Petition updateCNRS: nouveau système de gestion des missions, on n'en peut plus!lettre ouverte au DGDR suite à la vidéo du 29 Avril 2024
Pierre LIVINGSTONEFrance
May 8, 2024

lettre ouverte au DGDR du CNRS suite à la vidéo du 29 Avril 2024 sur  https://www.lecnrsetnous.live

copie au PDG du CNRS et au directeur de l’INSU

 

Cher Christophe Coudroy

 

C’est avec grand intérêt que j’ai écouté votre longue intervention à l’attention des personnels du CNRS, particulièrement la partie sur la « simplification » autrement nommée par la Cour des Comptes le « fardeau bureaucratique ». On ne peut que se réjouir d’entendre que la direction du CNRS se retrousse (enfin ?) concrètement les manches pour répondre de manière circonstanciée au ras le bol et au découragement profond des gestionnaires et chercheurs, entre autres, et agir face à ce qui a été qualifié il y a presque un an d’« entraves à la Recherche » par le Conseil Scientifique du CNRS, qui a été objectivé par l’enquête IPSOS rendue publique en Décembre, et a entrainé plus de 4100 signatures sur notre pétition à ce jour. Un premier pas dans la bonne direction est franchi, avec l’abandon des justificatifs de repas, bravo, continuez ! C’est un petit pas mais soyons optimiste avec l’adage « c’est le premier pas qui compte ».

Dans un échange en Décembre dernier Antoine Petit m’a confié être lui-même entravé par les services de l’Etat dans sa volonté de simplification et m’a demandé de l’aider dans cette tache en passant de l’imprécation à la proposition. Voici donc quelques observations allant dans ce sens principalement à propos du calvaire des missions avec Notilus, Goelett, FCM and co. 

Vous expliquez que l’obligation de passer par Goelett/FCM pour engager tout déplacement dans une mission financée par le CNRS est le résultat du code des marchés qui s’impose à tous dans la fonction publique. Soit (enfin, vraiment à tous ?). Mais j’ai aussi entendu Antoine Petit dire qu’il y a souvent de la surinterprétation des règles, par des instances intermédiaires zélées. Concrètement je veux bien admettre que si c’est le CNRS qui commande directement un voyage, il doit passer par le titulaire du marché. Mais pourquoi interdire au missionnaire d’acheter son billet, sa location de voiture ou sa chambre d’hôtel et se faire rembourser après mission comme pour les factures de repas ? Pourquoi ce qui est admis pour les repas (ne pas passer par un marché centralisé de restauration, ce qui serait le cauchemar ultime) ne l’est pas pour voyage et hôtel ? Cela ne parait pas cohérent d’un point de vue légal. 

L’obligation de passer par Goelett nous impose de fort délais (excluant de facto des missions d’opportunité à haute valeur scientifique, du genre aller ramasser une météorite qui vient de tomber à l’autre bout de la France, faire une intervention urgente et imprévue sur une éruption volcanique ou un chantier archéologique), des surcouts en argent, en temps de parcours, en consommation de CO2 et en démarches supplémentaires absurdes. Quelques exemples : les vols low-cost sont interdits (même la filiale d’Air France, Transavia !) ce qui par exemple pour faire un Marseille-Brest multiplie le cout en euro, heure et CO2 par 2 ou 3 ; Goelett ne nous propose pas le TGV Ouigo et tourne à la loterie coté TER; on ne peut pas acheter un billet de première moins cher qu’un billet de seconde; pourquoi diable ?! Si l’on doit modifier son voyage à la dernière minute, c’est quasiment impossible quand Goelett a payé la prestation, alors qu’en payant nous-mêmes cela demande quelques clics et notre carte bleue; ce sont pourtant des choses qui arrivent en particulier quand on est sur le terrain. Une prestation annulée pourtant dans les règles est parfois non remboursée sur notre crédit. Les exemples d’absurdités similaires sont innombrables, je suis sûr qu’ils vous sont remontés. Un dernier exercice de voyage en absurdie : essayez de trouver sur Goelett une chambre « conforme à la politique » à New York même dans 5 mois, en demandant au logiciel de filtrer sur la politique de voyage. Moi-même j’ai abandonné après 10 ouvertures d’offre en apparence conformes mais qui ne le sont pas quand on clique dessus, et pourtant ce ne sont que des 3 étoiles à 165 € la nuit. 

Vous dites avoir obtenu (seulement jusqu’à fin Juin alors que cela devrait être permanent) la possibilité d’une attestation de passage hors marché. Mais concrètement pour avoir le droit d’acheter mon billet Marseille-Rome direct avec Ryanair, au lieu du Marseille-Rome via Paris (0.18 au lieu de 0.44 t CO2), j’ai dû me battre pendant deux semaines avec l’aide de ma gestionnaire, annuler et refaire ma mission, et j’entends dans votre intervention que cela ne sera plus possible après fin Juin ??

Plus généralement, concernant les marchés, j’imagine que la démarche du législateur était d’empêcher par exemple un Maire de commander la réalisation d’un rond-point à son neveu pour le double du prix normal, et se faire ristourner 30% pour sa campagne électorale.

Qu’à cela ne tienne il serait facile de justifier au nom de l’intérêt général de l’Etat et du contribuable des possibilités de dérogation au marché sans casse-tête administratif dans des cas 1) de moindre cout manifeste du hors marché, en euro, temps ou CO2 (par exemple avec un seuil de 15% de mieux disant), 2) de force majeure (par exemple imprévisibilité de la date du voyage ou de la nuitée), 3) de délai trop court justifiable. Nous avons tous en tête des exemples de titulaires de marché nationaux qui en profitent pour nous imposer des conditions confinant à l’extorsion. Goelett est un cas patent, mais le champion de ces pratiques sub-mafieuses, c’est l’UGAP, qu’heureusement le CNRS ne nous impose pas trop. Je suis sûr que la Cour des Comptes pourrait entendre de tels arguments. Merci d’avance d’essayer de les porter, à l’heure où il semble que c’est l’ensemble des organismes de recherche qui rejoignent le CNRS dans l’enfer de Notilus.

Bien cordialement

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