et de son IRTF par la préfecture, ainsi que le réexamen de sa demande d’asile. Pour que la justice et le droit ne soient pas sacrifiés aux intérêts de la françafrique et de la politique cynique et morbide de la France et de l’Union Européenne en matière migratoire, nous devons immédiatement mettre fin à son calvaire et lui permettre de vivre son exil politique légalement et librement en France.

L’histoire d’Alfidel est symptomatique de la pénalisation de la liberté de circulation et de la vulnérabilité engendrée face à une répression accrue. Nous sommes déterminés à lutter contre la criminalisation du mal logement, des migrant.e.s sans distinction de statut, et contre les politiques qui privent de plus en plus de personnes de leurs droits fondamentaux : logement, accès aux soins, travail, éducation, etc.

Des papiers et des logements pour tous !

Le Collectif de Soutien à Alfidel

 

Contact et messages de soutien à Alfidel: alfidellibre@riseup.net

Merci de signer, partager et de contribuer à la cagnotte pour les frais de justice et les mandats envoyés à Alfidel en prison chaque mois.

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Premiers signataires

FASTI (Fédération des associations de solidarité avec tous-te-s les immigré-e-s)

RESF (Réseau éducation sans frontières)

Ligue des Droits de l’Homme Section-EHESS Paris.

RUSF (Réseau Université Sans Frontières) Paris 1

Zone de Solidarité Populaire 18eme arrondissement.

Copaf (Collectif pour l'avenir des foyers)

Etienne Balibar, philosophe

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, postier et écrivain

Eric Fassin, Professeur de sociologie, Paris-8

Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire

Omar Slaouti, militant antiraciste

Denis Godard, militant antiraciste

Marielle Debos, politiste, Université Paris Nanterre

Estelle Miramond, doctorante ensociologie et genre, militante pour la régularisation des étudiants sans-papiers (RUSF)

Laura Peyratout, permanente syndicale, CNT-SO

Chowra Makaremi, Anthropologue, CNRS, IRIS

Isabelle Coutant, Sociologue, CNRS, IRIS

Michèle Leclerc-Olive, chercheure CNRS, IRIS

Karen Akoka, maîtresse de conférence, Université Paris Nanterre

Valérie Osouf, réalisatice

Stéphanie Tawa Lama-Rewal, chargée de recherche CNRS (CEIAS)

Rose-Marie Lagrave, directrice d’Etudes, sociologue, EHESS

Claude Calame, directeur d’études, EHESS, Paris

Hind Meddeb, réalisatrice

Anne-Marie Malibert, retraitée.

Véronique Bontemps, chargée de recherche CNRS, IRIS.

Timothy Perkins, Enseignant ENSCI, plasticien

Barbara Glowczewski, Directrice de recherche au CNRS, IAAC

Nicole Lapierre socio-anthropologue, CNRS

Monique de Saint Martin, sociologue, directrice d’Etudes, EHESS

Barthélémy Michel, Sociologue, CNRS

Alessandro Stella, Historien, Directeur de Recherches au CNRS/EHESS Paris

Clara Lecadet, chargée de recherche, CNRS, IAAC

Nicole Abravanel, Historienne - EHESS/Centre de Recherches Historiques

Saskia Cousin, Maitresse de conférence en anthropologie à l'Université Paris Descartes

Christophe Baticle, Socio-anthropologue, Université de Picardie Jules Verne , Amiens

Florence Smidt-Nielsen, Juriste - droit d'asile

Clémentine Verschave, Infirmière 

Danièle Touati, Directeur Recherches Biologie, CNRS

Jocelyne Clément , Psychologue clinicienne, Psychologue scolaire 

Zelda Guilbaud, étudiante à l’EHESS, militante auprès des exilés, blogueuse

Léopoldine Mana’ch, étudiante à l’EHESS, militante auprès des exilés, blagueuse

Nicolas Jaoul, Anthropologue, CNRS, IRIS

Anath ARIEL DE VIDAS, Anthropologue, Directrice de recherche au CNRS, Directrice du Centre de recherches sur les mondes américains (CERMA)

André Burguière, Historien, LDH, EHESS-Paris

Jean-Paul Vanhoove, Retraité

Caterina Guenzi, Maitresse de Conférences, EHESS, directrice du CEIAS

Lola Frederich, réalisatrice

Jean-Luc Gautero, maître de conférences 72e section , Université de Nice-Sophia Antipolis

Isabelle Krzywkowski, enseignant-chercheur, Université Grenoble Alpes
Daphné Le Roux, Doctorante au Sophiapol (Nanterre)

Cindy Morillas, post-doctorante, Centre for Social Change, Université de Johannesburg

Michel Casevitz, professeur émérite à Paris Ouest Nanterre La Défense

Evelyne Ribert, sociologue, CNRS

Richard Moyon co-fondateur du RESF



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