Petition updateClassement du blaireau comme espèce protégéeSuite du recours en justice lancé par Indre Nature

Frédéric DANIELFrance

Dec 15, 2017
Bonjour à tous,
L'association Indre Nature a engagé l'année dernière une procédure en justice contre un arrêté préfectoral visant à autoriser la chasse complémentaire du blaireau dans le département de l'Indre. Ce sujet a déjà été traité dans une mise à jour de cette pétition au moment où l'association lançait un appel au don pour financer la procédure. Vous trouverez dans le lien suivant, le rappel du contexte par une présentation de la procédure initiale et de l'utilisation qui a été faite des dons:
https://www.helloasso.com/associations/indre-nature/collectes/le-massacre-des-blaireaux-ca-suffit
Jacques Lucbert, le président de l'association Indre Nature https://lc.cx/gxY9, nous parle de cette action en justice et nous donne son avis sur les arrêtés préfectoraux liés à la chasse du blaireau par le biais d'un entretien en 10 questions :
Frédéric Daniel: Jacques Lucbert, vous avez lancé en 2016 une action en justice contre un arrêté préfectoral qui visait à autoriser une période complémentaire de chasse du blaireau, qu'en est-il actuellement de cette action en justice?
Jacques Lucbert: Nous avions fait en réalité deux recours, l’un en référé, l’autre sur le fond. Le recours en référé a été rejeté en juillet 2016 le Tribunal Administratif de Limoges considérant que si tout n’avait pas été parfait sur la procédure cela ne justifiait pas la suspension de l’arrêté et que par ailleurs il n’y avait pas d’urgence. Le recours sur le fond a été jugé en juin 2017. Il souligne qu’il y a eu des erreurs de procédure mais considère que cela n’aurait rien changé sur le fond. Il conteste notre argumentation sur les risques concernant la population de blaireaux en raison de la méconnaissance de l’état de cette population. Il s’appuie notamment sur un courrier d’un prétendu expert produit par la fédération de chasse qui déclare sans preuve aucune que la population de blaireaux du département est en expansion.
Disposant, grâce aux nombreux donateurs qui nous ont soutenus et que nous remercions encore chaleureusement, de crédits suffisants pour faire appel, nous avons décidé d’aller en appel. Cela ne changera rien sur l’arrêté puisqu’un nouvel arrêté annuel a été pris mais nous souhaitons aller jusqu’au bout de notre démarche.
FD: Quelles étaient vos motivations pour attaquer cet arrêté préfectoral?
JL: Nous souhaitions faire supprimer la période complémentaire de chasse par déterrage du 15 mai au 31 juillet considérant :
1. qu’il n’y a aucune justification qui serait due à des dégâts excessifs ou à un développement problématique de la population de blaireaux,
2. que l’état de la population de blaireaux dans le Département est totalement méconnu,
3. que ce mode de chasse relève de la barbarie et est contraire au Code de l’environnement sur la destruction des jeunes blaireaux notamment.
FD: Quels sont selon vous les impacts sur la population de blaireaux causés par ces arrêtés préfectoraux qui sont reconduits chaque année dans votre département?
JL: Nous considérons que ces arrêtés fragilisent la population de blaireaux et entretiennent des idées totalement erronées sur cet animal pour la seule distraction de quelques personnes.
FD: Un projet d'arrêté préfectoral au Pas-de-Calais autorisant la chasse du blaireau du 15 mai au 15 septembre pour l'année 2018 a été modifié pour ne l'autoriser qu'à partir du 1er juillet. Les préfets commencent-ils à prendre conscience de la contestation ambiante?
JL: Peut-être. Ce qui est certain c’est que ce type de chasse est de moins en moins accepté par la population et même par une partie des chasseurs. Etant allé personnellement défendre notre position à la commission chasse départementale j’ai pu constater que le monde de la chasse n’est pas totalement unanime sur ce type de chasse et que certains chasseurs considèrent que ces formes de chasse barbares favorisent le rejet de la chasse dans son ensemble.
FD: Sur ce projet d'arrêté, précisément 48 commentaires sur 52 émettaient un avis de désapprobation, pourquoi est-il important de donner son avis lors des consultations publiques?
JL: Oui c’est très important même si ce n’est pas toujours suivi de résultat. Malheureusement ces consultations publiques sont trop souvent considérées par l’administration comme une simple obligation administrative dont le résultat importe peu mais elles n’en restent pas moins un des espaces dans lequel la société civile peut exprimer son point de vue.
FD: Mais c'est parfois bien compliqué de trouver les nouvelles publications sur le site internet des préfectures!?
JL: C’est effectivement le cas et cela montre le peu de considération que l’administration a à l’égard de cette obligation.
FD: Comment expliquer que d'autres arrêtés préfectoraux ont été précédemment adoptés tels que le proposait le projet alors que les participants étaient très nombreux et avaient émis à la très grande majorité des avis défavorables?
JL: Parce que rien n’oblige réellement l’administration à suivre l’avis majoritaire ; que celui-ci est souvent déconsidéré par l’administration qui argue d’une campagne orchestrée par une minorité. Il faudrait à chaque fois que l’avis majoritaire n’est pas suivi, faire une procédure judiciaire mais cela coûte cher et les résultats malheureusement aléatoires.
FD: Le département de l'Indre est-il en ce moment concerné par la problématique de la tuberculose bovine? Certaines préfectures dont le département est concerné par la maladie ont fait abattre préventivement un nombre considérable de blaireaux. Quelle est votre position sur ces opérations d'abattages massifs?
JL: Non, le département de l’Indre n’est pas concerné par la maladie. Mais dans le mémoire de soutien à l’arrêté produit par la Fédération de chasse cet argument a été utilisé. Les expériences d’abattage préventif de blaireaux ont systématiquement montré leur inutilité. Les blaireaux ne sont pas des vecteurs de la maladie. La prévention réelle et efficace est à faire au niveau des troupeaux de bovins et des contacts entre troupeaux.
FD: Quels sont vos projets sur le sujet du blaireau au sein de votre association?
JL: Pour le moment nous sommes mobilisés sur le recours juridique en cours. Quel qu’en soit le résultat nous continuerons à nous battre pour la limitation de sa chasse et sa protection totale.
FD: Les mentalités évoluent et aujourd'hui les citoyens n'acceptent plus que le blaireau fasse l'objet d'une telle persécution. Pensez-vous que le blaireau sera bientôt une espèce strictement protégée?
JL: Oui nous l'espérons vivement car la chasse au blaireau et tout particulièrement la chasse par déterrage est une pratique particulièrement cruelle et totalement injustifiée qui constitue un loisir pour le moins morbide.
.....
Le blaireau est le plus souvent chassé lors des périodes complémentaires de chasse, au moment où les jeunes sont encore dépendants de leur mère.
La lutte contre les arrêtés préfectoraux arbitraires et abusifs est un point clé pour lequel il est primordial de rester mobilisés.
Nous ne devons pas laisser le monde cynégétique dicter ses volontés auprès des préfectures.
Ces collusions récurrentes n'ont que trop duré.
http://change.org/ProtectionBlaireau
Merci de continuer à diffuser cette pétition.
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