Mise à jour sur la pétitionCNRS: nouveau système de gestion des missions, on n'en peut plus!Réactions: médias et direction
Pierre LIVINGSTONEFrance
24 oct. 2023

Notre pétition fait réagir, même si la lettre ouverte au PDG du CNRS est restée sans réponse directe pour ne pas faire mentir l'expérience passée...

Le Figaro a publié un article ce Dimanche (texte ci dessous), intitulé " 
Notilus, Goelett et Etamine, les logiciels qui suscitent un vent de fronde contre la bureaucratie au CNRS"

Le journaliste a obtenu une réaction du DGDR qui admet "La charge administrative est trop lourde pour les chercheurs dans le pays". Enfin la direction ouvre les yeux!

Mais pour tout aussitôt assurer que les quelques bugs de ces logiciels sont en passe d'être réglé. Je crois que vous n'êtes pas d'accord?!

continuons donc à faire signer cette pétition, et celle des grenoblois "le bateau coule" (cf une précédente mise à jour)

 

l'article du Figaro in extenso:

La grogne monte dans le monde de la recherche en raison de la charge administrative qui s’accumule.

C’est un vent de révolte qui souffle sur la recherche française. Au cœur de la tempête, trois nouveaux logiciels d’ordres de mission : Notilus, Goelett et Etamine. Mis en place au cœur de l’été au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), ils suscitent, depuis, moult témoignages, plus rocambolesques les uns que les autres.

 
Une pétition lancée le 5 octobre a rassemblé plus d’un millier de signatures en l’espace de quelques jours. Cette pétition a été suivie d’une lettre ouverte envoyée à Antoine Petit, directeur du CNRS (qui n’a pas encore apporté de réponse). Plus généralement, cette situation révèle le ras-le-bol des scientifiques face aux tâches administratives de plus en plus chronophages.

Lourdeur administrative
« Ce nouveau logiciel est une goutte d’eau qui fait déborder un vase bien plein, commente Alexis Licht, paléo-biogéographe basé au CEREGE. L’administratif en France est un problème lourd et décourageant. Il y a quelques mois j’ai reçu les financements nécessaires pour acheter une nouvelle machine indispensable pour mes travaux. Il m’a fallu plusieurs mois pour me la procurer après d’innombrables allers-retours avec les services de gestion. La machine était produite à l’unité, ce qui ne rentre pas dans les critères de fonctionnement, car il faut payer en avance. À la fin, nous sommes passés par une entreprise privée qui a servi d’intermédiaire pour un surcoût de 20 %. Mais en une semaine, l’affaire était réglée. » En mai 2023, un rapport du Conseil scientifique du CNRS mettait au jour la lourdeur administrative. « On s’était alors dit : enfin ! les choses vont changer », commente Alexis Licht. « Nous nous désolidarisons totalement de la tonalité de ce livre blanc », avait répondu le directeur du CNRS.

Les problèmes liés aux logiciels ont envenimé la situation. « Les déplacements font partie de notre quotidien, explique Pierre Rochette, médaille d’argent du CNRS, chercheur en géosciences basé à Aix-Marseille. Il s’agit d’aller à la rencontre de nos collègues, d’aller collecter des échantillons sur le terrain. Depuis la mise en place de ces logiciels, nous sommes paralysés. »

Chaque départ est un chemin parsemé d’embûches. Dans un premier temps, les scientifiques doivent obtenir un ordre de mission, ce qui peut prendre une semaine. Ensuite, ils doivent commander les billets et réserver les hôtels. « On ne peut le faire que sur le logiciel, explique Pierre Rochette. Quand on compare avec d’autres sites, c’est souvent plus cher. Avec les délais, c’est fréquent qu’il n’y ait plus de place… Mais le pire arrive pour la dernière étape avec les remboursements. » « J’ai dû envoyer séparément les justificatifs de frais de deux semaines de mission pour moi et mes quatre collaborateurs, soit plus d’une centaine de factures, raconte Alexis Licht. Une journée et demie de perdue. » Les témoignages se multiplient… « On infantilise les scientifiques, juge Pierre Rochette. On est obligé de passer par ce système rigide qui nous fait perdre un temps fou et débouche sur une surcharge de travail des chercheurs et des administratifs. »

La situation est d’autant plus inquiétante que les problèmes administratifs sont régulièrement cités comme motif pour les chercheurs qui choisissent de s’expatrier. « Nous nous exposons, tout simplement, à amplifier la fuite des cerveaux, soupire Pierre Rochette. Quand on compare nos conditions de travail avec ceux de nos collègues Anglo-Saxons, Allemands ou Suisses, ou de n’importe où, on est sidéré. » « La charge administrative est trop lourde pour les chercheurs dans le pays, admet Christophe Coudroy, directeur général délégué aux ressources du CNRS. Nous avons eu de gros problèmes tout particulièrement cet été et à la rentrée, mais nous sommes en train de les régler. Ce nouveau système a été mis en place dans le but de simplifier notre fonctionnement, on espère qu’avec le temps nous atteindrons ces objectifs. »

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