

Vous êtes en ce début d'année 2024 déjà plus de 12 000 à avoir signé cette pétition, par ailleurs toujours largement soutenue par des élus de tous bords et de tous niveaux.
Nous avons également bénéficié d’une très large couverture médiatique principalement due à l'événement du vendredi 19 janvier dernier où près de 700 voyageurs se sont retrouvés bloqués en pleine voie, sur la ligne reliant Paris à Clermont-Ferrand, après une panne de locomotive. Les passagers ont passé de longues heures dans le froid, sans lumière ni chauffage pour un trajet qui aura duré 11h.
Cet événement de trop a propulsé notre ligne en unes des tous les journaux télévisés, radio et presse écrite, et nous ne comptons plus le nombre d'articles, de photos et de vidéos ayant été relayés sur les réseaux sociaux grâce à la mobilisation de vous tous.
La prise de conscience par le grand public des dysfonctionnements de notre ligne a enfin permis de tirer la sonnette d'alarme des politiques et des autorités concernées par le transport ferroviaire et la transition écologique. Le bruit est remonté jusqu’à l’Elysée avec une forte réaction du Président Macron qui a demandé des «sanctions» et «des garanties pour que cela ne se reproduise plus». Puis, la convocation du Président de la SNCF Jean-Pierre Farandou par le Ministre Christophe Béchu (Ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires de France) qui demande un plan d’urgence pour cette ligne en attendant la livraison des nouvelles rames et leur venue à Clermont-Ferrand accompagné par Patrice Vergriete (Ministre délégué chargé des Transports) le 22 février prochain. Le collectif des Usagers du Train Clermont-Paris adresse un courrier au ministre Béchu pour se présenter et pour lister ce qui semblerait utile de prévoir dans le plan d’urgence présenté à Clermont-Ferrand.
Même si cette réunion d'urgence ne semble avoir pour ordre du jour que l'annonce d'éléments pouvant résoudre certains dysfonctionnements sur la ligne à court terme, le Collectif des Usagers du Train Clermont-Paris ne manquera pas de rappeler quels problèmes engendrés par plusieurs décennies de non-investissement rencontre la ligne Clermont-Paris à savoir :
1. DES PROBLÈMES DE FIABILITÉ
• Le matériel roulant est vétuste, il date des années 1970/80 pour les rames et des années 90 pour les locomotives, ainsi que la ligne sont à bout de souffle engendrant de nombreuses pannes.
• Nos trains ne sont jamais prioritaires à l’entrée dans Paris, un petit retard peut de fait devenir un retard important lorsque nos trains arrivent au niveau du goulet d’étranglement à l’entrée de la région parisienne et se mêlent au trafic des TER et RER d’île de France.
• En traversant la Sologne, nos trains percutent fréquemment du gibier, notamment des sangliers.
• Les nombreux passages à niveau traversés ralentissent la vitesse et engendrent des perturbations (4 incidents majeurs en 2022)
2. DES PROBLÈMES DE TEMPS DE TRAJET
il y a encore quelques années, il fallait 2h58 pour faire Clermont-Paris par le train direct, en 2028, il faudra, selon la SNCF 3h06. Nous aurons allongé de 8 minutes le temps de parcours en quelques décennies. Ce rallongements du temps de trajet s’explique notamment par la vétusté des voies de chemin de fer qui ne permet plus aux trains d’atteindre leur vitesse maximum. Rallonger un temps de parcours, ce n’est pas le sens de l’histoire !
Alors, quels sont les perspectives ?
Des travaux pour fiabiliser la ligne…
Après des décennies de non-investissement sur notre ligne car la stratégie française était de tout axer sur les TGV (que nous n’avons pas) et de promesses non-tenues, l’État et les régions ont mobilisé des fonds pour financer du nouveau matériel roulant et tenter de moderniser la ligne. Avaient-ils le choix au vue de l’état de la ligne et du matériel ?
Cela devrait permettre de traiter une partie des soucis de la fiabilité de la ligne. Toutefois, ces travaux ont pris du retards. Par ailleurs, la livraison des rames a également subi des retards et pourrait en connaitre d’autres.
En résumé, il va falloir encore être patients car l’achèvement de ces investissements est prévu pour 2028, dans 4 ans...
En attendant, nous pensons que nous allons continuer à souffrir, la SNCF ne pouvant pas faire de miracle avec l’existant ou plutôt, comme nous l’a fait remarquer un de leur agent : « la SNCF fait un miracle chaque jour ».
… Mais ces travaux de « rattrapage » ne permettent pas de rattraper les standards de temps de parcours. Encore une fois, après travaux, le temps de parcours devrait être de 3h06, rallongeant de 8 minutes le temps de parcours par rapport à 2008. En résumé, on « rafistole », mais on ne traite que partiellement le problème.
Ce que nous comptons donc demander lors de la réunion du 22 février 2024 :
Un temps de parcours de 2h30 maximum. À ce stade, lorsque nous interrogeons la SNCF et le gouvernement sur l’étape d’après, celle qui lancerait un projet permettant de relier Paris et Clermont-Ferrand en moins de 2h30, il n’y a pas de réponse.
Nous ne demandons pourtant pas une LGV (c’est à dire une Ligne à Grande Vitesse où circulent uniquement des voyageurs, pas de fret, et ne comportant aucun passage à niveau) sur tout le parcours, ce serait illusoire. Nous souhaitons une amélioration de l’existant.
Une solution technique existe, dite du Y renversé à la sortie de Paris. Elle a déjà été étudiée. Elle concerne, par ailleurs, le sujet de la ligne Limoges-Paris. La solution consisterait à créer à la sortie de Paris, une nouvelle voie, qui se séparerait ensuite en deux branches, l’une reliant la ligne Orléans-Limoges-Toulouse (ligne appelée POLT) et l’autre rejoignant notre ligne. Cela aurait également le mérite d’aller dans le sens du désengorgement de la sortie de Paris.
Par ailleurs, grillager la ligne en Sologne permettrait d’éviter les fréquents heurts avec du gibier, très pénalisant car nécessitant généralement une réparation durant plusieurs semaines, retirant ainsi la locomotive du parc disponible. C’est pour cette raison, qu’un aller-retour a été supprimé durant plusieurs mois fin 2023 et début 2024. Il n’y avait pas suffisamment de locomotives en état de fonctionnement pour tirer les trains.
Enfin, la suppression de passages à niveau permettrait de gagner quelques minutes et réduirait la dangerosité liée à ces passages à niveau (2 morts en 2022 sur notre ligne sur des passages à niveau + 2 voitures vides garées sur des passages à niveau percutées qui ont provoqué d’importants retards).
Or, c’est bien cela qui permettrait à cette ligne de faire son entrée dans les standards du XXIème siècle répondant notamment aux enjeux climatiques en incitant à l’utilisation des transports en commun.
Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui privilégient la voiture ou l’avion en raison de leur plus grande fiabilité pour un temps de parcours porte-à-porte quasiment équivalent. Or, le train est le mode de transport le plus sobre en carbone.
Les Français du Massif central ont de plus en plus le sentiment d’être délaissés et que le choix politique est de vider nos territoires. Nous cumulons désert ferroviaire, médical, de connexion mobile, fibre optique, etc...
Or, nos territoires sont très dynamiques et doivent être soutenus. Le temps ferroviaire est formidablement long et nous souffrons aujourd’hui du manque d’anticipation de la part de l’État et de la SNCF depuis des décennies. L’histoire semble se répéter. Or, que l’on traite ce sujet par la dimension écologique, économique ou sociale, il n’y a pas de débat, une bonne connexion ferroviaire est indispensable.
Un immense MERCI à vous tous de continuer à vous mobiliser et à partager cette pétition et à la faire signer. Ceci est le signe de l’importance de ce sujet et de sa dimension fédératrice pour le soutien du dynamisme de nos territoires.
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